{"id":12259,"date":"2025-09-01T06:07:46","date_gmt":"2025-09-01T03:07:46","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12259"},"modified":"2025-09-01T06:07:47","modified_gmt":"2025-09-01T03:07:47","slug":"la-greve-universitaire-une-rentree-compromise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/education\/la-greve-universitaire-une-rentree-compromise\/","title":{"rendered":"La gr\u00e8ve universitaire. Une rentr\u00e9e compromise"},"content":{"rendered":"\n<p><em>L\u2019Universit\u00e9 des Comores est paralys\u00e9e par une gr\u00e8ve des enseignants qui dure depuis deux mois. Les enseignants refusent de d\u00e9lib\u00e9rer les r\u00e9sultats et de faire passer les sessions de rattrapage, plongeant les \u00e9tudiants et leurs familles dans l\u2019incertitude. Cette situation est particuli\u00e8rement pr\u00e9occupante \u00e0 l\u2019approche de la rentr\u00e9e universitaire 2025-2026, qui s\u2019annonce compromise.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Naenmati Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La crise qui secoue l\u2019Universit\u00e9 des Comores s\u2019est install\u00e9e depuis la fin de l\u2019ann\u00e9e acad\u00e9mique. Apr\u00e8s avoir supervis\u00e9 les examens de fin d\u2019ann\u00e9e, les enseignants ont refus\u00e9 d\u2019organiser les d\u00e9lib\u00e9rations et les sessions de rattrapage. La cons\u00e9quence a \u00e9t\u00e9 que l\u2019ann\u00e9e s\u2019est achev\u00e9e sans que les \u00e9tudiants puissent valider leurs acquis.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019universit\u00e9, priv\u00e9e de cours en raison de la gr\u00e8ve, ressemble \u00e0 une institution en vacances. Les \u00e9tudiants sont laiss\u00e9s dans le flou, sans savoir si leur ann\u00e9e sera valid\u00e9e ou non.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un gouvernement sourd aux revendications<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les revendications des enseignants concernent notamment les salaires impay\u00e9s, l\u2019am\u00e9lioration des conditions de travail et la reconnaissance de leur statut. Le Syndicat national des enseignants de l\u2019Universit\u00e9 des Comores (SNEUC) a pris la t\u00eate du mouvement et refuse de c\u00e9der tant que ses revendications ne seront pas satisfaites.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la gravit\u00e9 de la situation, le gouvernement semble d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ignorer les revendications des enseignants. Au lieu d\u2019ouvrir un dialogue, les autorit\u00e9s ont lanc\u00e9 les pr\u00e9-inscriptions pour la nouvelle ann\u00e9e, comme si de rien n\u2019\u00e9tait.<\/p>\n\n\n\n<p>La grogne s\u2019est accentu\u00e9e avec la mise en place d\u2019une mesure particuli\u00e8rement impopulaire : la hausse brutale des frais de pr\u00e9-inscription. Alors qu\u2019il suffisait de 5 000 francs il y a quelques ann\u00e9es, le tarif \u00e9tait pass\u00e9 \u00e0 10 000 francs, avant d\u2019atteindre cette ann\u00e9e 25 000 francs.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mesure a suscit\u00e9 une vive r\u00e9action parmi les \u00e9tudiants et leurs familles, qui estiment que les frais sont d\u00e9j\u00e0 trop \u00e9lev\u00e9s. Les \u00e9tudiants issus de familles modestes sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s par cette mesure, qui risque de les emp\u00eacher de poursuivre leurs \u00e9tudes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Patsy, un campus fig\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Anjouan, le centre universitaire de Patsy refl\u00e8te cette impasse. Depuis le 25 ao\u00fbt, date de lancement des pr\u00e9-inscriptions, le calme domine. L\u2019\u00e9tablissement est silencieux, les couloirs sont vides.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon des sources qui ont souhait\u00e9 garder l\u2019anonymat, les inscriptions sont presque inexistantes. \u00ab Depuis l\u2019ouverture, seules deux personnes se sont pr\u00e9sent\u00e9es. Deux fr\u00e8res venus de Pomoni, accompagn\u00e9s de leur p\u00e8re. Ils ignoraient que le tarif \u00e9tait pass\u00e9 \u00e0 25 000 francs \u00bb, raconte un employ\u00e9. Mais l\u2019augmentation des frais les a emp\u00each\u00e9s de s\u2019inscrire : le p\u00e8re avait pr\u00e9vu de payer 20 000 francs pour ses deux enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le personnel administratif de Patsy est r\u00e9duit \u00e0 l\u2019inaction, attendant une solution qui tarde \u00e0 venir. \u00ab Nous faisons ce qui doit \u00eatre fait en attendant une issue \u00bb, explique l\u2019un d\u2019eux. Les employ\u00e9s tentent de maintenir un semblant d\u2019activit\u00e9, mais la situation est particuli\u00e8rement difficile.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Patsy comme ailleurs, rares sont ceux qui acceptent de parler ouvertement de la gr\u00e8ve. Le climat de peur est palpable. La plupart des employ\u00e9s rencontr\u00e9s exigent l\u2019anonymat. \u00ab Personne n\u2019ose se prononcer. On a peur d\u2019\u00eatre sanctionn\u00e9, voire renvoy\u00e9 \u00bb, glisse l\u2019un d\u2019eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette peur est compr\u00e9hensible. Dans un pays o\u00f9 le dialogue social est fragile, toute prise de position contre les autorit\u00e9s peut entra\u00eener des r\u00e9percussions. Le silence des acteurs de l\u2019universit\u00e9 traduit autant la crainte que le d\u00e9sarroi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019avenir incertain des \u00e9tudiants<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur de cette crise, ce sont les \u00e9tudiants qui payent le prix fort. Ceux qui esp\u00e9raient valider leurs examens restent dans l\u2019attente. Les nouveaux bacheliers, eux, voient leur avenir compromis.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains envisagent d\u2019aller \u00e9tudier \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, mais cette option ne concerne qu\u2019une minorit\u00e9 issue de familles qui ont les possibilit\u00e9s. La majorit\u00e9 des \u00e9tudiants est condamn\u00e9e \u00e0 attendre, sans savoir s\u2019ils pourront \u00e9tudier cette ann\u00e9e ou non.<\/p>\n\n\n\n<p>Le blocage de l\u2019Universit\u00e9 des Comores d\u00e9passe la simple question acad\u00e9mique. Unique \u00e9tablissement public d\u2019enseignement sup\u00e9rieur du pays, elle accueille chaque ann\u00e9e des milliers de jeunes. Sa paralysie fragilise donc l\u2019ensemble du syst\u00e8me \u00e9ducatif comorien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les risques sont multiples : d\u00e9motivation g\u00e9n\u00e9rale des \u00e9tudiants, perte de confiance dans les institutions et aggravation du ph\u00e9nom\u00e8ne de fuite des cerveaux. D\u00e9j\u00e0, de nombreux dipl\u00f4m\u00e9s quittent le pays pour tenter leur chance \u00e0 Mayotte, parfois au p\u00e9ril de leur vie, faute de perspectives locales.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette crise universitaire pourrait accentuer encore cet exode. Les cons\u00e9quences seraient alors d\u00e9sastreuses pour le pays, perdant ses meilleurs \u00e9l\u00e9ments. Comme toujours, ce sont l\u2019\u00e9conomie et le d\u00e9veloppement qui seraient compromis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une rentr\u00e9e incertaine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019instant, aucune issue ne semble en vue. Les enseignants campent sur leurs positions, le gouvernement persiste dans son silence et les \u00e9tudiants attendent, impuissants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dialogue, pourtant indispensable, n\u2019est toujours pas ouvert. Le SNEUC maintient la pression, r\u00e9clamant toujours les salaires impay\u00e9s et la reconnaissance de leurs revendications. Seul l\u2019\u00c9tat peut r\u00e9ellement jouer le r\u00f4le de m\u00e9diateur et trouver une solution \u00e0 cette crise.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le temps presse. Chaque jour qui passe \u00e9loigne un peu plus la perspective d\u2019une rentr\u00e9e normale et accro\u00eet l\u2019angoisse des familles.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 quelques jours de la rentr\u00e9e, la question demeure : y aura-t-il une ann\u00e9e universitaire 2025-2026 ? Pour l\u2019heure, rien ne permet de l\u2019affirmer. Les pr\u00e9-inscriptions ressemblent davantage \u00e0 un geste symbolique qu\u2019\u00e0 une pr\u00e9paration r\u00e9elle de la rentr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Tant que les revendications des enseignants ne sont pas prises en compte et qu\u2019aucun compromis n\u2019est trouv\u00e9, la rentr\u00e9e universitaire semble compromise. Pour des milliers de jeunes, l\u2019ombre d\u2019une ann\u00e9e blanche se profile, avec des cons\u00e9quences sociales profondes.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation est d\u2019autant plus pr\u00e9occupante que les \u00e9tudiants comoriens sont d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s \u00e0 de nombreux d\u00e9fis : pauvret\u00e9, manque d\u2019infrastructures, difficult\u00e9s de toutes sortes. La crise universitaire actuelle risque de les plonger encore davantage dans l\u2019incertitude et la pr\u00e9carit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des chiffres et des revendications, c\u2019est l\u2019avenir d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui est en jeu. Une ann\u00e9e blanche serait un d\u00e9sastre, non seulement pour les \u00e9tudiants, mais aussi pour le pays. Elle entra\u00eenerait un retard consid\u00e9rable et affaiblirait encore la confiance d\u00e9j\u00e0 fragile de la jeunesse envers les institutions.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc urgent que les autorit\u00e9s prennent des mesures pour r\u00e9soudre cette crise et garantir l\u2019avenir des \u00e9tudiants comoriens. La balle est dans leur camp. Les \u00e9tudiants, les enseignants et les parents attendent avec impatience une solution qui permettra de sauver l\u2019ann\u00e9e universitaire et d\u2019assurer la place de la jeunesse dans le d\u00e9veloppement du pays.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Universit\u00e9 des Comores est paralys\u00e9e par une gr\u00e8ve des enseignants qui dure depuis deux mois. Les enseignants refusent de d\u00e9lib\u00e9rer les r\u00e9sultats et de faire passer les sessions de rattrapage, plongeant les \u00e9tudiants et leurs familles dans l\u2019incertitude. 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