{"id":11779,"date":"2025-04-21T11:03:52","date_gmt":"2025-04-21T08:03:52","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11779"},"modified":"2025-04-21T11:03:54","modified_gmt":"2025-04-21T08:03:54","slug":"tsembehou-toujours-en-force-pour-les-travaux-communautaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/sante\/tsembehou-toujours-en-force-pour-les-travaux-communautaires\/","title":{"rendered":"Tsembehou, toujours en force pour les travaux communautaires"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Ce vendredi matin, le calme r\u00e8gne sur les hauteurs de la ville de Tsembehou. L\u2019air est doux, les voix se font rares, et la poussi\u00e8re de la route en chantier est au repos, comme les hommes.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Naenmati Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis quelques semaines, la ville de Tsembehou vit au rythme des bruits des pelles, des pioches et des ordres lanc\u00e9s \u00e0 la vol\u00e9e. En centre-ville une initiative communautaire exceptionnelle est en train de transformer une route longtemps n\u00e9glig\u00e9e et pourtant un v\u00e9ritable axe de circulation majeur, la route de Chambejou.<\/p>\n\n\n\n<p>La voie en question longe le Sanduk de Tsembehou, une institution de microfinance. Et cette route, principale art\u00e8re menant au centre-ville, \u00e9tait vraiment d\u00e9grad\u00e9e. Les usagers se plaignaient depuis des ann\u00e9es de son mauvais \u00e9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On se demandait comment une institution comme la Sanduk, si proche de la route et si pr\u00e9sente dans notre quotidien, pouvait laisser cette situation durer \u00bb, se rappelle Nasser Bourhane un conducteur de voiture Rav4. Un autre habitant raconte que, souvent, on entendait dire que ce n\u2019\u00e9tait pas normal que tout le monde emprunte cette route, et que rien ne soit fait. &nbsp;Les travaux sont en cours depuis trois semaines.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Sanduk met un million sur la table<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette pression populaire a fini par porter ses fruits. Il y a quelques semaines, le Sanduk a pris l\u2019initiative de d\u00e9bloquer un million de francs comoriens pour lancer les travaux de r\u00e9habilitation. Un geste qui a marqu\u00e9 un tournant, car le Sanduk n\u2019est pas qu\u2019un organisme de cr\u00e9dit. Il est aussi une banque d\u2019\u00e9pargne, un partenaire local du d\u00e9veloppement. C\u2019est un acteur essentiel de l\u2019\u00e9conomie insulaire. En participant \u00e0 ce projet routier, il renforce son r\u00f4le dans la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9lan populaire puissant a suivi. \u00ab D\u00e8s que la Sanduk a montr\u00e9 l\u2019exemple, la population s\u2019est mobilis\u00e9e \u00bb, explique un membre du comit\u00e9 local de suivi des travaux. \u00ab Les habitants ont cotis\u00e9, les familles ont donn\u00e9 selon leurs moyens, et surtout, les jeunes se sont port\u00e9s volontaires pour les travaux \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes du quartier de Chambejou, le quartier que traverse cette route, sont nombreux \u00e0 venir pr\u00eater main-forte. \u00c0 coups de pelles, de brouettes et de sacs de ciment port\u00e9s \u00e0 bout de bras, ils fa\u00e7onnent la nouvelle voie avec fiert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab C\u2019est notre route, notre ville, notre fiert\u00e9 \u00bb, dit simplement un jeune de 21 ans \u00ab On ne peut pas toujours attendre que l\u2019\u00c9tat vienne. Nous, on agit. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une tradition bien ancr\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce chantier n\u2019est pas un cas isol\u00e9. \u00c0 quelques pas de l\u00e0, une mosqu\u00e9e est en pleine construction. Elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve lentement pierre apr\u00e8s pierre, gr\u00e2ce aux dons des habitants et \u00e0 l\u2019apport de la diaspora comorienne, en particulier celle qui est install\u00e9e \u00e0 Mayotte. Une fois de plus, c\u2019est la communaut\u00e9 qui b\u00e2tit pour elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Tsembehou, ce type d\u2019initiative est courant. Loin d\u2019\u00eatre une nouveaut\u00e9, c\u2019est presque une tradition. Un h\u00e9ritage du pr\u00e9sident Ali Soilihi, affirment certains. Il avait ancr\u00e9 dans la conscience collective l\u2019importance de l\u2019autonomie et du travail communautaire. Une vision selon laquelle l\u2019\u00c9tat ne doit pas \u00eatre le seul moteur du d\u00e9veloppement, le peuple aussi doit \u00eatre un acteur et un b\u00e2tisseur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers les Comores, ce mod\u00e8le se r\u00e9p\u00e8te. Des routes comme celle-ci, des dispensaires, des \u00e9coles, des lieux de culte sortent de terre gr\u00e2ce aux efforts conjugu\u00e9s des citoyens et des diasporas. Ce n\u2019est pas uniquement une r\u00e9ponse au manque de moyens de l\u2019\u00c9tat, mais aussi un choix culturel, une mani\u00e8re d\u2019exister ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab C\u2019est dans notre tradition \u00bb, affirme une habitante engag\u00e9e dans la collecte de fonds pour la mosqu\u00e9e. \u00ab Quand il faut construire, on se r\u00e9unit. Quand il faut r\u00e9parer, on partage. C\u2019est ce qui fait notre force. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les d\u00e9fis restent nombreux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, tout n\u2019est pas simple. D\u00e8s fois les moyens manquent, les comp\u00e9tences techniques aussi parfois. Les travaux avancent au rythme des contributions, des bonnes volont\u00e9s, des journ\u00e9es disponibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 Tsembehou, l\u2019espoir est plus fort que l\u2019attente. Les habitants continuent de r\u00eaver, de s\u2019organiser, de b\u00e2tir.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pendant que la mosqu\u00e9e prend forme, que la route s\u2019aplanit et que les brouettes filent sous le soleil, c\u2019est une v\u00e9rit\u00e9 simple qui s\u2019impose&nbsp;: l\u00e0 o\u00f9 l\u2019\u00c9tat ne peut pas intervenir, le peuple, lui, ne renonce pas.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce vendredi matin, le calme r\u00e8gne sur les hauteurs de la ville de Tsembehou. L\u2019air est doux, les voix se font rares, et la poussi\u00e8re de la route en chantier est au repos, comme les hommes. 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