{"id":12437,"date":"2025-10-20T06:04:17","date_gmt":"2025-10-20T03:04:17","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12437"},"modified":"2025-10-20T06:04:18","modified_gmt":"2025-10-20T03:04:18","slug":"mes-sources-dencre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/opinion\/mes-sources-dencre\/","title":{"rendered":"Mes sources d\u2019encre"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Dans cette tribune, le jeune Mirsoid Ibrahim dit ce qu\u2019il doit \u00e0 deux \u00e9crivains comoriens&nbsp;: Dini Nassur et Abdou Djohar, tous deux originaires de la ville de Simbusa \u00e0 Ngazidja, comme lui.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans chaque g\u00e9n\u00e9ration surgissent des plumes dont la trace d\u00e9passe les pages qu\u2019elles noircissent. Des plumes qui \u00e9veillent les consciences, inspirent les jeunes \u00e2mes et rappellent \u00e0 un peuple la noblesse de sa parole.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux Comores, ces plumes existent bel et bien. Dini Nassur et Djohar Abdou en font partie, ces deux figures majeures de la litt\u00e9rature comorienne contemporaine, deux sentinelles de la m\u00e9moire et du verbe.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur \u0153uvre, riche et engag\u00e9e, ne se contente pas d\u2019\u00e9crire : elle instruit, \u00e9l\u00e8ve et r\u00e9veille. Et c\u2019est en les lisant que j\u2019ai moi-m\u00eame appris \u00e0 aimer les mots, \u00e0 les apprivoiser, \u00e0 les faire miens.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeune, je lisais ces \u00e9crivains et po\u00e8tes natifs de Simbusa Pimba, ville dont je suis fier d\u2019\u00eatre originaire. Avant m\u00eame que mes mots ne prennent forme sur le papier, je m\u2019abreuvais des leurs. Leurs po\u00e8mes et articles, souvent publi\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux, \u00e9taient pour moi de v\u00e9ritables mets litt\u00e9raires, raffin\u00e9s et nourrissants, que je ne manquais jamais, et sans lesquels mes pens\u00e9es seraient rest\u00e9es st\u00e9riles, comme des champs non entretenus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont d\u2019abord deux po\u00e8tes engag\u00e9s. Le jour o\u00f9 j\u2019ai termin\u00e9 ma lecture du recueil de Dini Nassur, \u00ab&nbsp;Mots et maux d\u2019ailleurs&nbsp;\u00bb, que l\u2019on m\u2019avait offert comme \u00ab&nbsp;mbabu&nbsp;\u00bb pour la r\u00e9ussite de l\u2019un de mes examens nationaux, et de celui de Djohar Abdou, \u00ab&nbsp;Douleur et nostalgie&nbsp;\u00bb, que l\u2019on m\u2019avait donn\u00e9 lors d\u2019un atelier de lecture et d\u2019\u00e9criture initi\u00e9 au pays par ce dernier, j\u2019ai compris que mes convictions de jeune lecteur n\u2019\u00e9taient pas vaines : leurs plumes sont \u00e0 la fois ac\u00e9r\u00e9es, lyriques et instructives. Elles refusent de laisser s\u00e9cher l\u2019encre, d\u00e9noncent l\u2019injustice, c\u00e9l\u00e8brent la beaut\u00e9 de notre univers et, cerise sur le g\u00e2teau, \u0153uvrent inlassablement \u00e0 la formation des plus jeunes.<\/p>\n\n\n\n<p>Former ? Oui, ils l\u2019ont fait. Le chef-d\u2019\u0153uvre de Djohar Abdou m\u2019a ouvert les yeux et d\u00e9li\u00e9 la langue ; celui de Dini Nassur a forg\u00e9 mes pens\u00e9es, m\u2019a tendu un bout de papier et invit\u00e9 \u00e0 y d\u00e9verser mes propres mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Djohar Abdou, \u00e0 travers son recueil de lettres intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Quand j\u2019\u00e9tais \u00e9crivain public&nbsp;\u00bb, m\u2019a appris \u00e0 mieux r\u00e9diger et \u00e0 donner forme \u00e0 mes pens\u00e9es. Cet ouvrage, plein de richesses, montre combien l\u2019\u00e9criture peut \u00eatre aussi un service rendu au peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Son premier roman, \u00ab&nbsp;D\u2019une terre \u00e0 l\u2019autre&nbsp;\u00bb, m\u2019a, quant \u00e0 lui, enseign\u00e9 la force des souvenirs et l\u2019importance du passage d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre, entre exil et appartenance. Docteur en linguistique et grand d\u00e9fenseur de la langue locale, Abdou Djohar est \u00e9galement un p\u00e9dagogue infatigable. \u00c0 travers \u00ab&nbsp;Je lis et j\u2019\u00e9cris la langue comorienne&nbsp;\u00bb et sa th\u00e8se \u00ab&nbsp;Approche contrastive franco-comorienne&nbsp;\u00bb, il a offert \u00e0 notre peuple des outils pour aimer, lire, \u00e9crire et pr\u00e9server le shikomori, pierre angulaire de notre identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui l\u2019ont lu t\u00e9moignent de son talent. \u00ab Djohar Abdou est un homme \u00e0 la m\u00e9moire vive, \u00e0 la sagesse imputrescible, \u00e0 l\u2019humanisme d\u2019Antoine de Saint-Exup\u00e9ry, au verbe de Rousseau, \u00e0 la pens\u00e9e de Morin, \u00e0 la po\u00e9sie et \u00e0 l\u2019engagement de Mahmoud Darwich, \u00e0 l\u2019\u00e9criture de Naguib Mahfouz \u00bb, d\u00e9clare Houssam Hassane, pr\u00e9facier de \u00ab&nbsp;D\u2019une terre \u00e0 l\u2019autre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Dini Nassur, son premier roman, \u00ab&nbsp;Kosa, la faute&nbsp;\u00bb, consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution d\u2019Ali Soilihi, m\u2019a plong\u00e9 dans une m\u00e9moire collective souvent tue.<\/p>\n\n\n\n<p>Son talent litt\u00e9raire s\u2019exprime \u00e9galement dans \u00ab&nbsp;Mna Madi, le burlesque&nbsp;\u00bb, un conte o\u00f9 l\u2019humour masque des v\u00e9rit\u00e9s profondes, dans \u00ab&nbsp;Autrefois dans notre enveloppe sociale&nbsp;\u00bb, un ouvrage qui t\u00e9moigne des mutations de notre soci\u00e9t\u00e9 et dans \u00ab&nbsp;Le Grand-mariage&nbsp;\u00bb, roman paru en septembre 2025, o\u00f9 il d\u00e9montre sa ma\u00eetrise du langage, discernant la r\u00e9alit\u00e9 et la fiction.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un roman o\u00f9 les phrases et expressions po\u00e9tiquement tarabiscot\u00e9es et cisel\u00e9es captivent le lecteur. \u00ab J\u2019esp\u00e8re que tous les Comoriens et ceux curieux des traditions comoriennes liront ce roman \u00bb, d\u00e9clare Dr Zile Soilihi, lecteur de ce chef-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La plume de Dini se distingue des autres. Avec Le Grand-mariage&nbsp;\u00bb, on d\u00e9couvre un po\u00e8te aux mille talents. Des phrases courtes, po\u00e9tiques, qui touchent profond\u00e9ment \u00bb, t\u00e9moigne Abdou Fid\u00e8le, lecteur incapable de retenir sa jubilation et son admiration devant cette \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, les pages de Nassur et de Djohar m\u2019ont tant nourri que je sens en moi circuler leur s\u00e8ve, comme si chacune de leurs \u0153uvres avait ajout\u00e9 une pierre \u00e0 ma propre construction litt\u00e9raire. Ainsi, la s\u00e8ve de leurs \u0153uvres donnera bient\u00f4t naissance \u00e0 mes \u00ab&nbsp;Matins insurg\u00e9s&nbsp;\u00bb, comme des branches g\u00e9n\u00e9reuses offrant leurs fruits m\u00fbrs aux paysans du monde entier, \u00e0 la saison juste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mirsoid Ibrahim<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cette tribune, le jeune Mirsoid Ibrahim dit ce qu\u2019il doit \u00e0 deux \u00e9crivains comoriens&nbsp;: Dini Nassur et Abdou Djohar, tous deux originaires de la ville de Simbusa \u00e0 Ngazidja, comme lui. Dans chaque g\u00e9n\u00e9ration surgissent des plumes dont la trace d\u00e9passe les pages qu\u2019elles noircissent. 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