{"id":12175,"date":"2025-08-04T07:08:15","date_gmt":"2025-08-04T04:08:15","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12175"},"modified":"2025-08-04T07:08:16","modified_gmt":"2025-08-04T04:08:16","slug":"lart-de-se-faire-respecter-sans-hurler","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/opinion\/lart-de-se-faire-respecter-sans-hurler\/","title":{"rendered":"L\u2019Art de se faire respecter sans hurler"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Dans un monde o\u00f9 l\u2019agitation est souvent per\u00e7ue comme une preuve de force, o\u00f9 le vacarme tient lieu d\u2019argument, il devient urgent de rappeler qu\u2019il existe une autre mani\u00e8re d\u2019imposer sa pr\u00e9sence : celle du calme, de la constance et de l\u2019int\u00e9grit\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Younoussa Hassani<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous vivons une \u00e9poque o\u00f9 celui qui crie le plus fort semble avoir raison. Mais que reste-t-il une fois que le bruit s\u2019est dissip\u00e9 ? Le respect ne se conquiert pas \u00e0 coups de vocif\u00e9rations, il s\u2019inspire. Il ne se r\u00e9clame pas dans la peur, il se m\u00e9rite dans l\u2019exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les r\u00e9seaux sociaux, dans les milieux professionnels, dans nos quartiers, m\u00eame dans nos familles, beaucoup pensent qu\u2019il faut hausser le ton pour \u00eatre pris au s\u00e9rieux. Pourtant, ceux qui marquent vraiment les esprits sont souvent ceux qui parlent bas, mais avec justesse. Ceux dont les mots r\u00e9sonnent parce qu\u2019ils sont port\u00e9s par des principes, et non des pulsions.<\/p>\n\n\n\n<p>Se faire respecter sans hurler, c\u2019est refuser de sombrer dans la violence verbale ou symbolique. C\u2019est croire que la posture vaut mieux que l\u2019imposture. C\u2019est oser l\u2019\u00e9l\u00e9gance dans un monde o\u00f9 la vulgarit\u00e9 fait souvent recette. C\u2019est, enfin, comprendre que l\u2019int\u00e9grit\u00e9 personnelle est une forme de r\u00e9sistance face \u00e0 la banalisation du m\u00e9pris.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux jeunes, aux leaders en devenir, aux citoyens engag\u00e9s : n&#8217;ayez pas peur du silence. Il peut \u00eatre plus \u00e9loquent que le tumulte. Soyez fermes, mais dignes. Soyez pr\u00e9sents, mais sobres. Soyez diff\u00e9rents, car dans le tumulte g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, l\u2019authenticit\u00e9 devient un acte r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Faire le choix de la retenue, c\u2019est b\u00e2tir un respect durable. Et dans nos soci\u00e9t\u00e9s africaines, si riches de sagesse et de tradition orale, souvenons-nous que les anciens n\u2019avaient pas besoin de hurler pour qu\u2019on les \u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce respect silencieux prend racine dans l\u2019attitude, dans la mani\u00e8re de se tenir, de regarder, d\u2019agir. Il ne s\u2019agit pas de passivit\u00e9, mais de puissance ma\u00eetris\u00e9e. Un mot plac\u00e9 avec soin, un regard assur\u00e9, une d\u00e9cision assum\u00e9e valent parfois plus qu\u2019un long discours cri\u00e9 dans l\u2019\u00e9motion. L\u2019\u00e9l\u00e9gance morale, cette forme de noblesse int\u00e9rieure, finit toujours par s\u2019imposer, m\u00eame aux plus sourds.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela demande du courage. Le courage de ne pas r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019insulte par l\u2019insulte, de ne pas se laisser entra\u00eener dans les joutes inutiles. Il faut de la force pour garder son calme quand tout autour vacille. Mais cette force-l\u00e0 construit, l\u00e0 o\u00f9 la violence d\u00e9truit. Ce n\u2019est pas un retrait du monde, c\u2019est une affirmation plus profonde de soi : celle de savoir qui l\u2019on est, sans avoir besoin de le crier sur tous les toits.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les sph\u00e8res publiques comme dans les cercles priv\u00e9s, les figures les plus respect\u00e9es ne sont pas toujours les plus bruyantes. Ce sont celles dont la pr\u00e9sence suffit \u00e0 instaurer une certaine gravit\u00e9, une exigence de respect. Elles imposent le silence non pas par peur, mais par admiration. Parce qu\u2019elles incarnent une rigueur, une droiture, une coh\u00e9rence entre les paroles et les actes.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, il faut le dire : dans notre \u00e9poque satur\u00e9e d\u2019images et de sons, o\u00f9 tout le monde parle pour exister, choisir le calme est un acte de r\u00e9sistance. C\u2019est un refus de participer \u00e0 l\u2019hyst\u00e9rie ambiante. C\u2019est dire : \u00ab Je suis l\u00e0, je n\u2019ai pas besoin de m\u2019agiter pour que vous m\u2019entendiez. \u00bb Le silence devient alors un espace de r\u00e9flexion, une invitation \u00e0 penser autrement, \u00e0 \u00e9couter plus profond\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, se faire respecter sans hurler, c\u2019est transmettre un h\u00e9ritage. C\u2019est montrer aux g\u00e9n\u00e9rations futures qu\u2019il existe une autre voie. Une voie qui n\u2019a rien de faible ou de soumis, mais qui est forte, enracin\u00e9e et digne. Une voie \u00e0 laquelle nos soci\u00e9t\u00e9s africaines gagneraient \u00e0 revenir, inspir\u00e9es par les anciens, ces sages qui savaient que la parole vraie n\u2019a jamais besoin de crier. Parce qu\u2019elle est porteuse de paix, de justice&nbsp;et&nbsp;d\u2019\u00e9quilibre.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un monde o\u00f9 l\u2019agitation est souvent per\u00e7ue comme une preuve de force, o\u00f9 le vacarme tient lieu d\u2019argument, il devient urgent de rappeler qu\u2019il existe une autre mani\u00e8re d\u2019imposer sa pr\u00e9sence : celle du calme, de la constance et de l\u2019int\u00e9grit\u00e9. 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