{"id":11797,"date":"2025-04-29T22:20:44","date_gmt":"2025-04-29T19:20:44","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11797"},"modified":"2025-04-29T22:20:47","modified_gmt":"2025-04-29T19:20:47","slug":"la-penurie-de-sel-met-en-avant-une-tradition-des-femmes-anjouanaises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/la-penurie-de-sel-met-en-avant-une-tradition-des-femmes-anjouanaises\/","title":{"rendered":"La p\u00e9nurie de sel met en avant une tradition des femmes anjouanaises"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Depuis plusieurs semaines, une p\u00e9nurie de gros sel frappe l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan. Face \u00e0 cette situation in\u00e9dite, les femmes s\u2019adaptent tant bien que mal.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par  Naenmati Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le gros sel introuvable\u00a0: un d\u00e9s\u00e9quilibre dans les cuisines<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan, c\u2019est le gros sel qui r\u00e8gne dans les cuisines. Facile \u00e0 doser, \u00e9conomique, il est le compagnon incontournable des plats du quotidien. Mais depuis pr\u00e8s d\u2019un mois, cette denr\u00e9e famili\u00e8re s\u2019est rar\u00e9fi\u00e9e sur les \u00e9tals. Les \u00e9piceries n\u2019en ont plus, les commer\u00e7ants attendent l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux stocks, et les foyers doivent improviser avec du sel en poudre, plus difficile \u00e0 manier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Avec le gros sel, on sait comment faire. Avec celui en poudre, les plats sont souvent trop sal\u00e9s ou fades \u00bb, raconte une m\u00e8re de famille rencontr\u00e9e \u00e0 Mutsamudu. Pour beaucoup, le sel fin n\u2019offre ni le go\u00fbt ni la ma\u00eetrise qu\u2019apporte le gros sel. Et son acc\u00e8s reste aussi compliqu\u00e9, car lui aussi commence \u00e0 se faire rare.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La d\u00e9brouille et le bouche-\u00e0-oreille comme derniers recours<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans certaines localit\u00e9s, les femmes n\u2019ont pas d\u2019autre choix que de se tourner vers les voisines. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un commerce informel, mais d\u2019un syst\u00e8me de solidarit\u00e9 bien rod\u00e9. Lors des discussions quotidiennes, entre deux bavardages sur la vie ou les enfants, on \u00e9change aussi des informations pr\u00e9cieuses&nbsp;: qui a encore du sel chez elle&nbsp;? \u00c0 qui peut-on en demander&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On entend dire qu\u2019untelle a du sel parce qu\u2019elle a particip\u00e9 \u00e0 un mariage r\u00e9cemment \u00bb, explique une habitante de la r\u00e9gion de Bambao-Mtruni. C\u2019est ainsi que le sel circule, de maison en maison, souvent gratuitement, parfois avec l\u2019espoir d\u2019un petit retour d\u2019ascenseur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les mariages comme source d\u2019approvisionnement alternatif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce syst\u00e8me d\u2019entraide s\u2019appuie en partie sur une pratique culturelle bien ancr\u00e9e dans certaines r\u00e9gions d\u2019Anjouan, particuli\u00e8rement \u00e0 Bambao-Mtruni. Lors des grands mariages, les femmes qui viennent pr\u00eater main-forte pour la cuisine ou danser sont r\u00e9compens\u00e9es\u2026 en sel.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrefois, elles recevaient de petites sommes d\u2019argent, mais avec la hausse du co\u00fbt de la vie et l\u2019affluence grandissante aux c\u00e9r\u00e9monies, cette tradition a \u00e9volu\u00e9. Le sel, en quantit\u00e9, est devenu une monnaie d\u2019\u00e9change plus pragmatique. \u00ab Aujourd\u2019hui, donner 500 ou 1&nbsp;000 francs est presque mal vu, \u00e7a semble d\u00e9risoire. Alors les familles pr\u00e9f\u00e8rent offrir du sel, utile et durable \u00bb, commente une participante r\u00e9guli\u00e8re aux mariages.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que certaines femmes peuvent conserver suffisamment de sel pour couvrir les besoins de leur foyer pendant plusieurs mois, voire toute une ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une tradition accept\u00e9e et valoris\u00e9e par les femmes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Loin d\u2019\u00eatre per\u00e7ue comme une simple solution de rechange, cette tradition est aujourd\u2019hui pleinement accept\u00e9e par les femmes concern\u00e9es. Elle permet de soulager les familles des mari\u00e9s tout en apportant un b\u00e9n\u00e9fice concret aux participantes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On est contentes de rentrer chez nous avec du sel. C\u2019est plus utile qu\u2019un billet qui dispara\u00eet vite \u00bb, confie une habitante de Mtruni. Dans un contexte de vie ch\u00e8re et d\u2019incertitude \u00e9conomique, cette forme de troc moderne se r\u00e9v\u00e8le efficace et bien adapt\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un retour \u00e0 la normale en perspective&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour les familles qui ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de cette coutume, la p\u00e9nurie reste un d\u00e9fi quotidien. Cependant, selon un commer\u00e7ant du port de Mutsamudu, les choses pourraient bient\u00f4t changer. \u00ab Les bateaux viennent de quitter le port avec de nouvelles marchandises. Le gros sel devrait revenir dans les magasins d\u2019ici peu \u00bb, assure-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ici l\u00e0, la cr\u00e9ativit\u00e9 et la solidarit\u00e9 continueront de compenser le manque. L\u2019absence de sel, simple cristal, a mis en avant un syst\u00e8me de survie collectif. Et dans cette organisation discr\u00e8te, mais efficace, ce sont une fois de plus les femmes qui tiennent les r\u00eanes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plusieurs semaines, une p\u00e9nurie de gros sel frappe l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan. Face \u00e0 cette situation in\u00e9dite, les femmes s\u2019adaptent tant bien que mal. Par Naenmati Ibrahim Le gros sel introuvable\u00a0: un d\u00e9s\u00e9quilibre dans les cuisines Sur l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan, c\u2019est le gros sel qui r\u00e8gne dans les cuisines. Facile \u00e0 doser, \u00e9conomique, il est le compagnon [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":11800,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[493,97],"class_list":["post-11797","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe","tag-edition-529","tag-trending"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/11797","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=11797"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/11797\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11801,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/11797\/revisions\/11801"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/11800"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=11797"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=11797"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=11797"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}