{"id":12513,"date":"2025-11-10T06:39:59","date_gmt":"2025-11-10T03:39:59","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12513"},"modified":"2025-11-10T14:32:21","modified_gmt":"2025-11-10T11:32:21","slug":"la-reforme-des-marches-publics-aux-comores","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/la-reforme-des-marches-publics-aux-comores\/","title":{"rendered":"La r\u00e9forme des march\u00e9s publics aux Comores"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Les derni\u00e8res r\u00e9formes en mati\u00e8re de march\u00e9s publics laissent une lueur d\u2019espoir en termes de bonne gouvernance et m\u00eame de prise en compte des petites et moyennes entreprises.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Par Azhar de Youssouf *<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">La commande publique constitue un levier essentiel pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, la transparence administrative et la cr\u00e9dibilit\u00e9 des institutions publiques. Aux Comores, le secteur des march\u00e9s publics a longtemps \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par des pratiques opaques, des proc\u00e9dures dispers\u00e9es et des difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s pour les petites et moyennes entreprises (PME).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La l\u00e9gislation de 2011 a pos\u00e9 les bases d\u2019un cadre juridique, mais son application restait limit\u00e9e et les d\u00e9rives persistantes. Dans ce contexte, la r\u00e9forme de 2022, suivie par le d\u00e9cret n\u00b025-002\/PR du 22 janvier 2025, a introduit des changements majeurs visant \u00e0 moderniser le syst\u00e8me de passation des march\u00e9s publics. Ces r\u00e9formes cherchent \u00e0 renforcer la gouvernance en consolidant les principes de transparence, de concurrence et d\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s, tout en introduisant la d\u00e9mat\u00e9rialisation et le contr\u00f4le renforc\u00e9 par l\u2019Autorit\u00e9 de R\u00e9gulation des March\u00e9s Publics (ARMP).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet article propose d\u2019analyser les apports du d\u00e9cret de 2025, ses limites et difficult\u00e9s de mise en \u0153uvre, ainsi que son impact sur les entreprises et les PME comoriennes, tout en \u00e9valuant la conformit\u00e9 du cadre comorien avec les normes internationales. L\u2019objectif est de mettre en lumi\u00e8re les transformations apport\u00e9es par cette r\u00e9forme et d\u2019\u00e9valuer ses effets sur la gouvernance, l\u2019efficacit\u00e9 des march\u00e9s publics et le d\u00e9veloppement du tissu \u00e9conomique local.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>I \u2013 Apports du d\u00e9cret de 2025 dans la consolidation de la gouvernance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9cret n\u00b025-002\/PR du 22 janvier 2025 marque une \u00e9tape d\u00e9cisive dans la modernisation et la consolidation de la gouvernance des march\u00e9s publics aux Comores. Son principal apport r\u00e9side dans la mise en \u0153uvre concr\u00e8te des principes fondamentaux de transparence, d\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s et de concurrence loyale, consacr\u00e9s par la loi de 2022. En rendant obligatoire la publication des plans de passation, des avis d\u2019appel d\u2019offres, des d\u00e9cisions d\u2019attribution et des rapports d\u2019\u00e9valuation, le texte garantit un acc\u00e8s \u00e9quitable \u00e0 l\u2019information pour toutes les entreprises, limitant ainsi les risques de favoritisme et de collusion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9cret renforce \u00e9galement le r\u00f4le de l\u2019Autorit\u00e9 de R\u00e9gulation des March\u00e9s Publics (ARMP), en lui conf\u00e9rant des pouvoirs \u00e9tendus de contr\u00f4le, d\u2019audit et de sanction. L\u2019ARMP peut d\u00e9sormais examiner les plaintes, suspendre les proc\u00e9dures irr\u00e9guli\u00e8res et sanctionner les manquements, ce qui constitue un v\u00e9ritable levier pour am\u00e9liorer la discipline administrative et la r\u00e9gularit\u00e9 des march\u00e9s publics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par ailleurs, le d\u00e9cret impose la normalisation et la formalisation des proc\u00e9dures. Les dossiers types, les d\u00e9lais pr\u00e9cis et les exigences documentaires uniformes r\u00e9duisent les marges d\u2019interpr\u00e9tation et limitent les erreurs ou manipulations. Cette standardisation permet non seulement de s\u00e9curiser juridiquement les march\u00e9s, mais aussi de professionnaliser les pratiques des autorit\u00e9s contractantes. Une autre avanc\u00e9e majeure r\u00e9side dans l\u2019introduction progressive de la d\u00e9mat\u00e9rialisation et du e-procurement. La cr\u00e9ation d\u2019une plateforme num\u00e9rique nationale pour la publication des avis, le t\u00e9l\u00e9chargement des dossiers et, dans certains cas, le d\u00e9p\u00f4t \u00e9lectronique des offres, am\u00e9liore la tra\u00e7abilit\u00e9, r\u00e9duit les risques de perte ou de manipulation des documents et facilite l\u2019acc\u00e8s aux PME locales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, le d\u00e9cret contribue \u00e0 renforcer la reddition de comptes et la lutte contre la corruption. La tra\u00e7abilit\u00e9 des d\u00e9cisions et la publication des sanctions cr\u00e9ent un environnement plus transparent et dissuasif pour les pratiques frauduleuses. L\u2019ensemble de ces mesures vise \u00e0 restaurer la confiance des entreprises et des partenaires financiers internationaux dans le syst\u00e8me de passation des march\u00e9s publics comoriens, tout en consolidant la gouvernance publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>II \u2013 Limites et difficult\u00e9s de mise en \u0153uvre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 les avanc\u00e9es significatives apport\u00e9es par le d\u00e9cret n\u00b025-002\/PR du 22 janvier 2025, sa mise en \u0153uvre rencontre plusieurs obstacles qui peuvent en limiter l\u2019efficacit\u00e9. Tout d\u2019abord, les capacit\u00e9s techniques et administratives des autorit\u00e9s contractantes restent insuffisantes. Dans de nombreux minist\u00e8res, \u00e9tablissements publics et communes, les agents charg\u00e9s de la passation des march\u00e9s n\u2019ont pas encore la formation sp\u00e9cialis\u00e9e n\u00e9cessaire pour appliquer correctement les nouvelles proc\u00e9dures. La complexit\u00e9 accrue des dossiers, les exigences documentaires et le respect des d\u00e9lais impos\u00e9s par le d\u00e9cret cr\u00e9ent des risques d\u2019erreurs et de retards, pouvant compromettre la r\u00e9gularit\u00e9 des march\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ensuite, des r\u00e9ticences et r\u00e9sistances internes freinent parfois l\u2019adoption des nouvelles r\u00e8gles. Le renforcement de la transparence et de la reddition de comptes remet en cause des pratiques anciennes, dans lesquelles la s\u00e9lection des prestataires pouvait \u00eatre influenc\u00e9e par des relations personnelles ou politiques. Cette r\u00e9sistance culturelle peut ralentir l\u2019adh\u00e9sion compl\u00e8te au syst\u00e8me r\u00e9form\u00e9, et n\u00e9cessite un accompagnement strat\u00e9gique et une sensibilisation des acteurs. Un troisi\u00e8me facteur limitant est constitu\u00e9 par les obstacles technologiques li\u00e9s \u00e0 la d\u00e9mat\u00e9rialisation. Si le d\u00e9cret pr\u00e9voit un syst\u00e8me \u00e9lectronique de passation des march\u00e9s et de suivi des proc\u00e9dures, la couverture num\u00e9rique reste in\u00e9gale sur le territoire, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 Internet est parfois instable et les comp\u00e9tences informatiques des agents et des entreprises sont encore h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Ces lacunes risquent de cr\u00e9er des disparit\u00e9s dans l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s publics, entre zones urbaines bien \u00e9quip\u00e9es et r\u00e9gions moins connect\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, les ressources limit\u00e9es de l\u2019ARMP constituent un frein majeur. Bien que le d\u00e9cret lui conf\u00e8re de nouveaux pouvoirs de contr\u00f4le et de sanction, l\u2019autorit\u00e9 dispose encore de moyens humains et financiers insuffisants pour effectuer des audits r\u00e9guliers et couvrir l\u2019ensemble du territoire. De plus, l\u2019application du d\u00e9cret varie selon les secteurs : les march\u00e9s financ\u00e9s par des bailleurs internationaux respectent davantage les nouvelles proc\u00e9dures que ceux financ\u00e9s uniquement sur ressources nationales, accentuant l\u2019in\u00e9galit\u00e9 dans le traitement des march\u00e9s. En somme, si le d\u00e9cret de 2025 repr\u00e9sente une avanc\u00e9e l\u00e9gislative et institutionnelle majeure, son succ\u00e8s d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 des administrations et de l\u2019ARMP \u00e0 surmonter ces limites, d\u2019un accompagnement technique des agents et des entreprises, ainsi que d\u2019une volont\u00e9 politique constante de faire respecter la r\u00e9forme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>III \u2013 Analyse comparative : avant \/ apr\u00e8s le d\u00e9cret de 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019adoption du d\u00e9cret n\u00b025-002\/PR du 22 janvier 2025 marque un tournant dans la gouvernance des march\u00e9s publics aux Comores, et une analyse comparative permet de mieux mesurer les changements introduits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Cadre juridique et proc\u00e9dures<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant le d\u00e9cret, le syst\u00e8me reposait sur la loi n\u00b011-027\/AU de 2011, compl\u00e9t\u00e9e par des textes secondaires dispers\u00e9s. Les proc\u00e9dures \u00e9taient souvent appliqu\u00e9es de mani\u00e8re in\u00e9gale et manquaient de coh\u00e9rence. Les appels d\u2019offres n\u2019\u00e9taient pas syst\u00e9matiques, les march\u00e9s pouvaient \u00eatre attribu\u00e9s au gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9 sans justification, et les documents administratifs \u00e9taient peu standardis\u00e9s. Apr\u00e8s le d\u00e9cret de 2025, les proc\u00e9dures sont normalis\u00e9es et uniformis\u00e9es. Les appels d\u2019offres deviennent obligatoires, sauf d\u00e9rogation justifi\u00e9e et document\u00e9e. Chaque \u00e9tape doit \u00eatre trac\u00e9e et publi\u00e9e, assurant une transparence et une s\u00e9curit\u00e9 juridique accrues pour les entreprises et les autorit\u00e9s publiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Transparence et reddition de comptes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant 2025, l\u2019information relative aux march\u00e9s publics \u00e9tait souvent difficile d\u2019acc\u00e8s pour les entreprises, en particulier les PME locales. Le contr\u00f4le a posteriori \u00e9tait limit\u00e9, et la publication des d\u00e9cisions ou des sanctions \u00e9tait rare. Cette opacit\u00e9 favorisait des pratiques discr\u00e9tionnaires et des risques de corruption. Le d\u00e9cret de 2025 impose la publication syst\u00e9matique des avis, r\u00e9sultats et rapports, ainsi que la mise en place de proc\u00e9dures de recours et de contr\u00f4le renforc\u00e9es par l\u2019ARMP. Les d\u00e9cisions sont d\u00e9sormais tra\u00e7ables et les sanctions pour non-conformit\u00e9 plus effectives, cr\u00e9ant un environnement plus transparent et \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Gouvernance et r\u00f4le de l\u2019ARMP<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant 2025, l\u2019ARMP disposait de pouvoirs limit\u00e9s et ne pouvait pas toujours intervenir efficacement pour sanctionner les irr\u00e9gularit\u00e9s. L\u2019autorit\u00e9 souffrait de contraintes de ressources et d\u2019une couverture incompl\u00e8te sur le territoire. Apr\u00e8s le d\u00e9cret, l\u2019ARMP voit ses missions et pouvoirs \u00e9tendus : contr\u00f4le syst\u00e9matique, audits, annulation de proc\u00e9dures irr\u00e9guli\u00e8res, sanctions financi\u00e8res et administratives. Elle devient un v\u00e9ritable pivot de la gouvernance des march\u00e9s publics, capable de renforcer la discipline et de s\u00e9curiser la d\u00e9pense publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;Acc\u00e8s des entreprises et impact sur les PME<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant la r\u00e9forme, les PME comoriennes peinaient \u00e0 acc\u00e9der aux march\u00e9s publics en raison des exigences techniques, administratives et financi\u00e8res. Les grands op\u00e9rateurs dominaient le march\u00e9, et les pratiques informelles limitaient la concurrence. Apr\u00e8s le d\u00e9cret, des mesures telles que l\u2019allotissement des contrats, la simplification des formalit\u00e9s et la tra\u00e7abilit\u00e9 \u00e9lectronique des proc\u00e9dures favorisent l\u2019inclusion des PME. Elles disposent d\u00e9sormais d\u2019un cadre plus favorable pour participer de mani\u00e8re comp\u00e9titive aux march\u00e9s publics, tout en se professionnalisant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>IV \u2013 Conformit\u00e9 avec les normes internationales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9forme des march\u00e9s publics aux Comores, \u00e0 travers la loi de 2022 et le d\u00e9cret n\u00b025-002\/PR de 2025, s\u2019inscrit dans une dynamique de conformit\u00e9 avec les standards internationaux en mati\u00e8re de gouvernance et de passation des march\u00e9s publics. Les principes fondamentaux de transparence, de concurrence, d\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s et de reddition de comptes, d\u00e9sormais consacr\u00e9s et appliqu\u00e9s dans le cadre national, refl\u00e8tent les recommandations de plusieurs institutions internationales telles que la Banque mondiale, l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE), l\u2019Union africaine et l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9cret de 2025 introduit des mesures concr\u00e8tes qui rapprochent le syst\u00e8me comorien des meilleures pratiques internationales. La d\u00e9mat\u00e9rialisation progressive des proc\u00e9dures et la publication obligatoire des informations relatives aux appels d\u2019offres, aux r\u00e9sultats et aux sanctions permettent de r\u00e9duire les risques de corruption et de favoritisme, conform\u00e9ment aux standards de l\u2019OCDE et aux recommandations de la Convention des Nations Unies contre la corruption. De m\u00eame, le renforcement du r\u00f4le de l\u2019Autorit\u00e9 de R\u00e9gulation des March\u00e9s Publics (ARMP) assure un contr\u00f4le ind\u00e9pendant et impartial, ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme un crit\u00e8re essentiel pour la cr\u00e9dibilit\u00e9 et la transparence des march\u00e9s publics \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En outre, le d\u00e9cret favorise l\u2019inclusion des PME locales et des entreprises \u00e9mergentes, une dimension encourag\u00e9e par la Banque mondiale et les institutions financi\u00e8res internationales. La standardisation des proc\u00e9dures et la mise en place de m\u00e9canismes de suivi et de contr\u00f4le garantissent que les ressources publiques sont utilis\u00e9es de mani\u00e8re efficace, conform\u00e9ment aux bonnes pratiques internationales en mati\u00e8re de gestion de la d\u00e9pense publique. Ainsi, le cadre comorien r\u00e9form\u00e9 constitue un exemple de convergence entre l\u00e9gislation nationale et normes internationales. Si la mise en \u0153uvre effective reste un d\u00e9fi, notamment en raison des capacit\u00e9s techniques limit\u00e9es et des infrastructures num\u00e9riques encore insuffisantes, le d\u00e9cret 2025 \u00e9tablit une base solide pour une gouvernance des march\u00e9s publics plus transparente, comp\u00e9titive et conforme aux standards mondiaux, renfor\u00e7ant ainsi la confiance des investisseurs et des bailleurs de fonds.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>V \u2013 Impact du d\u00e9cret 2025 sur les entreprises et les PME comoriennes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9cret n\u00b025-002\/PR du 22 janvier 2025 ne se limite pas \u00e0 renforcer la gouvernance administrative ; il a \u00e9galement un impact direct et significatif sur les entreprises, et en particulier sur les petites et moyennes entreprises (PME) comoriennes, qui repr\u00e9sentent un moteur essentiel du d\u00e9veloppement \u00e9conomique local.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<strong>Am\u00e9lioration de l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s publics<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Historiquement, les PME comoriennes \u00e9taient largement exclues de la commande publique en raison de crit\u00e8res techniques et financiers trop exigeants et de pratiques opaques favorisant les grands op\u00e9rateurs. Le d\u00e9cret de 2025 introduit des mesures concr\u00e8tes pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation. L\u2019allotissement des march\u00e9s permet aux PME de concourir sur des lots adapt\u00e9s \u00e0 leurs capacit\u00e9s, tandis que la simplification des formalit\u00e9s administratives r\u00e9duit les obstacles \u00e0 la participation. La publication syst\u00e9matique des appels d\u2019offres et des d\u00e9cisions d\u2019attribution cr\u00e9e un environnement plus transparent et \u00e9quitable, offrant aux PME les m\u00eames chances que les grandes entreprises.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Professionnalisation et comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019introduction progressive du e-procurement et la standardisation des proc\u00e9dures obligent les entreprises \u00e0 se professionnaliser. Elles doivent d\u00e9sormais ma\u00eetriser la pr\u00e9paration des dossiers \u00e9lectroniques, respecter les d\u00e9lais et se conformer aux exigences techniques et financi\u00e8res des appels d\u2019offres. Cette \u00e9volution stimule l\u2019am\u00e9lioration des pratiques internes, renforce la comp\u00e9titivit\u00e9 des PME et leur permet de mieux se positionner sur le march\u00e9 national et r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9duction des pratiques informelles et renforcement de la confiance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9duisant les marges de man\u0153uvre pour les pratiques discr\u00e9tionnaires, le d\u00e9cret contribue \u00e0 instaurer un climat de confiance entre les entreprises et les autorit\u00e9s publiques. Les m\u00e9canismes de tra\u00e7abilit\u00e9, les sanctions pour non-conformit\u00e9 et la possibilit\u00e9 de recours aupr\u00e8s de l\u2019ARMP limitent les situations de favoritisme ou de corruption, permettant aux PME de participer \u00e0 des march\u00e9s publics sur la base de leur comp\u00e9tence et de leur offre r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>D\u00e9fis persistants<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 ces avanc\u00e9es, plusieurs d\u00e9fis demeurent. L\u2019acc\u00e8s aux infrastructures num\u00e9riques et aux comp\u00e9tences informatiques reste limit\u00e9 pour certaines entreprises, notamment en zones rurales. La concurrence accrue peut d\u00e9savantager les PME moins structur\u00e9es ou moins exp\u00e9riment\u00e9es, et certaines continuent de rencontrer des difficult\u00e9s pour r\u00e9pondre aux exigences techniques ou financi\u00e8res. Le succ\u00e8s de la r\u00e9forme d\u00e9pend donc d\u2019un accompagnement adapt\u00e9, notamment par la formation, le conseil technique et le soutien aux entreprises \u00e9mergentes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9forme des march\u00e9s publics aux Comores, mat\u00e9rialis\u00e9e par le d\u00e9cret n\u00b025-002\/PR du 22 janvier 2025, repr\u00e9sente une avanc\u00e9e majeure dans la consolidation de la gouvernance publique et la modernisation du syst\u00e8me de passation des march\u00e9s. En instaurant des proc\u00e9dures transparentes, uniformis\u00e9es et tra\u00e7ables, en renfor\u00e7ant le r\u00f4le de l\u2019ARMP et en introduisant la d\u00e9mat\u00e9rialisation, le d\u00e9cret r\u00e9pond aux exigences de bonne gouvernance et rapproche le cadre national des normes internationales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e9forme ouvre \u00e9galement de nouvelles perspectives pour les entreprises, en particulier les PME comoriennes, en am\u00e9liorant leur acc\u00e8s aux march\u00e9s publics, en favorisant la professionnalisation et en renfor\u00e7ant la confiance dans le syst\u00e8me. Toutefois, sa mise en \u0153uvre reste confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9fis significatifs : capacit\u00e9s techniques et administratives limit\u00e9es, obstacles num\u00e9riques, r\u00e9sistance au changement et disparit\u00e9s entre secteurs financ\u00e9s par les ressources nationales et les bailleurs internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9pit de ces difficult\u00e9s, le d\u00e9cret de 2025 constitue un levier strat\u00e9gique pour la transparence, l\u2019efficacit\u00e9 de la d\u00e9pense publique et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique local. Son succ\u00e8s d\u00e9pendra de la formation continue des acteurs, de l\u2019accompagnement des entreprises et de l\u2019adh\u00e9sion constante aux principes de gouvernance et d\u2019int\u00e9grit\u00e9. \u00c0 terme, cette r\u00e9forme peut transformer les march\u00e9s publics comoriens en un instrument efficace de croissance, d\u2019\u00e9quit\u00e9 et de confiance, contribuant ainsi au renforcement de l\u2019\u00c9tat et au d\u00e9veloppement durable du pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>*Azhar de Youssouf, dipl\u00f4m\u00e9 en Histoire des Relations Internationales, juriste de formation, \u00e9crivain et conservateur du mus\u00e9e de la monnaie \u00e0 la BCC.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les derni\u00e8res r\u00e9formes en mati\u00e8re de march\u00e9s publics laissent une lueur d\u2019espoir en termes de bonne gouvernance et m\u00eame de prise en compte des petites et moyennes entreprises. Par Azhar de Youssouf * La commande publique constitue un levier essentiel pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, la transparence administrative et la cr\u00e9dibilit\u00e9 des institutions publiques. 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