{"id":12282,"date":"2025-09-08T11:08:44","date_gmt":"2025-09-08T08:08:44","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12282"},"modified":"2025-09-08T11:08:45","modified_gmt":"2025-09-08T08:08:45","slug":"eboulement-meurtrier-a-dindrihari","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/eboulement-meurtrier-a-dindrihari\/","title":{"rendered":"\u00c9boulement meurtrier \u00e0 Dindrihari"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>L\u2019\u00e9boulement qui a eu lieu le 31 ao\u00fbt dernier \u00e0 Dindrihari, au sud de Mutsamudu (Anjouan) a fait deux morts et a laiss\u00e9 une communaut\u00e9 sous le choc.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Riyad Mubarak<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un nouveau drame est venu endeuiller la ville de Mutsamudu. Dimanche 31 ao\u00fbt 2025, en fin de matin\u00e9e, un \u00e9boulement s\u2019est produit dans le quartier de Dindrihari, un secteur populaire situ\u00e9 sur les hauteurs de la capitale anjouanaise.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bilan est lourd, puisque deux hommes ont perdu la vie, ensevelis sous des tonnes de terre alors qu\u2019ils travaillaient \u00e0 ciel ouvert dans une carri\u00e8re artisanale pour extraire de la pouzzolane.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un dimanche tragique \u00e0 Dindrihari<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait environ 11 heures lorsque cinq personnes, habitants de la r\u00e9gion, se sont rendues sur un site informel d\u2019extraction afin de pr\u00e9lever de la pouzzolane, une roche volcanique poreuse utilis\u00e9e depuis longtemps \u00e0 Anjouan dans le b\u00e2timent.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ces personnes se trouvaient Maoulida, 32 ans, originaire du Nyumakele et un autre homme, Andhum, 25 ans, p\u00e8re de famille, natif d\u2019Ouzini \u00e0 Anjouan. Tous deux ne rentreront jamais chez eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe s\u2019\u00e9tait install\u00e9 dans une fosse \u00e0 ciel ouvert, comme c\u2019est le cas pour de nombreux habitants qui vivent de ce travail p\u00e9nible, mais indispensable \u00e0 leur survie. L\u2019activit\u00e9, bien que risqu\u00e9e, est souvent la seule source de revenus pour de nombreuses familles enti\u00e8res de cette ile o\u00f9 la pauvret\u00e9 dicte les choix du quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, sans signe avant-coureur, une masse de terre instable s\u2019est d\u00e9tach\u00e9e et a englouti les cinq travailleurs. Les cris des survivants ont alert\u00e9 les riverains qui se sont pr\u00e9cipit\u00e9s pour tenter de porter secours. Trois personnes ont pu \u00eatre d\u00e9gag\u00e9es rapidement, indemnes, mais choqu\u00e9es. Pour Maoulida et son compagnon d\u2019infortune, le sort fut tout autre : ils rest\u00e8rent pi\u00e9g\u00e9s plusieurs heures sous les d\u00e9combres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants, arm\u00e9s de simples pelles et de leurs mains nues, ont multipli\u00e9 les efforts pour d\u00e9gager les victimes. Mais face \u00e0 l\u2019ampleur de la t\u00e2che, il a fallu attendre l\u2019arriv\u00e9e de la s\u00e9curit\u00e9 civile qui a mobilis\u00e9 une pelleteuse. Malgr\u00e9 les renforts, l\u2019op\u00e9ration de sauvetage a dur\u00e9 pr\u00e8s de neuf heures. Ce n\u2019est qu\u2019aux alentours de 21 heures que les deux corps sans vie ont \u00e9t\u00e9 extraits et transport\u00e9s par les pompiers \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de r\u00e9f\u00e9rence de Hombo.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une pauvret\u00e9 qui tue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pouzzolane, abondante sur l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan, est tr\u00e8s pris\u00e9e par les habitants. Elle constitue une alternative bon march\u00e9 au sable concass\u00e9, de plus en plus rare et on\u00e9reux. Sa facilit\u00e9 d\u2019extraction attire de nombreux habitants, notamment ceux des quartiers d\u00e9favoris\u00e9s, qui voient dans cette activit\u00e9 un moyen de gagner leur vie. Ils peuvent gagner entre 10000 \u00e0 15000 FC (20 \u00e0 30\u20ac) par jour s\u2019ils vendent un camion de pouzzolane destin\u00e9e \u00e0 la construction.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, les sites d\u2019extraction artisanale sont le th\u00e9\u00e2tre r\u00e9gulier d\u2019accidents parfois mortels. Faute de r\u00e9glementation stricte et de mesures de s\u00e9curit\u00e9 adapt\u00e9es, hommes, femmes et m\u00eame enfants s\u2019y exposent quotidiennement. Les carri\u00e8res improvis\u00e9es ne respectent aucune norme : elles sont creus\u00e9es \u00e0 la main, sans \u00e9tayage ni signalisation, sur des terrains instables o\u00f9 le moindre glissement de terrain peut s\u2019av\u00e9rer fatal.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accident de Dindrihari ravive le d\u00e9bat sur les conditions de vie pr\u00e9caires dans lesquelles \u00e9volue une grande partie de la population anjouanaise. Les habitants d\u00e9noncent l\u2019absence de solutions alternatives et de soutien des autorit\u00e9s. Beaucoup affirment que s\u2019ils continuent \u00e0 risquer leurs vies dans ces carri\u00e8res, c\u2019est avant tout par n\u00e9cessit\u00e9, pour pouvoir survivre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nous savons que c\u2019est dangereux, mais nous n\u2019avons pas d\u2019autre choix \u00bb, confie le d\u00e9nomm\u00e9 Lat\u00e9t\u00e9, un des trois rescap\u00e9s de l\u2019accident. Une dame \u00e0 c\u00f4t\u00e9 rench\u00e9rit&nbsp;: \u00ab Le sable vendu par les concasseurs est trop cher, et il n\u2019y a pas de travail. La pouzzolane est gratuite, alors nous venons ici malgr\u00e9 le danger. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est la troisi\u00e8me fois qu\u2019une telle trag\u00e9die se produit dans cette zone si ma m\u00e9moire est bonne&nbsp;\u00bb, nous affirme le maire de la capitale, <strong>Amri Elarisse Mohamed<\/strong><strong>,<\/strong> qui \u00e9tait sur les lieux pour assister aux op\u00e9rations de secours.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les limites de la production industrielle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Selon plusieurs t\u00e9moignages, de nombreux accidents se sont d\u00e9j\u00e0 produits dans la r\u00e9gion ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Certains ont co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 de jeunes p\u00e8res et m\u00e8re de famille, laissant derri\u00e8re eux des veuves, des c\u00e9libataires et des orphelins. Pourtant, aucune mesure radicale n\u2019a \u00e9t\u00e9 prise pour s\u00e9curiser ces zones d\u2019extraction ni pour proposer des alternatives \u00e9conomiques aux habitants.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rares concasseurs encore en activit\u00e9 \u00e0 Anjouan ne suffisent pas \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la forte demande en mat\u00e9riaux de construction. Leur capacit\u00e9 de production reste limit\u00e9e et les co\u00fbts de vente du sable d\u00e9couragent les m\u00e9nages \u00e0 faibles revenus. R\u00e9sultat, la majorit\u00e9 des habitants se tournent vers la pouzzolane ou le sable de mer malgr\u00e9 les risques bien connus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce paradoxe illustre le dilemme dans lequel se trouve l\u2019\u00eele. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la n\u00e9cessit\u00e9 de construire et de d\u00e9velopper les infrastructures, de l\u2019autre, la pauvret\u00e9 qui pousse les populations \u00e0 adopter des pratiques dangereuses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un drame de plus, et apr\u00e8s ?<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/09\/Latete-1024x576.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12285\" style=\"width:561px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/09\/Latete-1024x576.jpeg 1024w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/09\/Latete-300x169.jpeg 300w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/09\/Latete-768x432.jpeg 768w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/09\/Latete-600x337.jpeg 600w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/09\/Latete-750x422.jpeg 750w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2025\/09\/Latete.jpeg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le double d\u00e9c\u00e8s de Dindrihari s\u2019ajoute \u00e0 une longue liste d\u2019accidents similaires survenus ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Chaque fois, l\u2019\u00e9motion est vive, les promesses de r\u00e9agir fusent, mais la situation reste inchang\u00e9e. Les familles des victimes, elles, continuent de pleurer leurs morts dans le silence et l\u2019indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouvel \u00e9boulement rappelle l\u2019urgence de repenser l\u2019exploitation des mat\u00e9riaux de construction sur l\u2019\u00eele. Les autorit\u00e9s locales et nationales sont interpell\u00e9es pour trouver un \u00e9quilibre entre la demande croissante et la s\u00e9curit\u00e9 des citoyens. Car derri\u00e8re chaque colline de pouzzolane se cache un danger mortel, et derri\u00e8re chaque victime, une famille qui sombre un peu plus dans la mis\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, les habitants de Dindrihari s\u2019organisent pour soutenir les familles endeuill\u00e9es. Mais tous redoutent qu\u2019un autre drame ne survienne bient\u00f4t. Car, tant que les conditions de travail resteront les m\u00eames, la terre continuera de s\u2019effondrer sur les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pelles, barres \u00e0 mine et seaux sont d\u00e9j\u00e0 de retour, quatre jours apr\u00e8s le drame, pour creuser en esp\u00e9rant quelques milliers de francs pour subvenir aux besoins des familles.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9boulement qui a eu lieu le 31 ao\u00fbt dernier \u00e0 Dindrihari, au sud de Mutsamudu (Anjouan) a fait deux morts et a laiss\u00e9 une communaut\u00e9 sous le choc. Par Riyad Mubarak Un nouveau drame est venu endeuiller la ville de Mutsamudu. Dimanche 31 ao\u00fbt 2025, en fin de matin\u00e9e, un \u00e9boulement s\u2019est produit dans le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":12284,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[530,97],"class_list":["post-12282","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe","tag-edition-548","tag-trending"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12282","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=12282"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12282\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12287,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12282\/revisions\/12287"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/12284"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=12282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=12282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=12282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}