{"id":11967,"date":"2025-06-09T13:41:02","date_gmt":"2025-06-09T10:41:02","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11967"},"modified":"2025-06-10T18:16:25","modified_gmt":"2025-06-10T15:16:25","slug":"najda-contre-bachar-un-proces-orchestre-en-haut-lieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/najda-contre-bachar-un-proces-orchestre-en-haut-lieu\/","title":{"rendered":"Najda contre Bachar, un proc\u00e8s orchestr\u00e9 en haut lieu"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Le proc\u00e8s opposant Najda Sa\u00efd Abdallah et Nourdine Mparti dit Bachar s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 jeudi 5 juin au Palais de Justice de Moroni. \u00c0 huis clos, mais l\u2019essentiel s\u2019est pass\u00e9 en amont. Quelques jours avant le jugement, une communication bien orchestr\u00e9e a fait de Najda Sa\u00efd Abdallah, commissaire au Plan, 4<sup>e<\/sup> personnage de la CRC, parti qui occupe tous les pouvoirs, bras droit du puissant SGG des Comores, le symbole de la femme bafou\u00e9e, victime de violence. Une communication qui a quand m\u00eame du mal \u00e0 prendre.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par MiB<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Une semaine avant le proc\u00e8s qui s\u2019est tenu, \u00e0 huis clos, au Palais de Justice de Moroni, jeudi dernier, les partisans de la Convention pour le Renouveau des Comores(CRC), parti du pouvoir et m\u00eame de simples amis de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 rameut\u00e9s dans les r\u00e9seaux sociaux, pri\u00e9s de dire, un \u00e0 un, combien ils appr\u00e9cient Najda Sa\u00efd Abdallah, femme politique, commissaire au Plan et proche du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Gouvernement (SGG), Nour el Fath, qui d\u00e9tient aujourd\u2019hui l\u2019essentiel des pouvoirs politiques et \u00e9conomiques. M\u00eame ceux qui n\u2019ont aucune raison de l\u2019appr\u00e9cier ont d\u00fb se plier \u00e0 l\u2019exercice. Pourtant, les juges comoriens ayant perdu toute possibilit\u00e9 d\u2019autonomie, il n\u2019y a aucun doute sur l\u2019issue du proc\u00e8s engag\u00e9 par cette femme ambitieuse contre Nourdine Mparti dit Bachar.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des attaques dirig\u00e9es contre les personnalit\u00e9s du r\u00e9gime<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nourdine Mparti \u00e9tait d\u00e9sign\u00e9 comme influenceur, journaliste ou lanceur d\u2019alerte. Mais, comme il a fini par l\u2019avouer, son m\u00e9tier consistait plut\u00f4t \u00e0 insulter, diffamer ou accuser \u00e0 la demande de certaines personnes, surtout \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pouvoir, contre de l\u2019argent. Et si on en croit certains enregistrements retrouv\u00e9s dans ses t\u00e9l\u00e9phones, il n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 exiger de certains de l\u2019argent pour qu\u2019il arr\u00eate ses insultes et accusations.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on \u00e9coute r\u00e9trospectivement ses \u00ab\u00a0\u00e9missions\u00a0\u00bb dans lesquelles il passait des heures \u00e0 faire des \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9lations\u00a0\u00bb, on s\u2019aper\u00e7oit que Najda Sa\u00efd Abdallah n\u2019est pas celle qui a subi le plus d\u2019attaques de cet homme qui \u00e9tait install\u00e9 en Tanzanie et qui n\u2019avait jamais pens\u00e9 qu\u2019il en serait expuls\u00e9, alors qu\u2019il n\u2019avait pas d\u2019autorisation d\u2019y r\u00e9sider. On peut penser \u00e0 l\u2019ancien ministre, Houmed Msaidi\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019avoir pass\u00e9 le jour de l\u2019an avec des femmes emmen\u00e9es de Moroni jusqu\u2019\u00e0 Dar es Salam et d\u2019autres \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9lations\u00a0\u00bb qui sont de l\u2019ordre de la diffamation. On peut \u00e9galement penser \u00e0 l\u2019ancien ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Fakri Mradabi, accus\u00e9 par Bachar d\u2019\u00eatre au centre d\u2019un trafic de faux passeports. C\u2019est d\u2019ailleurs, sans doute, ces accusations qui lui ont valu son limogeage du gouvernement. Ces deux hommes sont au centre du pouvoir d\u2019Azali Assoumani, fid\u00e8les des fid\u00e8les. Le premier est conseiller du pr\u00e9sident et le second a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la Direction nationale de la Protection de l\u2019\u00c9tat (DNPE). Ils ont plus de raisons de vouloir que Bachar soit enferm\u00e9 et surtout qu\u2019il d\u00e9voile tous ceux qui lui fournissaient des renseignements. Beaucoup plus que Najda Sa\u00efd Abdallah. Et il est plus que probable qu\u2019ils sont \u00e0 la man\u0153uvre pour l\u2019\u00e9laboration des sc\u00e9narios d\u2019une s\u00e9rie \u00e0 plusieurs \u00e9pisodes par lesquels de nouveaux opposants, mais aussi des \u00ab\u00a0partenaires\u00a0\u00bb au sein du pouvoir vont \u00eatre \u00e9cart\u00e9s sinon mis en prison.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Injures, diffamation et cyberharc\u00e8lement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, c\u2019est la commissaire au plan qui a \u00e9t\u00e9 choisie pour le premier \u00e9pisode de la s\u00e9rie, contrainte de jouer le r\u00f4le de la femme innocente et victime de violence de la part d\u2019un homme. Nourdine Mparti, comme d\u2019autres influenceurs, l\u2019a pr\u00e9sent\u00e9e souvent comme la ma\u00eetresse du fils du pr\u00e9sident. Il est poursuivi pour injures, diffamation et cyberharc\u00e8lement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sc\u00e9nario de la femme victime est trop beau pour ne pas \u00eatre utilis\u00e9 par les communicants de Beit-Salam ou ceux du puissant SGG, Nour el Fath Azali. Lui-m\u00eame, comme son p\u00e8re ou sa m\u00e8re, souvent pris \u00e0 partie par le m\u00eame Nourdine Mparti, ou comme Houmed Msaidi\u00e9 ou Fakri Mradabi aurait pu porter plainte. Mais, toutes ces personnalit\u00e9s puissantes du parti au pouvoir ont d\u00e9cid\u00e9 de se placer derri\u00e8re Najda Sa\u00efd Abdallah. Des femmes du parti CRC ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9es pour organiser une manifestation devant le Palais de Justice pour soutenir leur Tr\u00e9sori\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, cette strat\u00e9gie de communication choisie par le gouvernement a du mal \u00e0 passer parmi les Comoriens. Nombre d\u2019entre eux rappellent notamment que plusieurs jeunes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s froidement et que le r\u00e9gime en place, dont fait partie Najda Sa\u00efd Abdallah n\u2019a jamais organis\u00e9 de proc\u00e8s ni m\u00eame eut un petit mot pour les m\u00e8res ou les enfants de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s \u00e0 bout portant ou apr\u00e8s des tortures des forces de l\u2019ordre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres ont montr\u00e9 que de nombreuses jeunes femmes ont subi des viols, des agressions sexuelles et que le gouvernement n\u2019a jamais agi avec rapidit\u00e9. Il n\u2019a jamais non plus permis une manifestation de soutien et les victimes n\u2019ont jamais pu b\u00e9n\u00e9ficier du huis clos. Devant la Justice d\u2019Azali Assoumani, Najda Sa\u00efd Abdallah n\u2019est pas n\u2019importe quelle femme comorienne, c\u2019est d\u2019abord une notable du parti CRC, qui b\u00e9n\u00e9ficie des largesses du r\u00e9gime en place, y compris en mati\u00e8re de justice. C\u2019est pourquoi son proc\u00e8s contre Bachar ne pourra pas \u00eatre une le\u00e7on pour d\u2019autres. Pour cela, il aurait fallu des juges ind\u00e9pendants.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>210.000 euros demand\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le premier volet de l\u2019affaire Bachar est donc une citation directe, une proc\u00e9dure qui \u00e9vite de passer du temps dans les enqu\u00eates et l\u2019instruction. Idrisse Mze Mogn\u00e9, l\u2019avocat de Najda Sa\u00efd Abdallah affirme dans les r\u00e9seaux sociaux que tout cela n\u2019\u00e9tait pas utile, car l\u2019infraction est constitu\u00e9e. Selon lui, tout le monde a pu constater par les vid\u00e9os la diffamation et le cyberharc\u00e8lement, donc il n\u2019y avait pas besoin d\u2019instruction. \u00c0 se demander m\u00eame, pourquoi faire un proc\u00e8s et perdre une journ\u00e9e. Tout para\u00eet \u00e9vident pour lui. Le cyberharc\u00e8lement comme le fait que sa cliente demande 105 millions FC (soit 210 000 \u20ac) aux six pr\u00e9venus dans un pays o\u00f9 le SMIC est \u00e0 environ 50.000 FC (100\u20ac).<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019un journaliste de la Chaine Libre des Comores lui demande si ce n\u2019est pas abus\u00e9, il est cat\u00e9gorique\u00a0: \u00ab\u00a0Tous les proc\u00e8s de diffamation dans le monde, les int\u00e9r\u00eats sont tr\u00e8s sup\u00e9rieurs\u00a0\u00bb, assumant avoir conseill\u00e9 \u00e0 la politicienne cette somme. Or m\u00eame en France, o\u00f9 le SMIC est quatorze fois plus \u00e9lev\u00e9, les dommages et int\u00e9r\u00eats pour diffamation ou cyberharc\u00e8lement contre des stars ou des personnalit\u00e9s politiques sont rares et ne montent que tr\u00e8s rarement \u00e0 plus de 10.000\u20ac. Sandrine Rousseau, \u00e9lue de gauche, harcel\u00e9e en permanence pendant deux ans (parfois plus de 70 messages d\u2019insultes \u00e0 caract\u00e8re sexuel et de menaces par jour) n\u2019a obtenu contre son harceleur que 12 mois d\u2019emprisonnement avec sursis, aucune mention d\u2019une somme d\u2019argent. Ce qui est frappant, c\u2019est que Me Idrisse Mz\u00e9 Mogn\u00e9 estime qu\u2019il peut demander la somme qu\u2019il veut sans calculer ou estimer le pr\u00e9judice, qu\u2019il qualifie d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9ternel\u00a0\u00bb. Pour lui, Najda Sa\u00efd Abdallah est une femme forte, il ne l\u2019a jamais vue pleurer, mais, affirme-t-il, elle doit sans doute pleurer quand elle est seule. Cela suffit \u00e0 montrer l\u2019\u00e9norme pr\u00e9judice subi par sa cliente qui justifie la demande d\u2019une somme aussi colossale. \u00c9difiant.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au Procureur de la R\u00e9publique, il aurait demand\u00e9 six ans de prison ferme, alors que selon un juriste comorien joint par Masiwa, la diffamation peut \u00eatre punie d\u2019un an maximum d\u2019emprisonnement et le cyberharc\u00e8lement de 5 ans maximum. Il a sans doute cumul\u00e9 les deux peines. Et lui non plus n\u2019a pas besoin de montrer qu\u2019il y a eu un cyberharc\u00e8lement ni les cons\u00e9quences sur la Tr\u00e9sori\u00e8re du parti au pouvoir. C\u2019est une \u00e9vidence que tout le monde doit accepter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Victime et proph\u00e8te<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019avocat de Bachar, Me Djamal-Edine Bacar, il estime que son client est une victime, contraint par son handicap \u00e0 chercher de l\u2019argent partout et donc \u00e0 accepter d\u2019insulter n\u2019importe qui, pourvu qu\u2019on le paie. Un mercenaire moderne, qui, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00e9p\u00e9e ou de mitraillette, porte des mots pour d\u2019autres. Mais, pour l\u2019avocat, son client est un \u00ab&nbsp;proph\u00e8te&nbsp;\u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 qui le pouvoir en place va conna\u00eetre \u00ab&nbsp;les traitres&nbsp;\u00bb. Il m\u00e9riterait presque la reconnaissance du r\u00e9gime. Et nous comprenons \u00e0 travers ses paroles que Bachar a fait un accord pour donner les noms de ceux qui lui ont fourni des informations sur les personnalit\u00e9s du pouvoir, et peut-\u00eatre aussi \u00e9viter les m\u00e9thodes d\u2019interrogation des Renseignements comoriens qui conduisent \u00e0 des tortures.<\/p>\n\n\n\n<p>Nourdine Mparti sera certainement poursuivi, apr\u00e8s les investigations, pour d\u2019autres accusations. Une saison qui tient les Comoriens d\u00e9j\u00e0 en haleine&nbsp;: vivement le deuxi\u00e8me \u00e9pisode. En attendant, rendez-vous jeudi prochain pour le verdict.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le proc\u00e8s opposant Najda Sa\u00efd Abdallah et Nourdine Mparti dit Bachar s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 jeudi 5 juin au Palais de Justice de Moroni. \u00c0 huis clos, mais l\u2019essentiel s\u2019est pass\u00e9 en amont. 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