{"id":12307,"date":"2025-09-15T10:07:38","date_gmt":"2025-09-15T07:07:38","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12307"},"modified":"2025-09-15T10:07:39","modified_gmt":"2025-09-15T07:07:39","slug":"plongee-au-coeur-de-lautomedication-aux-comores","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/sante\/plongee-au-coeur-de-lautomedication-aux-comores\/","title":{"rendered":"Plong\u00e9e au c\u0153ur de l\u2019autom\u00e9dication aux Comores"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Quand se soigner devient un acte de survie et un danger de sant\u00e9 publique.<\/em><\/strong><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Dr AHMED BACAR REZIDA Mohamed, M\u00e9decin, \u00c9conomiste de la Sant\u00e9 et \u00c9crivain<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ruelles anim\u00e9es de Moroni, de Mutsamudu et de Fomboni, derri\u00e8re les sourires chaleureux et l\u2019hospitalit\u00e9 l\u00e9gendaire des Comoriens, une r\u00e9alit\u00e9 bien plus pr\u00e9occupante se dessine pourtant dans les foyers. On se soigne \u00ab au feeling \u00bb, en piochant quelques comprim\u00e9s \u00e0 la pharmacie du coin, en avalant sans ordonnance de puissants antibiotiques, en s\u2019abreuvant de quelques bols de Margousier, de <em>Muqinini <\/em>ou en r\u00e9citant des pri\u00e8res prescrites par le gu\u00e9risseur.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux Comores, l\u2019autom\u00e9dication est devenue une pratique courante, banalis\u00e9e, mais aux cons\u00e9quences dramatiques sur la sant\u00e9 publique. Cette habitude, enracin\u00e9e dans l\u2019histoire, la culture et les conditions socio-\u00e9conomiques du pays, constitue une menace r\u00e9elle \u00e0 laquelle ni les autorit\u00e9s ni la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble ne peuvent continuer de tourner le dos.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>H\u00e9ritage culturel et poids de la tradition<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis des g\u00e9n\u00e9rations, la tradith\u00e9rapie&nbsp;occupe une place centrale dans la recherche de gu\u00e9rison chez le Comorien. Les anc\u00eatres connaissaient les vertus des plantes m\u00e9dicinales, utilis\u00e9es encore aujourd\u2019hui sous forme de d\u00e9coctions, d\u2019huiles et de poudres. Consulter un marabout ou un cheikh de mosqu\u00e9e pour obtenir pri\u00e8res, versets coraniques ou \u00e9lixirs reste fr\u00e9quent, en raison de la croyance persistante que les maladies peuvent provenir aussi du \u00ab mauvais \u0153il \u00bb, des djinns ou d\u2019un ch\u00e2timent divin. Cette logique de transmission orale, renforc\u00e9e par la dignit\u00e9 accord\u00e9e aux religieux, aux respects des a\u00efeux, continue d\u2019influencer la perception de la maladie et du traitement, parfois au d\u00e9triment de la m\u00e9decine moderne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une m\u00e9decine moderne arriv\u00e9e tardivement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9decine institutionnelle, introduite par la colonisation fran\u00e7aise, ne s\u2019est r\u00e9ellement structur\u00e9e qu\u2019au XXe si\u00e8cle. \u00ab&nbsp;<em>Les premiers h\u00f4pitaux comoriens \u00e0 proprement parler sortirent de terre vers la fin des ann\u00e9es 1940, avec l\u2019Autonomie interne administrative des Comores vis-\u00e0-vis de la M\u00e9tropole et de Madagascar<\/em>&nbsp;\u00bb, rapporte le Dr Mohamed Anssoufouddine, dans <em>EVASAN, du mot \u00e0 l\u2019institution<\/em>. 85 ans plus tard, le pays ne dispose toujours que d\u2019un r\u00e9seau sanitaire limit\u00e9. La Banque mondiale estimait, en 2021, que le ratio de m\u00e9decins pour 1 000 habitants aux Comores est de 0,3, bien en de\u00e7\u00e0 du seuil recommand\u00e9 par l\u2019OMS de 1 m\u00e9decin pour 1 000 habitants [BM, 2021]. Cette fragilit\u00e9 historique nourrit une d\u00e9fiance persistante vis-\u00e0-vis des m\u00e9decins, d\u2019autant plus que beaucoup de familles n\u2019ont pas les moyens de r\u00e9gler des consultations jug\u00e9es tr\u00e8s ch\u00e8res. La couverture maladie universelle (AMG), annonc\u00e9e d\u00e8s 2017, est toujours \u00e0 sa phase exp\u00e9rimentale et peine \u00e0 d\u00e9coller. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des d\u00e9penses de sant\u00e9 repose encore sur les m\u00e9nages, souvent contraints de renoncer aux soins ou de s\u2019endetter. Entre co\u00fbts prohibitifs et manque d\u2019infrastructures, une partie importante de la population continue d\u2019associer la m\u00e9decine moderne \u00e0 une pratique r\u00e9serv\u00e9e aux plus ais\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9carit\u00e9 et march\u00e9 parall\u00e8le du m\u00e9dicament<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le contexte socio-\u00e9conomique p\u00e8se lourdement dans le choix des populations de recourir \u00e0 l\u2019autom\u00e9dication et au march\u00e9 informel. Selon le PNUD, pr\u00e8s de 45&nbsp;% des Comoriens vivaient en dessous du seuil de pauvret\u00e9 en 2022 [PNUD, 2022]. En 2017, la Banque mondiale estimait \u00e0 15,4%, la proportion de la population comorienne pouss\u00e9e au seuil de la pauvret\u00e9 de 2.15$ par les d\u00e9penses de sant\u00e9 \u00e0 la charge des patients. Le ch\u00f4mage massif et l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des salaires emp\u00eachent de nombreux foyers d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des m\u00e9dicaments co\u00fbteux. Ce vide profite aux march\u00e9s parall\u00e8les qui fleurissent un peu partout dans l\u2019archipel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les rues comme dans certaines \u00e9choppes, il est facile de se procurer des antibiotiques, des anti-inflammatoires ou des antalgiques sans ordonnance. Souvent, ces produits sont p\u00e9rim\u00e9s, contrefaits ou mal conserv\u00e9s. Mais ce fl\u00e9au n\u2019est pas le propre des Comores. Il est enracin\u00e9 dans bien des pays africains. Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2020 \u00e0 la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo (RDC) la pr\u00e9valence r\u00e9elle de l\u2019autom\u00e9dication dans la population urbaine et rurale d\u00e9passerait 60%, parfois 99% chez certaines cat\u00e9gories, comme les \u00e9tudiants. Par ailleurs un m\u00e9dicament sur dix en circulation en Afrique de l\u2019Est est falsifi\u00e9 ou de qualit\u00e9 insuffisante, r\u00e9v\u00e8le l\u2019Organisation mondiale de la Sant\u00e9. Cette derni\u00e8re alerte r\u00e9guli\u00e8rement sur les risques li\u00e9s aux m\u00e9dicaments de mauvaise qualit\u00e9, qui repr\u00e9senteraient jusqu\u2019\u00e0 10 % des m\u00e9dicaments en circulation dans les pays africains&nbsp;[OMS, 2020].<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un pays chaud comme les Comores, o\u00f9 les coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 sont quasi quotidiennes, compromettant la cha\u00eene du froid n\u00e9cessaire pour certains produits, comme l\u2019insuline pour les diab\u00e9tiques, les vaccins, les collyres ou encore certains antibiotiques injectables\u2026 on peut ais\u00e9ment d\u00e9duire des d\u00e9g\u00e2ts sur l\u2019efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique de ces m\u00e9dicaments, si tenter qu\u2019une cat\u00e9gorie de la population a pu se les procurer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Transmission communautaire et \u00ab bouche-\u00e0-oreille \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La circulation informelle de savoirs et d\u2019exp\u00e9riences au sein des communaut\u00e9s et des familles est un autre facteur qui amplifie l\u2019autom\u00e9dication. Nombreux sont ceux qui pensent qu\u2019un rem\u00e8de efficace pour une personne pourra en gu\u00e9rir une autre. Ils consid\u00e8rent qu\u2019un m\u00e9dicament ou une plante ayant gu\u00e9ri une personne pour une pathologie sp\u00e9cifique peut soigner une autre pr\u00e9sentant une symptomatologie similaire. Cette logique du \u00ab <em>\u00e7a a march\u00e9 pour moi<\/em> \u00bb ignore les diagnostics pr\u00e9cis m\u00e9dicaux, le respect strict des normes de dosage, les ant\u00e9c\u00e9dents et l\u2019histoire de vie du patient et les risques d\u2019interactions, ouvrant la voie \u00e0 l\u2019inefficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique, aux complications parfois irr\u00e9versibles voir l\u00e9tales.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cons\u00e9quences m\u00e9dicales alarmantes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9percussions sur la sant\u00e9 publique sont nombreuses et vari\u00e9es. Elles peuvent toutes conduire \u00e0 des cons\u00e9quences sanitaires d\u00e9sastreuses. D\u2019abord, les r\u00e9sistances aux antibiotiques&nbsp;: l\u2019OMS consid\u00e8re la r\u00e9sistance antimicrobienne comme l\u2019une des 10 principales menaces mondiales pour la sant\u00e9. Aux Comores, la vente libre d\u2019antibiotiques favorise leur mauvais usage et acc\u00e9l\u00e8re l\u2019\u00e9mergence certaine, de bact\u00e9ries r\u00e9sistantes. Suivent les interactions m\u00e9dicamenteuses et effets synergiques dangereux&nbsp;: m\u00e9langer d\u00e9coctions traditionnelles (infusion de <em>gymn\u00e9ma sylvestris<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;la miraculeuse&nbsp;\u00bb au <em>Muvung\u00e9<\/em>) et m\u00e9dicaments de rue m\u00eame prescrits (d\u2019antidiab\u00e9tique) peut entra\u00eener des effets toxiques graves, voire mortels. En privil\u00e9giant les plantes, les conseils de non professionnels de Sant\u00e9 ou les pri\u00e8res, beaucoup de patients retardent ainsi leur diagnostic. Ne consultant que quand la maladie est d\u00e9j\u00e0 avanc\u00e9e, ils r\u00e9duisent consid\u00e9rablement leurs chances de gu\u00e9rison, dans un pays o\u00f9 le syst\u00e8me de sant\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 bien fragile et peu \u00e9quip\u00e9 pour prendre en charge les cas graves.<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines estimations de l\u2019OMS indiquent que l\u2019autom\u00e9dication mal encadr\u00e9e contribue \u00e0 plusieurs milliers de d\u00e9c\u00e8s \u00e9vitables par an en Afrique de l\u2019Est et australe [OMS, 2021]. Dans un pays comme les Comores, dont l\u2019esp\u00e9rance de vie \u00e0 la naissance ne d\u00e9passe pas 66 ans pour les hommes et 78 ans pour les femmes (OMS 2023), l\u2019autom\u00e9dication mal contr\u00f4l\u00e9e pourrait encore aggraver une surmortalit\u00e9 \u00e9vitable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019urgence d\u2019une politique nationale de pr\u00e9vention coh\u00e9rente et intransigeante<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce constat, la faible politique nationale sur la pr\u00e9vention des dangers de l\u2019autom\u00e9dication est une carence incompr\u00e9hensible et inqui\u00e9tante. Peu de campagnes sensibilisent la population sur l\u2019usage rationnel du m\u00e9dicament ou sur les risques encourus des circuits parall\u00e8les. Le syst\u00e8me de r\u00e9gulation pharmaceutique reste dans son statu quo, quasi inexistant. Et ce, malgr\u00e9 la cr\u00e9ation r\u00e9cente de l\u2019Agence nationale du m\u00e9dicament et des \u00e9vacuations sanitaires (ANAME V) cens\u00e9e r\u00e9guler le march\u00e9 et garantir la tra\u00e7abilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ruptures de stock fr\u00e9quentes de m\u00e9dicaments m\u00eames essentiels (de simples antalgiques, comme le parac\u00e9tamol, au pr\u00e9cieux et adul\u00e9 antibiotique qu\u2019est amoxicilline\u2026), quant \u00e0 elles, sont un maillon incitant le recours de la population \u00e0 s\u2019autom\u00e9diquer avec \u00ab&nbsp;les moyens du bord&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette situation n\u2019est pas une fatalit\u00e9. Il existe quelques pistes explorables et \u00e0 la port\u00e9e de nos autorit\u00e9s si la volont\u00e9 y est&nbsp;: renforcer la r\u00e9gulation de l\u2019importation, de la vente et la surveillance stricte de m\u00e9dicaments, subventionner les mol\u00e9cules essentielles pour en garantir l\u2019acc\u00e8s et leur disponibilit\u00e9 en qualit\u00e9 et en quantit\u00e9 suffisante, valoriser et formaliser les savoirs traditionnels dans un cadre scientifique afin de distinguer leur potentiel th\u00e9rapeutique , leurs indications, les doses efficaces et leurs dangers, lancer des campagnes nationales r\u00e9guli\u00e8res d\u2019information pour limiter les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019autom\u00e9dication, concr\u00e9tiser la mise en place de la couverture sant\u00e9 universelle en phase test, dont la convention vient \u00eatre sign\u00e9e en juin dernier par les autorit\u00e9s sanitaires et la F\u00e9d\u00e9ration nationale des mutuelles de sant\u00e9 des Comores (Fenamusac), d\u00e9sign\u00e9e comme structure pilote, entre autres afin de r\u00e9duire, minimiser voir \u00e9radiquer cette pratique dangereuse d\u2019autom\u00e9dication dans le pays.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autom\u00e9dication aux Comores n\u2019est pas simplement le fruit d\u2019un choix individuel, elle est le reflet d\u2019une histoire, d\u2019une culture, d\u2019une foi profonde dans les pratiques ancestrales, d\u2019un contexte socio-\u00e9conomique d\u00e9favorable, d\u2019in\u00e9galit\u00e9s \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux soins et d\u2019un syst\u00e8me de sant\u00e9 encore \u00e0 renforcer. Tant que les in\u00e9galit\u00e9s persisteront, que les structures resteront pr\u00e9caires, et que les march\u00e9s parall\u00e8les prolif\u00e9reront, les Comoriens continueront de se soigner seuls, au risque de leur vie. Si elle peut parfois apporter un soulagement imm\u00e9diat, elle constitue une r\u00e9elle menace de Sant\u00e9 publique, une bombe \u00e0 retardement que ni l\u2019\u00c9tat, ni les autorit\u00e9s sanitaires, ni la population ne peuvent se permettre d\u2019ignorer.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand se soigner devient un acte de survie et un danger de sant\u00e9 publique. Par Dr AHMED BACAR REZIDA Mohamed, M\u00e9decin, \u00c9conomiste de la Sant\u00e9 et \u00c9crivain Dans les ruelles anim\u00e9es de Moroni, de Mutsamudu et de Fomboni, derri\u00e8re les sourires chaleureux et l\u2019hospitalit\u00e9 l\u00e9gendaire des Comoriens, une r\u00e9alit\u00e9 bien plus pr\u00e9occupante se dessine pourtant [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":12290,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[57],"tags":[532,97],"class_list":["post-12307","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sante","tag-edition-549","tag-trending"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12307","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=12307"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12307\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12308,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12307\/revisions\/12308"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/12290"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=12307"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=12307"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=12307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}