{"id":12611,"date":"2025-12-15T06:15:35","date_gmt":"2025-12-15T03:15:35","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12611"},"modified":"2025-12-15T06:49:04","modified_gmt":"2025-12-15T03:49:04","slug":"moheli-anjouan-2026-ou-2029-le-retour-de-la-tournante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/moheli-anjouan-2026-ou-2029-le-retour-de-la-tournante\/","title":{"rendered":"MOH\u00c9LI \/ ANJOUAN, 2026 OU 2029 ? LE RETOUR DE LA TOURNANTE"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-x-large-font-size wp-block-paragraph\"><strong>Moh\u00e9li r\u00e9clame \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb tour en 2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>La classe politique de l\u2019\u00eele de Moh\u00e9li, r\u00e9unie \u00e0 Fomboni le 7 d\u00e9cembre dernier, r\u00e9clame la pr\u00e9sidence des Comores en 2026, conform\u00e9ment aux principes de la Constitution de 2001.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Par MiB<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quasiment tous les politiciens de Moh\u00e9li qui ne sont pas affili\u00e9s au parti au pouvoir, la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) et au chef de l\u2019\u00c9tat \u00e9taient r\u00e9unis ce 7 d\u00e9cembre \u00e0 Fomboni, devant un bandeau qui proclamait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Moh\u00e9li pour l\u2019ordre constitutionnel de 2001. Tous contre les fausses assises de la r\u00e9conciliation, tous pour la tournante de 2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Non aux assises ou \u00e0 une conf\u00e9rence venant du gouvernement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le message faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la volont\u00e9, encore floue, du gouvernement d\u2019organiser des assises \u00ab&nbsp;pour la r\u00e9conciliation&nbsp;\u00bb, id\u00e9e annonc\u00e9e par Hamada Madi Bol\u00e9ro, homme politique originaire de l\u2019\u00eele par sa m\u00e8re, mais membre fondateur de la CRC. L\u2019autre id\u00e9e test\u00e9e actuellement par le pouvoir en place est celle d\u2019organiser, dans l\u2019\u00eele de Mwali, une conf\u00e9rence des forces politiques le 17 f\u00e9vrier 2026, date anniversaire des Accords de Fomboni, qui ont permis de relancer la r\u00e9conciliation des \u00eeles, apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements s\u00e9paratistes qui avaient secou\u00e9 l\u2019archipel \u00e0 partir de 1997.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces deux id\u00e9es ont re\u00e7u un refus cat\u00e9gorique de la part de la classe politique moh\u00e9lienne. Le message a \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9 d\u00e8s l\u2019ouverture de la r\u00e9union par h\u00f4te du jour, Dr Hassanaly Abdoulanziz. Pour lui, l\u2019ensemble des partis politiques pr\u00e9sents dans la rencontre, \u00ab&nbsp;parlant au nom de l\u2019\u00eele de Mwali&nbsp;\u00bb, refusent que des assises ou une rencontre pour la r\u00e9conciliation se tiennent dans l\u2019\u00eele. Il justifie cela par le fait qu\u2019une telle initiative cr\u00e9erait la confusion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le message est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 vers la fin de la r\u00e9union d\u2019une mani\u00e8re encore plus cat\u00e9gorique par Charif Mohadji (repr\u00e9sentant le mouvement M17, qui essaie chaque ann\u00e9e de c\u00e9l\u00e9brer les Accords de Fomboni). Ce dernier a d\u00e9nonc\u00e9 \u00ab&nbsp;ceux qui ont cass\u00e9 l\u2019entente, la r\u00e9conciliation&nbsp;\u00bb. Et comme s\u2019il voulait que chacun sache quel clan il d\u00e9signe, il a ajout\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Azali a g\u00e2ch\u00e9 la r\u00e9conciliation&nbsp;\u00bb. Puis, Charif Mohadji a rappel\u00e9 que chaque ann\u00e9e le gouvernement fait tout pour emp\u00eacher les Moh\u00e9liens de c\u00e9l\u00e9brer ce 17 f\u00e9vrier et les Accords de Fomboni. Il s\u2019\u00e9tonne donc que, cette fois, le pouvoir en place annonce qu\u2019il veut c\u00e9l\u00e9brer cette date lui-m\u00eame. Il \u00e9met lui aussi un refus de non-recevoir et affirme que les Moh\u00e9liens organiseront la f\u00eate eux-m\u00eames avec tous les Comoriens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2026 n\u2019est pas n\u00e9gociable<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e9union du 7 d\u00e9cembre a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme un moment de prise de conscience des Moh\u00e9liens pour d\u00e9fendre \u00ab&nbsp;leur tour&nbsp;\u00bb, qui sans le changement de Constitution en 2018, dans des conditions ill\u00e9gales (notamment la suspension de la Cour constitutionnelle et apr\u00e8s des fraudes massives), serait pr\u00e9vu en 2026. Abdoulanziz Hassanaly le proclame d\u00e8s le d\u00e9but&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les circonstances qui entourent la politique comorienne aujourd\u2019hui nous recommandent de nous r\u00e9veiller&nbsp;\u00bb. Il fait le constat d\u2019un recul de l\u2019autonomie des \u00eeles \u00e0 cause de la politique men\u00e9e par le gouvernement Azali.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le message est repris par Miroidi Ali Abdallah, un ancien candidat au gouvernorat de Mwali, dont le p\u00e8re est originaire de Ngazidja&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le changement ne viendra pas de Beit Salam\u2026 Il est temps de prendre conscience de cela. Il ne faut pas croire que cet homme sera un jour fatigu\u00e9 et dira&nbsp;: assez&nbsp;! Il ne l\u00e2chera jamais (\u2026) Il faut donc abandonner la peur, car c\u2019est nous qu\u2019on m\u00e9prise&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La seule femme intervenant dans cette r\u00e9union, Nihadou Sa\u00efd, repr\u00e9sentant le parti MOLECO, apr\u00e8s avoir affirm\u00e9 qu\u2019elle a d\u00e9pass\u00e9 le stade de la peur, s\u2019est adress\u00e9 d\u2019abord aux Moh\u00e9liens&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mettons nous debout pour d\u00e9fendre nos droits (\u2026) Nous devons avoir 2026. 2026 est inn\u00e9gociable. Nous devons tout faire pour que la tournante arrive \u00e0 Mwali en 2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant \u00e0 Charif Mohadji, il \u00e9voque la volont\u00e9 des Anjouanais de prendre la tournante en 2029, conform\u00e9ment \u00e0 la Constitution de 2018. Il leur r\u00e9pond ironiquement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bismillahi&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;D\u2019accord&nbsp;\u00bb). \u00ab&nbsp;De toute fa\u00e7on, 2029 arrive apr\u00e8s 2026, attendez 2029, mais nous, Moh\u00e9liens, nous disons qu\u2019en 2029, nous serons \u00e0 Beit-Salam&nbsp;\u00bb. Il affirme, avec certitude, qu\u2019un Moh\u00e9lien sera \u00e0 Beit-Salam en 2026. Faisant allusion au chef de l\u2019\u00c9tat actuel, il d\u00e9clare&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il nous a pris 2021, il ne nous prendra pas 2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les intervenants, Abdou Djabir, qui a un nouveau parti, Swauti ya Mwali, a \u00e9t\u00e9 le plus virulent, \u00e0 tel point qu\u2019\u00e0 la fin de son discours, il a temp\u00e9r\u00e9 quelque peu ses paroles en expliquant que ce qu\u2019ils disaient tous \u00e9tait dict\u00e9 par les Moh\u00e9liens. \u00ab&nbsp;Donnez-nous notre tournante de 2026&nbsp;\u00bb, a-t-il commenc\u00e9 simplement. Puis, il s\u2019est adress\u00e9 \u00e0 ceux qu\u2019il appelle les \u00ab&nbsp;wastaarabu&nbsp;\u00bb de Ngazidja&nbsp;: \u00ab&nbsp;Trouvons un terrain d\u2019entente, mes fr\u00e8res de Ngazidja, donnez-nous ce qui est \u00e0 nous, comme nous vous avons donn\u00e9 ce qui \u00e9tait \u00e0 vous&nbsp;\u00bb. Et il pr\u00e9vient que si les WaNgazidja veulent mettre des troubles, il vaut mieux que \u00ab&nbsp;chacun entre dans sa cuisine et se pr\u00e9pare soi-m\u00eame son repas&nbsp;\u00bb, ce qui veut que chaque \u00eele prenne son destin en main. Cette id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 \u00e9mise sous la forme d\u2019un questionnement, mais elle peut \u00eatre per\u00e7ue comme un avertissement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour quiconque connait cet ancien militant du Front D\u00e9mocratique qui a fait de la prison sous le r\u00e9gime d\u2019Ahmed Abdallah et des mercenaires, mais aussi commis de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais, notamment dans l\u2019\u00eele de Mayotte, Abdou Djabir s\u2019est montr\u00e9 mena\u00e7ant vis-\u00e0-vis du pouvoir, en employant des termes ambigus. Tout en reconnaissant l\u2019amour qui existe en Mwaliens et WaNgazidja, en prenant des pr\u00e9cautions pour dire qu\u2019il s\u2019adresse uniquement \u00e0 certains WaNgazidja, ses paroles qui englobaient totalement les habitants de la plus grande des \u00eeles, \u00e9taient ambigus, comme quand il dit \u00e0 plusieurs reprise&nbsp;: \u00ab&nbsp;Wangzidja, ne nous m\u00e9prisez pas&nbsp;\u00bb ou comme quand il parle d\u2019un pays de trois \u00eeles, puis se reprend et finit par appeler les \u00ab&nbsp;enfants&nbsp;\u00bb des Comores \u00e0 rester \u00ab&nbsp;dans leur pays et n\u2019aillent pas mourir en mer en cherchant une meilleure vie \u00e0 Mayotte&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019unit\u00e9 des Comores r\u00e9affirm\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme pour faire contrepoids au discours d\u2019Abdou Djabir, l\u2019ancien pr\u00e9sident de l\u2019Union, Ikililou Dhoinine, que l\u2019on voit rarement dans des meetings politiques, d\u00e9bute son propos par r\u00e9affirmer que l\u2019\u00c9tat des Comores est compos\u00e9 de quatre \u00eeles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a rappel\u00e9 qu\u2019au moment de l\u2019\u00e9laboration de la Constitution de 2001, il \u00e9tait pr\u00e9vu, d\u2019un commun accord, un plan de rattrapage \u00e9conomique pour l\u2019\u00eele de Mwali, pour la mettre au m\u00eame niveau que les autres \u00eeles. Il n\u2019a pas pu mettre en place ce plan \u00e0 partir de 2011 et m\u00eame certains ont pr\u00e9tendu qu\u2019il voulait avantager plus Moh\u00e9li.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a d\u00e9crit les difficult\u00e9s que connait l\u2019\u00eele \u00e0 se procurer du carburant \u00e0 d\u00e9faut d\u2019un lieu de stockage suffisant, comme pour rappeler qu\u2019il avait commenc\u00e9 la mise en place de cuves pour stocker des hydrocarbures. Apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir d\u2019Azali Assoumani, ces cuves ont \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es \u00e0 l\u2019abandon et la Soci\u00e9t\u00e9 des Hydrocarbures a m\u00eame r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 certaines infrastructures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pr\u00e9sident Ikililou Dhoinine a d\u00e9nonc\u00e9, avec le calme qu\u2019on lui connait, la concentration des pouvoirs et de l\u2019administration \u00e0 Moroni, concentration qui emp\u00eache l\u2019\u00e9panouissement de la population, selon lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La plupart des intervenants ont eu des propos fermes, mais ont \u00e9vit\u00e9 de tomber dans l\u2019exc\u00e8s ou les propos s\u00e9paratistes. Miroidi Ali Abdallah s\u2019est m\u00eame livr\u00e9 \u00e0 une explication de texte de l\u2019hymne national, en insistant sur les principes qui unissent les Comores.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Abdoulanziz Hassanaly, tr\u00e8s prudent, a reli\u00e9 le combat de Mwali \u00e0 celui de l\u2019ensemble des Comores. Il a m\u00eame refus\u00e9 de faire reposer la responsabilit\u00e9 de la situation actuelle sur les WaNgazidja en appelant, sous les applaudissements, les Moh\u00e9liens \u00e0 prendre leurs responsabilit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e9union de Fomboni a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s peu trait\u00e9e dans les m\u00e9dias nationaux, par contre des \u00e9l\u00e9ments de langage ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9s dans les r\u00e9seaux sociaux pour inviter les Comoriens \u00e0 comprendre que le fait que les politiciens moh\u00e9liens r\u00e9clament le respect de la constitution de 2001 et le tour qui \u00e9tait pr\u00e9vu \u00e0 Mwali en 2026, \u00e9tait de nature \u00e0 compromettre le tour d\u2019Anjouan pr\u00e9vu en 2029. Comme s\u2019il \u00e9tait in\u00e9luctable que le tour revienne \u00e0 Anjouan en 2029.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais, il y a plus qu\u2019un doute que le pouvoir actuel l\u00e2che le pouvoir en 2026 ou en 2029. Tout montre qu\u2019Azali Assoumani ne se pr\u00e9pare pas \u00e0 une telle \u00e9ventualit\u00e9, au contraire. \u00c0 coup d\u2019avantages offerts aux uns et aux autres par le r\u00e9gime en place, la division a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e au sein de la classe politique anjouanaise. Les hommes politiques de l\u2019\u00eele de Djumbe Fatima semblent plus unis et d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 r\u00e9clamer l\u2019application du principe de la tournante, qui a permis \u00e0 un Moh\u00e9lien d\u2019arriver \u00e0 la pr\u00e9sidence de l\u2019\u00eele une seule fois dans toute l\u2019histoire des Comores. Le chemin para\u00eet d\u2019autant plus ouvert que les partisans de la CRC dans l\u2019\u00eele, que ce soit l\u2019ancien gouverneur Mohamed Fazul ou Abdallah Sa\u00efd Sarouma (Chabhane) ou encore Hamada Madi Bolero ont \u00e9t\u00e9 mis sur la touche par Azali Assoumani lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-x-large-font-size wp-block-paragraph\"><strong>FIDIA sonne l\u2019alarme. Anjouan r\u00e9clame son droit \u00e0 la tournante de 2029<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Trois jours apr\u00e8s la r\u00e9union des responsables politiques de Moh\u00e9li r\u00e9clamant la tournante pour 2026, les partisans du parti FIDIA ont organis\u00e9 une conf\u00e9rence de presse pour affirmer que la tournante de 2029 doit revenir \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Par Anoir Ahamadi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce mercredi 10 d\u00e9cembre, d\u00e8s dix heures du matin, la ville de Mutsamudu a accueilli une conf\u00e9rence de presse d\u2019une port\u00e9e politique singuli\u00e8re. La plateforme FIDIA (Front Insulaire pour la D\u00e9fense des Int\u00e9r\u00eats d\u2019Anjouan) y pr\u00e9sentait sa position sur la prochaine tournante pr\u00e9sidentielle. Autour de la table figuraient les principales personnalit\u00e9s du mouvement : Said Youssouf, Abdel Kader Charcane, Zaki Ahmed Abou, le docteur Moursoid Massoundi, Mohamed Djaffar Abbass et Abdallah Ben Omar. Ensemble, ils ont tenu un discours ferme, clair et unifi\u00e9 : en 2029, la tournante doit revenir \u00e0 Anjouan, et aucune interpr\u00e9tation politique opportuniste ne doit remettre cela en cause.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019entr\u00e9e, Said Youssouf a mis en garde contre les risques d\u2019un nouveau cycle \u00e9lectoral marqu\u00e9 par des d\u00e9rives comme celles observ\u00e9es lors des pr\u00e9c\u00e9dents scrutins. Il a rappel\u00e9 le slogan de la CRC, \u00ab&nbsp;Gwadzima&nbsp;\u00bb, symbolisant une volont\u00e9 de remporter toutes les \u00e9lections d\u00e8s le premier tour, une ligne politique qui, selon lui, a nourri des inqui\u00e9tudes l\u00e9gitimes. Pour Sa\u00efd Youssouf, la pr\u00e9paration des \u00e9lections de 2029 doit se faire avec lucidit\u00e9 et vigilance, car \u00ab on ne peut plus revivre les m\u00eames \u00e9pisodes sans compromettre la confiance du peuple \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les arguments constitutionnels<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Abdel Kader Charcane, souvent per\u00e7u comme le sage de la plateforme, s\u2019est appuy\u00e9 sur la logique institutionnelle pour rappeler que la tournante revient \u00e0 Anjouan. D\u2019un ton pos\u00e9, il a expliqu\u00e9 que la Constitution fixe la rotation entre les \u00eeles et que, math\u00e9matiquement, apr\u00e8s la p\u00e9riode d\u00e9volue \u00e0 Ngazidja, c\u2019est bien Anjouan qui doit prendre les commandes en 2029. Il a insist\u00e9 sur un point essentiel : m\u00eame si un candidat propouvoir venait \u00e0 se pr\u00e9senter, il devrait \u00eatre originaire d\u2019Anjouan pour respecter l\u2019esprit de l\u2019Union. Cette clarification visait \u00e0 pr\u00e9venir d\u2019\u00e9ventuelles tentatives de contournement des r\u00e8gles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un recadrage face aux revendications de Moh\u00e9li<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mohamed Djaffar Abbass a, pour sa part, r\u00e9pondu aux arguments r\u00e9cents venant de Moh\u00e9li, notamment ceux relay\u00e9s par l\u2019ancien pr\u00e9sident Ikililou Dhoinine. Ce dernier \u00e9voquait l\u2019id\u00e9e que Moh\u00e9li pourrait r\u00e9clamer la tournante d\u00e8s 2026. Abbas a recadr\u00e9 ce discours en rappelant un \u00e9l\u00e9ment capital : la r\u00e9forme constitutionnelle de 2018, qui \u00e9tablit un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Cette dur\u00e9e porte \u00e0 dix ans la pr\u00e9sence potentielle d\u2019un pr\u00e9sident issu de la m\u00eame \u00eele. Ainsi, selon Abbas, la revendication moh\u00e9lienne ne tient pas, puisque la modification constitutionnelle r\u00e9organise enti\u00e8rement le calendrier national. Apr\u00e8s la d\u00e9cennie attribu\u00e9e \u00e0 Ngazidja, le tour revient logiquement \u00e0 Anjouan, et toute pr\u00e9tention contraire doit \u00eatre \u00e9cart\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans les rues d\u2019Anjouan, une population attentive et inqui\u00e8te<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En marge de la conf\u00e9rence, la parole est venue de la rue. \u00c0 Mutsamudu, comme dans les quartiers voisins, plusieurs habitants ont partag\u00e9 leurs impressions, souvent m\u00eal\u00e9es d\u2019espoir, de prudence et d\u2019inqui\u00e9tude. Nouredine Hamza, rencontr\u00e9 pr\u00e8s du march\u00e9 de la ville, a salu\u00e9 avec vigueur l\u2019initiative du FIDIA. Pour lui, Anjouan traverse une p\u00e9riode o\u00f9 les voix capables de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de l\u2019\u00eele se font rares, presque silencieuses. Il estime que les membres du FIDIA \u00ab osent dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas \u00bb et que leur engagement m\u00e9rite respect et soutien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les r\u00e9actions recueillies, celle d\u2019un jeune homme ayant requis l\u2019anonymat attire l\u2019attention. Il affirme se sentir rassur\u00e9 par la d\u00e9termination de la plateforme, car il nourrit lui-m\u00eame l\u2019ambition de se pr\u00e9senter aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2029. Toutefois, il se dit inquiet \u00e0 l\u2019id\u00e9e que des manipulations institutionnelles puissent une nouvelle fois venir perturber le cycle normal de la tournante. \u00ab Je crois en l\u2019Union, mais si on touche encore aux textes pour servir des int\u00e9r\u00eats particuliers, alors la jeunesse perdra toute confiance \u00bb, confie-t-il avec une sinc\u00e9rit\u00e9 d\u00e9sarmante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les d\u00e9rives constitutionnelles du CRC dans le viseur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les intervenants du FIDIA n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 pointer du doigt les multiples r\u00e9visions constitutionnelles op\u00e9r\u00e9es sous le r\u00e9gime de la CRC. Selon eux, ces modifications ont souvent eu pour but de s\u00e9curiser davantage le pouvoir en place plut\u00f4t que de renforcer la d\u00e9mocratie. La r\u00e9p\u00e9tition de ces r\u00e9formes cr\u00e9e un climat de suspicion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, dans lequel chaque changement des textes appara\u00eet comme une strat\u00e9gie calcul\u00e9e. Pour FIDIA, il est indispensable de restaurer la cr\u00e9dibilit\u00e9 du cadre institutionnel afin d\u2019\u00e9viter que les prochaines \u00e9lections ne soient per\u00e7ues comme un simple exercice d\u2019accompagnement politique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La conf\u00e9rence de presse ne s\u2019adressait pas seulement aux autorit\u00e9s locales. Par son ton, son argumentation et sa volont\u00e9 d\u2019apaisement institutionnel, FIDIA a envoy\u00e9 un message \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale. Le mouvement rappelle que la tournante n\u2019est pas un privil\u00e8ge, mais un m\u00e9canisme essentiel de solidarit\u00e9 et d\u2019\u00e9quit\u00e9 entre les \u00eeles. Son respect n\u2019est pas une faveur accord\u00e9e \u00e0 Anjouan, mais une obligation inscrite au c\u0153ur du vivre-ensemble comorien. En ce sens, manipuler la tournante revient \u00e0 fragiliser la coh\u00e9sion nationale elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Vers 2029 : un test d\u00e9cisif pour l\u2019Union des Comores<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La rencontre de Mutsamudu d\u00e9passe ainsi le simple cadre d\u2019une d\u00e9claration politique. Elle marque un moment charni\u00e8re o\u00f9 la question de la succession institutionnelle devient le miroir de la stabilit\u00e9 nationale. Beaucoup voient en 2029 non seulement une \u00e9ch\u00e9ance \u00e9lectorale, mais aussi un test de maturit\u00e9 politique pour l\u2019Union des Comores. Les erreurs du pass\u00e9, encore visibles dans les m\u00e9moires, doivent servir de rep\u00e8re pour \u00e9viter une r\u00e9p\u00e9tition qui aurait des cons\u00e9quences lourdes sur la confiance citoyenne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour l\u2019heure, Anjouan observe, analyse et se pr\u00e9pare. La voix du FIDIA a raviv\u00e9 un d\u00e9bat longtemps rest\u00e9 en sommeil. Reste d\u00e9sormais \u00e0 savoir si les institutions respecteront le calendrier que le pays s\u2019est donn\u00e9 ou si de nouvelles tensions viendront bouleverser un \u00e9quilibre d\u00e9j\u00e0 fragile. Une chose est s\u00fbre : aux yeux d\u2019une grande partie de la population, la tournante de 2029 repr\u00e9sente bien plus qu\u2019un d\u00e9bat technique. Elle incarne la place d\u2019Anjouan au sein de l\u2019Union, mais aussi la capacit\u00e9 du pays \u00e0 tenir ses engagements devant l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moh\u00e9li r\u00e9clame \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb tour en 2026 La classe politique de l\u2019\u00eele de Moh\u00e9li, r\u00e9unie \u00e0 Fomboni le 7 d\u00e9cembre dernier, r\u00e9clame la pr\u00e9sidence des Comores en 2026, conform\u00e9ment aux principes de la Constitution de 2001. 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