{"id":12462,"date":"2025-10-27T05:45:18","date_gmt":"2025-10-27T02:45:18","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12462"},"modified":"2025-10-27T05:45:20","modified_gmt":"2025-10-27T02:45:20","slug":"azhar-de-yousssouf-un-roman-autobiographique-a-vous-arracher-des-larmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/azhar-de-yousssouf-un-roman-autobiographique-a-vous-arracher-des-larmes\/","title":{"rendered":"Azhar de Yousssouf. Un roman autobiographique \u00e0 vous arracher des larmes."},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Enseignant, historien et juriste de formation, Azhar de Youssouf a publi\u00e9 chez Muse, \u00e0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt dernier, un roman intitul\u00e9 \u00ab L\u2019\u00e9ducation du fouet \u00bb. Une \u0153uvre \u00e0 la fois instructive poignant.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Hachim Mohamed<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Avec \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9duction du fouet&nbsp;\u00bb, Azhar de Youssouf, natif du village de Singani \u00e0 Ngazidja, nous livre un roman d\u2019apprentissage, autobiographique. Il raconte l&#8217;\u00e9volution d&#8217;un personnage (lui), de sa jeunesse \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte, \u00e0 travers sa confrontation avec diff\u00e9rents aspects sociologiques et anthropologiques de son village de Singani.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman aborde des apprentissages marqu\u00e9s par la violence physique et morale, aussi bien \u00e0 l\u2019\u00e9cole coranique qu\u2019\u00e0 celle dite&nbsp;\u00ab&nbsp;moderne&nbsp;\u00bb. Il \u00e9voque les ch\u00e2timents corporels, les agressions et le harc\u00e8lement, qui affectent la sant\u00e9 physique et mentale des enfants et menacent leur bien-\u00eatre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"449\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/10\/AZHAR-ECRIVAIN-449x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12464\" style=\"width:241px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/10\/AZHAR-ECRIVAIN-449x1024.jpg 449w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/10\/AZHAR-ECRIVAIN-132x300.jpg 132w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/10\/AZHAR-ECRIVAIN.jpg 474w\" sizes=\"auto, (max-width: 449px) 100vw, 449px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019auteur aborde les ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole coranique, qui, pour reprendre l\u2019expression du narrateur \u00ab&nbsp;ont laiss\u00e9 une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile en lui&nbsp;\u00bb. Les journ\u00e9es longues et \u00e9prouvantes au shioni \u00ab&nbsp;lui ont appris la discipline, la r\u00e9silience, l\u2019importance de l\u2019\u00e9ducation. Mais elles lui ont aussi montr\u00e9 les limites de la rigueur et des ch\u00e2timents corporels.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un roman, qui au fil des pages, livre une histoire de mani\u00e8re \u00e0 provoquer une vive \u00e9motion, souvent li\u00e9e \u00e0 une souffrance morale intense ou \u00e0 une situation touchante, combinant la rigueur du&nbsp;\u00ab&nbsp;fouet \u00e9ducatif&nbsp;\u00bb avec un descriptif \u00e9mouvant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le travail intellectuel et le travail manuel.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit s&#8217;\u00e9tend sur plusieurs ann\u00e9es, le narrateur et personnage principal expose des exp\u00e9riences et des rencontres qui ont fa\u00e7onn\u00e9 sa personnalit\u00e9 et sa vision du monde. Il glorifie \u00e0 la fois le travail intellectuel et le travail manuel. Le savoir-faire manuel est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 \u00e0 travers l\u2019\u00e9vocation du m\u00e9tier de son p\u00e8re (transmis du grand-p\u00e8re) et le c\u00f4t\u00e9 intellectuel de l\u2019approche est marqu\u00e9 par un point d&#8217;honneur sur l&#8217;intelligence et la richesse. \u00ab&nbsp;Chaque fois que je pense \u00e0 l\u2019atelier de mon p\u00e8re, je ressens une pointe de nostalgie et de regret pour ne pas avoir l\u2019opportunit\u00e9 de continuer cet h\u00e9ritage. Aujourd\u2019hui, chaque fois que je prends un morceau de bois entre mes mains, je sens la pr\u00e9sence de mes anc\u00eatres. Je ressens leur force, leur passion et leur d\u00e9vouement (\u2026) Si aujourd\u2019hui je suis devenu \u00e9crivain, c\u2019est en partie gr\u00e2ce \u00e0 cet h\u00e9ritage artistique de mes parents. Sculpter le bois et \u00e9crire des romans partagent des similitudes profondes&nbsp;: dans les deux cas, il s\u2019agit de prendre une mati\u00e8re brute et la fa\u00e7onner avec soin et cr\u00e9ativit\u00e9&nbsp;\u00bb, raconte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les gifles du&nbsp;\u00ab&nbsp;fouet \u00e9ducatif&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le titre du roman d\u2019Azhar de Youssouf est assez \u00e9vocateur.Plusieurs s\u00e9quences dans le roman montrent comment les gifles du \u00ab&nbsp;fouet \u00e9ducatif&nbsp;\u00bb constituent la trame du narratif dans un contexte traditionnel de l\u2019\u00e9ducation marqu\u00e9 par la violence physique et morale.<\/p>\n\n\n\n<p>Une de ces sc\u00e8nes ignobles se passe \u00e0 l\u2019\u00e9cole coranique lorsque le ma\u00eetre lui demanda de tendre les mains.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le premier coup tomba, avec une douleur aigu\u00eb, comme si ma peau se d\u00e9chirait. Les larmes me montaient aux yeux, mais je les retins, sachant que pleurer ne ferait qu\u2019empirer les choses. Fundi Rafiou frappa de nouveau, cette fois sur mes jambes, me faisait grimacer de douleur&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une deuxi\u00e8me est arriv\u00e9e lors d\u2019un Dayira au Zawia de Shaykh Abdallah Hamadi. \u00ab&nbsp;D\u2019un pas rapide, il s\u2019approcha de moi, le visage s\u00e9v\u00e8re, les yeux flamboyants de col\u00e8re. Sans un mot, il me gifla violemment La douleur m\u2019assomma sur le coup, et je l\u00e2chais instinctivement ma culotte qui \u00e9tait jusqu\u2019alors tenue en main&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une troisi\u00e8me sc\u00e8ne est survenue pendant une s\u00e9ance de lecture du Coran \u00e0 la mosqu\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sans un mot, il s\u2019avan\u00e7a vers moi. La gifle qu\u2019il me d\u00e9cocha r\u00e9sonna comme un coup de tonnerre dans l\u2019air silencieux de la mosqu\u00e9e. La douleur \u00e9clata comme un feu d\u2019artifice dans ma joue, \u00e9tendant avec une intensit\u00e9 fulgurante.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et le pic de cette s\u00e9rie de fouets \u00e9ducatifs s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 dans la classe de Madame Fatima Tadjir : \u00ab&nbsp;Lorsqu\u2019elle r\u00e9ussit finalement \u00e0 m\u2019attraper, elle me gifla avec une force qui me fit tourner la t\u00eate. L\u2019impact fut si violent que, sous le choc, je sentis une chaleur se r\u00e9pandre dans mes jambes. Une sensation d\u2019humiliation totale me submergea lorsque je r\u00e9alisai que je venais d\u2019uriner en classe, devant tous mes camarades.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Madrasas, associations comme vecteur de sens et de v\u00e9rit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le roman ne se contente pas de relater des \u00e9v\u00e9nements, il en tire des le\u00e7ons, des enseignements pour \u00e9clairer le lecteur sur des aspects de la vie humaine, non seulement d&#8217;une \u00e9poque \u00e0 Singani, mais aussi au-del\u00e0 de cette contr\u00e9e de Ngazidja.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9motion du roman nous vient de l\u2019abord de ces th\u00e8mes universels. Mais, le romancier montre que, quand il a d\u00e9laiss\u00e9 l\u2019environnement qui lui \u00e9tait familier, il a trouv\u00e9 en contrepartie des horizons nouveaux et infinis \u00e0 investir. \u00ab&nbsp;Les soir\u00e9es pass\u00e9es dans les madrassats, m\u00eal\u00e9es aux activit\u00e9s associatives, devenaient un terrain fertile pour l&#8217;\u00e9panouissement de ma personnalit\u00e9. Je commen\u00e7ais \u00e0 tisser des liens plus forts avec mes camarades, \u00e0 participer activement \u00e0 la vie de la communaut\u00e9, et \u00e0 me projeter dans un futur o\u00f9 je pourrais peut-\u00eatre concilier les enseignements du pass\u00e9 avec les nouvelles perspectives qui s\u2019offraient \u00e0 moi. C&#8217;\u00e9tait un cheminement int\u00e9rieur, une transformation progressive o\u00f9, pas \u00e0 pas, je m&#8217;affranchissais des anciennes contraintes pour embrasser une vision plus large du monde,o\u00f9 la connaissance ne se limitait pas \u00e0 l\u2019acquisition de savoirs, mais devenait aussi une qu\u00eate de sens et de v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\u00e7ons de responsabilit\u00e9 et de bien-\u00eatre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le roman fait aussi une belle part \u00e0 l\u2019enjeu de l\u2019\u00e9ducation li\u00e9e aux travaux champ\u00eatres. Ces activit\u00e9s constituent une forme d\u2019apprentissage sociale o\u00f9 les enfants int\u00e8grent les valeurs de solidarit\u00e9 et de travail collectif, renfor\u00e7ant ainsi le tissu social rural.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enfants qui accompagnent leurs parents dans les champs, comme les \u00ab&nbsp;descendants M\u2019chinda&nbsp;\u00bb dans ce roman autobiographique, apprennent les comp\u00e9tences agricoles et les r\u00e8gles de la vie communautaire de mani\u00e8re informelle, en observant et en participant aux activit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9l\u00e8ves apprennent \u00e0 porter la responsabilit\u00e9 de leurs actes, \u00e0 d\u00e9velopper leurs ressources physiologiques et psychosociales, et \u00e0 construire une image positive d&#8217;eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enseignant, historien et juriste de formation, Azhar de Youssouf a publi\u00e9 chez Muse, \u00e0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt dernier, un roman intitul\u00e9 \u00ab L\u2019\u00e9ducation du fouet \u00bb. 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