{"id":12049,"date":"2025-06-30T19:35:44","date_gmt":"2025-06-30T16:35:44","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=12049"},"modified":"2025-06-30T19:35:45","modified_gmt":"2025-06-30T16:35:45","slug":"un-jeune-ecrivain-nous-berce-avec-des-contes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/un-jeune-ecrivain-nous-berce-avec-des-contes\/","title":{"rendered":"Un jeune \u00e9crivain nous berce avec des contes"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>L\u2019Alliance franco-comorienne de Moroni qui vient de relancer le \u00ab&nbsp;Mois des \u00e9crivains&nbsp;\u00bb a accueilli ce samedi 14 juin Oubeidillah Maeva Dhoimiri, originaire de Mkazi-Bambao (Ngazidja).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Hachim Mohamed<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur comorien, Oubeidillah Maeva Dhoimiri, a partag\u00e9 avec le public de l\u2019Alliance franche comorienne son parcours, ses sources d\u2019inspiration et les th\u00e8mes de ses ouvrages. La premi\u00e8re publication d\u2019Oubeidillah Maeva Dhoimiri, qui selon certains lui vaut une certaine notori\u00e9t\u00e9 s\u2019intitule&nbsp;\u00ab&nbsp;Un amour qui miaule&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En mars 2025, il publie son deuxi\u00e8me ouvrage&nbsp;\u00ab&nbsp;Les Tr\u00e9sors des \u00eeles au parfum&nbsp;\u00bb. Cette fois, il s\u2019agit d\u2019un recueil de contes et nouvelles mettant en lumi\u00e8re la culture et les traditions des Comores.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la pr\u00e9sentation, le public a eu droit \u00e0 une belle aventure humaine qui, au fil de la verve et la prestance livr\u00e9es pour la \u00ab&nbsp;p\u00e9dagogie de ces deux ouvrages&nbsp;\u00bb, ressemble presque \u00e0 un inoubliable aller et retour dans les labyrinthes du narratif.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Grandir en s&#8217;amusant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 premi\u00e8re vue, \u00ab&nbsp;Un amour qui miaule&nbsp;\u00bb \u00e9tait un livre simple destin\u00e9 \u00e0 la jeunesse, mais toute r\u00e9flexion faite Oubeidillah Maeva Dhoimiri a utilis\u00e9 le symbole du chat (Mange-tout, petit chat ador\u00e9 de Naeline) pour transmettre des messages sur le bien et le mal.<\/p>\n\n\n\n<p>La particularit\u00e9 du personnage principal, explique Oubeidillah Maeva Dhoimiri, c&#8217;est son amour pour les chats, un attachement inconditionnel. Elle est all\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 croire qu&#8217;un jour les chats auront les m\u00eames facult\u00e9s que les hommes, et notamment celle de parler. Ce r\u00eave de voir un \u00ab&nbsp;chat humain&nbsp;\u00bb est devenu r\u00e9alit\u00e9 dans la deuxi\u00e8me partie de l&#8217;histoire. Mais, \u00e0 sa grande surprise, en jouissant des m\u00eames facult\u00e9s que les hommes, les chats ont r\u00e9duit les hommes en esclavage.<\/p>\n\n\n\n<p>Interrog\u00e9 sur les ficelles pour mieux \u00e9crire un conte, Oubeidillah Maeva Dhoimiri r\u00e9pond qu\u2019\u00ab Un amour qui miaule \u00bb est un r\u00e9cit imaginaire, qui m\u00eale amour pour les chats, humour et aventure. Mais, on y trouve aussi l\u2019oppos\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire la haine, la cruaut\u00e9. Naeline d\u00e9couvrira que les chats, objets de son immense affection, sont d&#8217;une grande cruaut\u00e9. Mise devant les faits, elle fera preuve de courage, de maturit\u00e9, de responsabilit\u00e9 pour pouvoir s&#8217;en sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>De cela, poursuit Oubeidillah Maeva Dhoimiri, on peut tirer un message, celui de l\u2019enfant qui grandit en s&#8217;amusant, qui devient responsable. Le message subliminal du conte se lit \u00e0 travers le cheminement d&#8217;un personnage vers la maturit\u00e9, la connaissance de soi, ou la r\u00e9alisation de son potentiel, mais aussi dans l\u2019habilit\u00e9 \u00e0 influencer les \u00e9motions, les pens\u00e9es, ou le comportement de la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ibunaswia rappel\u00e9 \u00e0 notre bon souvenir des contes comoriens<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me ouvrage, \u00ab Les tr\u00e9sors des \u00eeles aux parfums \u00bb, est un recueil qui pr\u00e9sente plusieurs histoires riches en symboles, inspir\u00e9es et ancr\u00e9es dans la tradition orale et la culture des Comores. Chacune est une le\u00e7on de morale, un parcours initiatique. Les th\u00e8mes de la justice, de la ruse, du courage, de la vengeance, de la sagesse et de la r\u00e9silience sont omnipr\u00e9sents.<\/p>\n\n\n\n<p>On y retrouve aussi l\u2019id\u00e9e que dans un conte, il y a plusieurs strates allant de l\u2019apparent au plus cach\u00e9, du litt\u00e9ral au spirituel. C\u2019est comme si Oubeidillah Maeva Dhoimiri par l\u2019alchimie de son narratif nous met devant une toile qui s\u2019anime.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le premier conte, Oubeidillah Maeva Dhoimiri met en lumi\u00e8re le cheminement de Loulou vers l&#8217;humilit\u00e9, la v\u00e9ritable richesse qu&#8217;est l&#8217;amiti\u00e9. Voil\u00e0 un gar\u00e7on capricieux, un enfant g\u00e2t\u00e9 (Loulou) qui veut d\u00e9crocher la lune. Ses parents se transforment en oiseaux en essayant d\u2019exaucer son souhait. Tromp\u00e9 par son esclave et d\u00e9chu de son statut, Loulou finit par comprendre la valeur de l\u2019amiti\u00e9 sinc\u00e8re et devient plus humble.<\/p>\n\n\n\n<p>Oubeidillah Maeva Dhoimiri a \u00e9voqu\u00e9 \u00e9galement Ibunaswia, le personnage rus\u00e9 des contes comoriens. Il a choisi le conte dans lequel des villageois ont vol\u00e9 le b\u0153uf d\u2019Ibunaswia. Celui-ci les ridiculise avec ruse \u00e0 plusieurs reprises, allant jusqu\u2019\u00e0 les pousser \u00e0 des actes absurdes comme br\u00fbler leurs propres grands-m\u00e8res ou se jeter \u00e0 la mer. Gr\u00e2ce \u00e0 son esprit vif, il finit chef du village. Ceux qui ont \u00e9t\u00e9 berc\u00e9s par ces contes dans leur enfance auront un coup de nostalgie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le troisi\u00e8me conte pr\u00e9sent\u00e9, Oubeidillah Maeva Dhoimiri au-del\u00e0 d\u2019exprimer le ressenti de la soci\u00e9t\u00e9 comorienne sur le viol, nous met devant les faits qui repr\u00e9sentent des v\u00e9rit\u00e9s universelles sur la nature humaine, des le\u00e7ons de vie, ou des aspects plus profonds de la psych\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur a livr\u00e9 un r\u00e9cit tragique sur un jeune \u00e9l\u00e8ve (Elihadj, personnage et narrateur) admirant profond\u00e9ment un shaykh respect\u00e9 (Cheikh Hassane), nonobstant qu\u2019il est accus\u00e9 d\u2019agressions sexuelles. L\u2019histoire abandonne rapidement les rives de l\u2019imaginaire pour s\u2019immerger dans l\u2019ind\u00e9cence de r\u00e9v\u00e9lations qui choquent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le pouvoir de l&#8217;amour familial<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oubeidillah Maeva Dhoimiri livre dans les contes 4, 5 et 6 un panorama sur la place de la femme dans la soci\u00e9t\u00e9 comorienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jeune auteur peint un tableau color\u00e9 et vivant des valeurs et des croyances des Comores. Il se fait un point d\u2019honneur de mettre en valeur de le\u00e7ons de vie sur la justice, la bravoure, l\u2019humilit\u00e9, la ruse, l\u2019importance des liens familiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, c\u2019est tout compte fait un bel hommage \u00e0 la femme, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 son pouvoir de l&#8217;amour familial, \u00e0 sa r\u00e9silience.<\/p>\n\n\n\n<p>Racont\u00e9 par le narrateur Chabane, le quatri\u00e8me r\u00e9cit porte sur le cyclone Kenneth. Pendant cette temp\u00eate, une m\u00e8re (Mariama), veuve, prot\u00e8ge ses enfants avec un courage impressionnant. Sa force morale permet \u00e0 la famille de survivre et de reconstruire sa vie. Elle incarne cette capacit\u00e9 maternelle \u00e0 faire face \u00e0 la catastrophe naturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Bahati ou le chemin de la libert\u00e9&nbsp;\u00bb (cinqui\u00e8me r\u00e9cit), une jeune femme comorienne affronte les agressions et le sexisme ambiant. Gr\u00e2ce \u00e0 sa d\u00e9termination, elle refuse les compromis douteux et finit par obtenir une bourse pour \u00e9tudier au Japon, trouvant ainsi sa libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce personnage Oubeidillah Maeva Dhoimiri met en lumi\u00e8re la lutte pour l&#8217;\u00e9mancipation, le courage de surmonter des obstacles sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>La bravoure de la femme est magnifi\u00e9e avec brio aussi dans le sixi\u00e8me r\u00e9cit. Titr\u00e9&nbsp;\u00ab&nbsp;Les Monstres de nuit ou la femme \u00e0 l&#8217;immense bravoure&nbsp;\u00bb, il \u00e9voque un village frapp\u00e9 par d\u2019\u00e9tranges vols et o\u00f9 une femme courageuse (pas de nom) affronte seule des cr\u00e9atures monstrueuses li\u00e9es \u00e0 l\u2019esprit d\u2019un homme rancunier (Ustadh Maele). Elle triomphe, sauve le village et devient cheffe. Par la mani\u00e8re dont elle a tenu t\u00eate \u00e0 la sorcellerie de Ustadh Maele, ce personnage incarne la vaillance f\u00e9minine.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Alliance franco-comorienne de Moroni qui vient de relancer le \u00ab&nbsp;Mois des \u00e9crivains&nbsp;\u00bb a accueilli ce samedi 14 juin Oubeidillah Maeva Dhoimiri, originaire de Mkazi-Bambao (Ngazidja). 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