{"id":12557,"date":"2025-11-24T05:44:33","date_gmt":"2025-11-24T02:44:33","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12557"},"modified":"2025-11-24T07:30:46","modified_gmt":"2025-11-24T04:30:46","slug":"cinquantenaire-de-lindependance-des-comores-enjeux-et-defis-dune-diaspora-dynamique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/cinquantenaire-de-lindependance-des-comores-enjeux-et-defis-dune-diaspora-dynamique\/","title":{"rendered":"Cinquantenaire de l\u2019ind\u00e9pendance des Comores. Enjeux et d\u00e9fis d\u2019une diaspora dynamique"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Par MOHAMED Bakari Abdallah, Historien, DEA d\u2019histoire contemporaine (1986-1987)<\/em>, Universit\u00e9 Paris IV-Sorbonne<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la grande saison des mashuhuli d\u00e9butaient les festivit\u00e9s de la c\u00e9l\u00e9bration du cinquantenaire de la d\u00e9claration unilat\u00e9rale de l\u2019ind\u00e9pendance des Comores, le 6 juillet 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela aurait pu \u00eatre l\u2019occasion de parler autrement de la diaspora comorienne en France et de rappeler succinctement son histoire et sa place dans la vie \u00e9conomique, sociale, culturelle et le d\u00e9veloppement de notre pays. Une mani\u00e8re d\u2019\u00e9clairer nos concitoyens sur leur diversit\u00e9 et de pointer les \u00e9checs des pouvoirs publics face au ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019\u00e9migration massive de la jeunesse. &nbsp;Ce ne fut pas le cas malheureusement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Trois chiffres cl\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plus de 300&nbsp;000<sup>1<\/sup> comoriens sont \u00e9tablis sur le territoire fran\u00e7ais depuis le d\u00e9but de la d\u00e9cennie 1990. Soit un peu plus du tiers de la population comorienne selon des chiffres qui restent \u00e0 v\u00e9rifier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019apport financier de la diaspora comorienne s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 152,3 milliards de francs comoriens, soit 21% du PIB national<sup>2<\/sup> selon le chiffre officiel annonc\u00e9 par le Gouverneur de la Banque Centrale des Comores lors de la publication de son dernier rapport annuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e8s de 1800 \u20ac en moyenne \u00e0 titre d\u2019exemple pour le tarif du billet d\u2019avion depuis ces derni\u00e8res ann\u00e9es que paye le Comorien qui souhaite rendre visite \u00e0 sa famille auxquels s\u2019ajoutent les tracasseries administratives et l\u2019explosion des tarifs douaniers qui rendent la vie du \u00ab&nbsp;Je Viens \u00bb intenable.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces trois chiffres indicateurs illustrent \u00e9loquemment l\u2019importance et la place de la diaspora dans l\u2019\u00e9conomie nationale et les probl\u00e8mes majeurs qu\u2019elle rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Br\u00e8ve histoire de la diaspora comorienne en France<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a plus de 70 ans, les premiers comoriens qui naviguaient dans les bateaux des messageries maritimes fran\u00e7aises, Le Labourdonnais, le Jean Laborde, le Pierre Loti et le Fernand Lesseps ont pos\u00e9 leurs valises et s\u2019\u00e9taient install\u00e9s dans les trois villes portuaires de Marseille, Le Havre et&nbsp;Dunkerque. On les surnommait \u00ab&nbsp;les Navigateurs&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Manavigateri&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces hommes en qu\u00eate de travail et d\u2019avenir \u00e9chappaient \u00e0 la grande mis\u00e8re qui ravageait le territoire des Comores apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils s\u2019\u00e9taient d\u2019abord rendus \u00e0 Madagascar, o\u00f9 vivait une importante colonie de Comoriens avant de prendre le grand large pour s\u2019installer en m\u00e9tropole.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019ind\u00e9pendance, ces navigateurs commen\u00e7aient \u00e0 faire venir timidement dans la cit\u00e9 phoc\u00e9enne et \u00e0 Dunkerque leurs fr\u00e8res, leurs neveux et leurs amis du village. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque de la France de de Gaulle et Pompidou. Ensuite, ce fut le tour de leurs \u00e9pouses de les rejoindre, profitant de la nouvelle l\u00e9gislation r\u00e9gissant la politique du regroupement familial inaugur\u00e9e par le pr\u00e9sident Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing en 1976.<\/p>\n\n\n\n<p>Auparavant, d\u00e8s la premi\u00e8re moiti\u00e9 de la d\u00e9cennie 1960, les premiers stagiaires et \u00e9tudiants form\u00e9s \u00e0 Madagascar et au lyc\u00e9e de Moroni<sup>3<\/sup> r\u00e9cemment inaugur\u00e9 s\u2019\u00e9taient install\u00e9s dans l\u2019Hexagone. Ils \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s dans de nombreuses villes acad\u00e9miques. Mais la majorit\u00e9 est retourn\u00e9e par vague successive au pays et ont particip\u00e9 et contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9dification des Comores postind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin Paris et la r\u00e9gion parisienne, poumon de la vie \u00e9conomique de la France giscardienne, ont vu s\u2019installer les premiers travailleurs comoriens dans les ann\u00e9es 1970. Des hommes qui exer\u00e7aient les m\u00e9tiers de la restauration, du nettoyage, de l\u2019industrie automobile, des domestiques et des \u00e9boueurs employ\u00e9s par la mairie de Paris sous le r\u00e8gne de Jacques Chirac et Jean Tiberi.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a fallu attendre le d\u00e9but de la d\u00e9cennie 1990 pour assister \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e massive d&#8217;hommes et de femmes, jeunes pour la plupart, chass\u00e9s de nouveau par la mis\u00e8re, le&nbsp;ch\u00f4mage de masse et la r\u00e9pression&nbsp;politique pour gonfler les rangs de la diaspora. Une illustration de la faillite des politiques men\u00e9es apr\u00e8s l\u2019accession de notre pays \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale.&nbsp;Les pouvoirs politiques qui se sont succ\u00e9d\u00e9 aux commandes de l\u2019\u00c9tat&nbsp;durant ces 50 ann\u00e9es d\u2019ind\u00e9pendance n\u2019ont pas voulu ni r\u00e9ussi \u00e0 juguler ce ph\u00e9nom\u00e8ne en apportant les r\u00e9ponses appropri\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A contrario, la situation \u00e9conomique et sociale n\u2019a cess\u00e9 de se d\u00e9grader, provoquant un ph\u00e9nom\u00e8ne croissant et in\u00e9dit dans le pays : l\u2019\u00e9migration des forces vives vers la France et l\u2019\u00eele comorienne de Mayotte en empruntant des voies dangereuses aliment\u00e9es par des fili\u00e8res de passeurs et de notables politiques locaux. Les Kwasa-kwasa pour&nbsp;Mayotte ou m\u00eame les avions et les routes jusqu\u2019en \u00c9gypte, la Lybie, la Tunisie, la Turquie, l\u2019Espagne, la Gr\u00e8ce, la Bi\u00e9lorussie, la Pologne et l\u2019Italie avec les drames que l\u2019on conna\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis Ahmed Abdallah Mohamed Sambi jusqu\u2019\u00e0 Azali 2, ce ph\u00e9nom\u00e8ne et ces drames se sont multipli\u00e9s. Il r\u00e9sulte de la r\u00e9pression politique, de la d\u00e9t\u00e9rioration des conditions \u00e9conomiques et sociales&nbsp;du pays et la d\u00e9sesp\u00e9rance qui a envahi la jeunesse d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une diaspora au statut prot\u00e9iforme et aux origines insulaires in\u00e9gales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Notre diaspora est diverse. Elle a des statuts juridiques diff\u00e9rents : quelques dizaines de milliers de&nbsp;nos concitoyens sont Fran\u00e7ais, notamment les anciens, leurs descendants et celles et ceux qui ont sollicit\u00e9 l\u2019acquisition de la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise par r\u00e9int\u00e9gration ou naturalisation. Ce sont les binationaux ou les Franco-Comoriens.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup d\u2019autres arriv\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement sur le territoire fran\u00e7ais disposent du statut de r\u00e9sidents avec des cartes de s\u00e9jour \u00e9tudiants, vie priv\u00e9e et familiale ou de salari\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux Comoriens pr\u00e9sents sur le territoire fran\u00e7ais et n&#8217;ayant pas pu r\u00e9gulariser leur situation juridique entre 1977 et 1979 avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la d\u00e9livrance d&#8217;une carte de r\u00e9sident, commun\u00e9ment appel\u00e9e \u00ab carte de s\u00e9jour de 10 ans \u00bb, \u00e0 la suite de l&#8217;arriv\u00e9e au pouvoir du gouvernement de gauche sous la pr\u00e9sidence de Fran\u00e7ois Mitterrand le 10 mai 1981.<\/p>\n\n\n\n<p>La cohorte de nos concitoyens d\u00e9barqu\u00e9s en France irr\u00e9guli\u00e8rement pendant la d\u00e9cennie 1990 anciennement \u00ab&nbsp;clandestins&nbsp;\u00bb avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des r\u00e9gularisations de la circulaire Chev\u00e8nement sous le gouvernement de la majorit\u00e9 plurielle de Lionel Jospin, puis celles de Nicolas Sarkozy sous Jacques Chirac et enfin de Manuel Valls pendant le quinquennat de Fran\u00e7ois Hollande sur la base de divers crit\u00e8res, dont le mariage \u00e0 un conjoint de fran\u00e7ais et le fait d\u2019\u00eatre parent d\u2019enfant fran\u00e7ais, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>La communaut\u00e9 comorienne de France est tr\u00e8s diverse par ses origines et sa provenance insulaire. Les originaires de l\u2019\u00eele de Ngazidja sont surrepr\u00e9sent\u00e9s, suivis de nos concitoyens Wandzuani et wa Mwali. Les Maorais dont le territoire est occup\u00e9 ill\u00e9galement par la France sont consid\u00e9r\u00e9s comme des Fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui la diaspora de plus en plus jeune est diss\u00e9min\u00e9e sur la totalit\u00e9 du territoire fran\u00e7ais. Du fin fond du Finist\u00e8re, de la Savoie et du Jura, des Hautes-Alpes, de l\u2019Alsace, du Poitou et de la Charente, de l\u2019Auvergne, du Limousin, Nice, Monaco et Lyon pour ne citer que ces diff\u00e9rentes localit\u00e9s, kofia, kandu, juba, draguila, saluva, shiromani sont les signes vestimentaires de reconnaissance du Comorien.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette diaspora participe \u00e0 la construction et au d\u00e9veloppement du pays en g\u00e9n\u00e9ral et de nos r\u00e9gions, en particulier au lieu et \u00e0 la place d\u2019un \u00c9tat et de collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9faillants et irresponsables.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est d\u00e9nigr\u00e9e et insult\u00e9e par les pouvoirs successifs alors qu\u2019elle b\u00e2tit depuis des d\u00e9cennies nos \u00e9coles, r\u00e9habilite les routes, \u00e9lectrifie nos villes et villages, construit des dispensaires et divers \u00e9quipements socio-culturels. Elle contribue \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement de nos villages et \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019habitat et des conditions d\u2019hygi\u00e8ne et de vie de nos concitoyens. C&#8217;est elle qui assume seule les frais&nbsp;relatifs aux soins et \u00e0 la sant\u00e9 des Comoriens et ceux de l\u2019\u00e9ducation en payant l\u2019\u00e9colage de leurs neveux fr\u00e9quentant les \u00e9coles du primaire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre diaspora rec\u00e8le de talents, car une frange de la seconde g\u00e9n\u00e9ration, a fait d\u2019excellentes \u00e9tudes. Elle excelle et commence \u00e0 faire parler de notre pays dans les domaines du sport, de la musique, l&#8217;entrepreneuriat ou travaille dans de grandes entreprises fran\u00e7aises ou internationales. Ces jeunes femmes et hommes m\u00e9ritent encouragements et soutien.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais gardons-nous des superlatifs ronflants, comme l\u2019a fait l\u2019ancien d\u00e9put\u00e9 macroniste Said Ahamada le 7 avril dernier \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 des Comores, se gargarisant de placer notre diaspora au \u00ab&nbsp;top cinq&nbsp;\u00bb des communaut\u00e9s disposant de grands cerveaux et de grosses pointures. Un sentiment qui domine chez beaucoup d\u2019entre nous qui refusons de dessiller nos yeux et de ne voir que l\u2019arbre qui cache la for\u00eat. Car force est de reconna\u00eetre que la majorit\u00e9 de nos concitoyens est confront\u00e9e \u00e0 d\u2019innombrables difficult\u00e9s, \u00e0 commencer par une \u00e9crasante majorit\u00e9 d\u2019hommes et de femmes en situation irr\u00e9guli\u00e8re dits \u00ab&nbsp;sans-papiers&nbsp;\u00bb. Beaucoup d\u2019autres exercent des emplois tr\u00e8s pr\u00e9caires et dans des conditions extr\u00eamement p\u00e9nibles. Pendant que des milliers d\u2019autres se trouvent au ch\u00f4mage et pointent \u00e0 France Travail, vivent de prestations sociales, d\u2019allocations familiales, du revenu de solidarit\u00e9 active (RSA) et d\u2019autres exp\u00e9dients<sup>4<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux compatriotes jeunes, mieux instruits et dipl\u00f4m\u00e9s des universit\u00e9s fran\u00e7aises ou \u00e9trang\u00e8res, connaissent \u00e9galement des difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi qualifi\u00e9, \u00e0 la formation, au logement et \u00e0 un habitat d\u00e9cent. Nos enfants n\u2019\u00e9chappent pas non plus \u00e0 l\u2019\u00e9chec scolaire et aux diff\u00e9rents types de violence. La petite et la grande d\u00e9linquance gangr\u00e8nent une partie non n\u00e9gligeable de la jeunesse dans les cit\u00e9s des grandes villes de l\u2019Hexagone. Le racisme, la violence, le ch\u00f4mage les vuln\u00e9rabilisent et les exposent \u00e0 des dangers encore croissants.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une diaspora combative<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de tous ces probl\u00e8mes inextricables, la diaspora reste toujours debout. Elle s\u2019engage et participe \u00e0 tous les combats politiques pour la d\u00e9mocratie et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, social et culturel du pays et demeure tr\u00e8s attach\u00e9e \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 territoriale.<\/p>\n\n\n\n<p>Une kyrielle d\u2019associations s\u2019active et se bat pour les droits des femmes, contre les discriminations et toutes les formes de violences faites aux femmes et aux enfants, pour la pr\u00e9servation et la diffusion de notre culture, la richesse de notre gastronomie, la mode, pour l\u2019\u00e9cologie, l\u2019environnement et l\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ce d\u00e9ploiement et cet engagement patriotique sans faille, cette diaspora est stigmatis\u00e9e et rabaiss\u00e9e dans des termes humiliants et m\u00e9prisants \u00ab&nbsp;mahosa michana&nbsp;\u00bb<sup>5<\/sup> pour citer l\u2019expression malheureuse toute r\u00e9cente du pr\u00e9sident Azali Assoumani ou \u00ab&nbsp;malisa mayele<sup>6<\/sup> \u00bb que beaucoup de nos concitoyens utilisent et en abusent.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a \u00e9prouv\u00e9 du mal \u00e0 se faire entendre lorsque le pouvoir en place a fait voter la loi du 22 d\u00e9cembre 2022 excluant dans ses articles 6 et 7 les binationaux \u00e0 se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et obligeant les Comoriens de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise ou autre \u00e0 y renoncer<sup>7<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis l\u2019ind\u00e9pendance, la diaspora comorienne, forte aujourd\u2019hui de ces 300&nbsp;000 femmes et hommes, est priv\u00e9e du droit de vote et de pouvoir avoir des \u00e9lus. Elle est r\u00e9duite au statut de \u00ab&nbsp;non-citoyens&nbsp;\u00bb. Et pourtant, elle aime sa patrie et ne s\u2019emp\u00eache de retourner chaque \u00e9t\u00e9 pour \u00e9gayer, enchanter et surtout nourrir abondamment les villes et villages.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dit l\u2019adage \u00ab&nbsp;Komori, yinu hama nde nyama tsingo, yo kayiliha no yo kerantsiha&nbsp;\u00bb (litt\u00e9rale&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les Comores sont comme ce morceau de viande situ\u00e9 pr\u00e8s du cou du b\u0153uf, tr\u00e8s dur et difficile \u00e0 manger, mais qu\u2019on ne peut abandonner&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p>Paris, le 14\/11\/2025<\/p>\n\n\n\n<p><strong>NOTES<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>1- Un chiffre difficilement v\u00e9rifiable. \u00c0 ce sujet, voir Sophie Blanchy : \u00ab Les Comoriens, une immigration m\u00e9connue \u00bb in Hommes et Migrations, 1998 n\u00b01215, pp.5-20. L\u2019Ambassade de France en Union des Comores avance le m\u00eame chiffre d\u2019environ 350 000 comoriens en France dans \u00ab France Diplomatie \u00bb mise \u00e0 jour le 17 juin 2024.2- \u00ab Comores : la diaspora, un pilier vital de l\u2019\u00e9conomie nationale pendant le ramadan \u00bb, Abdallah Mzembaba, Correspondant de Radio France International (RFI) \u00e0 Moroni du 3 mars 2025.3- Cette g\u00e9n\u00e9ration a cr\u00e9\u00e9 le 27 mars 1966 \u00e0 Aix-en-Provence l\u2019Association des stagiaires et \u00e9tudiants originaires des Comores en France (ASEOCF) devenue ASEC. C\u2019est la premi\u00e8re association comorienne connue en France.4- De nombreuses familles s\u2019approvisionnent aux banques alimentaires du Secours Catholique, du Restau du C\u0153ur, etc.5- \u00ab Nettoyeurs des chiottes \u00bb, un nombre consid\u00e9rable de femmes, en particulier, exercent la profession de femmes de m\u00e9nage dans diverses soci\u00e9t\u00e9s de nettoyage.6- \u00ab Ceux qui font manger du riz \u00bb. La diaspora pourvoyeuse d\u2019argent par le financement des grands mariages est paradoxalement accus\u00e9e d\u2019\u00eatre responsable de la consommation excessive de riz et de la p\u00e9nurie de cette denr\u00e9e.7- Mohamed Bakari, \u00ab Fran\u00e7ais ou comoriens ? Pourquoi devrions-nous choisir ? \u00bb publi\u00e9 le 23 mars 2011 en r\u00e9ponse \u00e0 Babou des \u00eeles, pseudonyme du chroniqueur du journal Al-watwan qui demandait \u00e0 la communaut\u00e9 expatri\u00e9e de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise de choisir entre la France et les Comores.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par MOHAMED Bakari Abdallah, Historien, DEA d\u2019histoire contemporaine (1986-1987), Universit\u00e9 Paris IV-Sorbonne Pendant la grande saison des mashuhuli d\u00e9butaient les festivit\u00e9s de la c\u00e9l\u00e9bration du cinquantenaire de la d\u00e9claration unilat\u00e9rale de l\u2019ind\u00e9pendance des Comores, le 6 juillet 1975. 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