{"id":12251,"date":"2025-09-01T05:58:23","date_gmt":"2025-09-01T02:58:23","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12251"},"modified":"2025-09-01T05:58:25","modified_gmt":"2025-09-01T02:58:25","slug":"dr-issa-salim-la-constitution-a-ete-bafouee-la-justice-instrumentalisee-les-opposants-reprimes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/dr-issa-salim-la-constitution-a-ete-bafouee-la-justice-instrumentalisee-les-opposants-reprimes\/","title":{"rendered":"Dr Issa Salim\u00a0: \u00ab\u00a0La Constitution a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9e, la justice instrumentalis\u00e9e, les opposants r\u00e9prim\u00e9s\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Le chef de l\u2019\u00c9tat, Azali Assoumani, a agit\u00e9&nbsp;r\u00e9cemment l\u2019id\u00e9e d\u2019une r\u00e9conciliation politique.<\/em><em> Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois. Il l\u2019a fait \u00e0 chaque fois qu\u2019il voulait la participation de l\u2019opposition aux \u00e9lections, et m\u00eame en 2018 avant les Assises qui allaient aboutit \u00e0 une modification profonde de la Constitution. L\u2019ex-candidat du parti Juwa aux pr\u00e9sidentielles de 2024, Dr Issa Salim, semble avoir int\u00e9gr\u00e9 l\u2019id\u00e9e et fait ici des propositions dans ce sens.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Propos recueillis par Hachim Mohamed<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa \u2013 Pendant<\/strong><strong> la journ\u00e9e de r\u00e9flexion organis\u00e9e \u00e0 Dar-Nadjah, le 19 juillet, le chef de l\u2019\u00c9tat a \u00e9voqu\u00e9 la r\u00e9paration des erreurs de gouvernance et propos\u00e9 un bilan de l\u2019Accord de Fomboni de 2001. Quelle lecture faites-vous de cette affirmation ?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim &#8211;<\/strong> Il ne s\u2019agit l\u00e0 que de politique politicienne. S\u2019il \u00e9tait r\u00e9ellement question de r\u00e9parer les erreurs de gestion, il faudrait les lier non pas aux Accords de Fomboni, mais bien \u00e0 la mauvaise gouvernance chronique dont ce r\u00e9gime s\u2019est rendu coupable. Faire le bilan des accords de Fomboni \u00e9tait, en r\u00e9alit\u00e9, le leitmotiv de ses assises qualifi\u00e9es de \u00ab nationales \u00bb, mais qui ne l\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 dans les faits. Tout le monde conna\u00eet la suite : aucune conclusion de ces assises n\u2019a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e, hormis la r\u00e9vision constitutionnelle men\u00e9e en violation flagrante de la loi (suppression de la Cour constitutionnelle, r\u00e9f\u00e9rendum boud\u00e9 par les Comoriens, \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives de 2019, 2020, 2024 et 2025 organis\u00e9es dans des conditions in\u00e9dites et contest\u00e9es). Les r\u00e9sultats, nous les vivons aujourd\u2019hui : absence de vision, blocage du d\u00e9veloppement, discours changeants de l\u2019\u00c9mergence au Renouveau, mais jamais de v\u00e9ritables perspectives pour le pays. En moins de sept ans, Azali veut remettre en cause ce qu\u2019il a lui-m\u00eame impos\u00e9 pour s\u2019accrocher au pouvoir ? La logique voudrait plut\u00f4t qu\u2019il s\u2019efface.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; <\/strong><strong>Croyez-vous au discours du pardon et de la repentance dans le processus de r\u00e9conciliation de la part du pr\u00e9sident ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim-<\/strong> Je n\u2019ai pas entendu Azali prononcer un v\u00e9ritable discours de pardon ou de repentance. Mais, m\u00eame s\u2019il le faisait, il faut distinguer les paroles des actes. Malheureusement, son habitude est de ne jamais traduire ses d\u00e9clarations en r\u00e9alit\u00e9. Ses promesses sont comme les nuages qui ne passent sans jamais donner de pluie. Le pardon ne peut exister que si l\u2019on cesse d\u2019abord de nuire. Or, ce r\u00e9gime continue de pers\u00e9cuter, d\u2019emprisonner et de diviser. Comment parler de r\u00e9conciliation dans un tel contexte ? En revanche, lorsque les auteurs de violations reconnaissent sinc\u00e8rement leurs torts, expriment des remords et demandent pardon, alors oui, il devient possible d\u2019accorder le pardon. Mais encore faut-il commencer par des actes concrets.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; <\/strong><strong>Parmi les options possibles de r\u00e9conciliation, laquelle privil\u00e9giez-vous ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim \u2013<\/strong> \u00c0 mon sens, les options ne s\u2019excluent pas, mais peuvent se compl\u00e9ter. La m\u00e9diation et le dialogue entre les parties prenantes peuvent faciliter la compr\u00e9hension mutuelle et la recherche de solutions. Premi\u00e8rement, la m\u00e9diation implique les principaux acteurs qui ont dirig\u00e9 le pays. J\u2019ai fait allusion aux trois pr\u00e9sidents qui sont encore vivants, \u00e0 savoir Azali Assoumani, Mohamed Abdallah Sambi et Ikililou Dhoinine. Ces trois personnalit\u00e9s doivent reconnaitre leurs erreurs en se regardant dans la glace et fumer le calumet de la paix ensemble. Cette option est suivie d\u2019une Commission V\u00e9rit\u00e9 et R\u00e9conciliation. L\u2019essentiel, c\u2019est la sinc\u00e9rit\u00e9. S\u2019il y a une volont\u00e9 r\u00e9elle de tourner la page, peu importe la formule choisie, l\u2019important est de se dire les choses en face et de repartir sur des bases solides.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; <\/strong><strong>Quelles autres \u00e9tapes vous semblent n\u00e9cessaires une fois les torts reconnus et condamn\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim \u2013 <\/strong>Une fois les faits reconnus, condamn\u00e9s et des mesures prises pour \u00e9viter leur r\u00e9p\u00e9tition, il ne reste plus qu\u2019\u00e0 garantir l\u2019efficacit\u00e9 de ces engagements. L\u2019\u00e9tape capitale consiste \u00e0 mettre en place des m\u00e9canismes de pr\u00e9vention solides afin que les m\u00eames erreurs ne se reproduisent pas. La strat\u00e9gie doit \u00eatre claire : reconnaissance, condamnation, pr\u00e9vention.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; <\/strong><strong>Quelle forme peut prendre cette reconnaissance ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim \u2013<\/strong> Au-del\u00e0 des mots, il faut des gestes publics. Les d\u00e9clarations officielles devant les victimes et la nation sont importantes, mais elles doivent \u00eatre accompagn\u00e9es de programmes \u00e9ducatifs avec ou sans comm\u00e9morations suivant le cas. C\u2019est vrai qu\u2019il y a des questions beaucoup plus importantes et urgentes \u00e0 r\u00e9gler pour consolider notre d\u00e9mocratie, comme sensibiliser les g\u00e9n\u00e9rations futures aux cons\u00e9quences des divisions et des conflits. En tout \u00e9tat de cause, voil\u00e0 une approche qui vise \u00e0 consolider et compl\u00e9ter les acquis politiquement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; <\/strong><strong>Quelle est la position de votre parti Juwa dans ce processus ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim &#8211;<\/strong> Je ne suis pas mandat\u00e9 pour parler officiellement au nom du parti, mais ce que je peux affirmer, c\u2019est que Juwa a toujours soutenu les initiatives allant dans le sens de la paix, de la coh\u00e9sion et du d\u00e9veloppement. Le parti est pr\u00eat \u00e0 participer \u00e0 toute d\u00e9marche sinc\u00e8re qui vise \u00e0 la gu\u00e9rison collective. Nous croyons fermement que le d\u00e9veloppement des Comores ne peut advenir que dans la stabilit\u00e9, avec une volont\u00e9 politique r\u00e9elle et une bonne foi partag\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; <\/strong><strong>Cette question a-t-elle \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e au sein de l\u2019opposition unie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim \u2013<\/strong> Vous voulez dire dans nos changes internes. Cette affaire de r\u00e9conciliation n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 express\u00e9ment abord\u00e9e, ce n\u2019est pas encore le cas, mais&nbsp; c\u2019est une question centrale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Masiwa &#8211; <\/strong><strong>Comment liez-vous r\u00e9conciliation et \u00e9lections de 2029, avec une tournante pr\u00e9vue \u00e0 Anjouan selon la Constitution ? <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Issa Salim &#8211;<\/strong> La r\u00e9conciliation et les \u00e9lections de 2029 sont intimement li\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La tournante a beau avoir 24 ans, les d\u00e9chirements moraux qui l\u2019entourent sont toujours latents. Il ne s\u2019est rien pass\u00e9 de concret, si ce n\u2019est les&nbsp; man\u0153uvres machiav\u00e9liques d\u2019un homme, Azali, qui a voulu co\u00fbte que co\u00fbte confisquer le pouvoir au d\u00e9triment de la paix et de la coh\u00e9sion. La Constitution a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9e, la justice instrumentalis\u00e9e, les opposants r\u00e9prim\u00e9s, les institutions r\u00e9duites au silence. Comment esp\u00e9rer des \u00e9lections libres et cr\u00e9dibles dans un tel climat ? C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que la r\u00e9conciliation prend tout son sens et non un changement constitutionnel, comme pourrait le tenter Azali. Elle est le socle qui permettra, en 2029, \u00e0 l\u2019Anjouanais choisi par le peuple de diriger le pays conform\u00e9ment aux Accords de Fomboni. Cela ne pourra pas se faire \u00e0 coups de tromperies, mais par des \u00e9lections libres et transparentes. Si Azali veut r\u00e9ellement la paix et la stabilit\u00e9 qu\u2019il proclame partout, il doit poser des actes forts : respecter la Constitution et ouvrir sans d\u00e9lai la voie \u00e0 une alternance d\u00e9mocratique. Comme le dit un proverbe comorien, \u00ab Celui qui ferme la porte de la justice ouvre celle du chaos&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chef de l\u2019\u00c9tat, Azali Assoumani, a agit\u00e9&nbsp;r\u00e9cemment l\u2019id\u00e9e d\u2019une r\u00e9conciliation politique. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois. Il l\u2019a fait \u00e0 chaque fois qu\u2019il voulait la participation de l\u2019opposition aux \u00e9lections, et m\u00eame en 2018 avant les Assises qui allaient aboutit \u00e0 une modification profonde de la Constitution. L\u2019ex-candidat du parti Juwa aux pr\u00e9sidentielles [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":12253,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49],"tags":[92,529],"class_list":["post-12251","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politique","tag-a-la-une","tag-edition-547"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12251","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=12251"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12251\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12254,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/12251\/revisions\/12254"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/12253"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=12251"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=12251"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=12251"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}