{"id":11646,"date":"2025-03-17T13:04:28","date_gmt":"2025-03-17T10:04:28","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11646"},"modified":"2025-03-17T13:04:29","modified_gmt":"2025-03-17T10:04:29","slug":"limportation-de-la-pauvrete-ou-lautosuffisance-alimentaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/opinion\/limportation-de-la-pauvrete-ou-lautosuffisance-alimentaire\/","title":{"rendered":"L\u2019importation de la pauvret\u00e9. Ou l\u2019autosuffisance alimentaire"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Les Comoriens doivent-ils continuer \u00e0 importer leur nourriture et ainsi la pauvret\u00e9 ou se d\u00e9cider enfin \u00e0 cr\u00e9er les conditions d\u2019une autosuffisance alimentaire, comme Ali Soilihi l\u2019avait imagin\u00e9 et commenc\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Younoussa Hassani<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">L\u2019assassinat d\u2019Ali Soilihi en 1978 a marqu\u00e9 un tournant tragique dans l\u2019histoire des Comores. Visionnaire, il avait compris que l\u2019avenir du pays reposait sur l\u2019autosuffisance alimentaire et l\u2019\u00e9mancipation des masses rurales. Son approche pragmatique, centr\u00e9e sur l\u2019agriculture et l\u2019organisation des paysans en coop\u00e9ratives, t\u00e9moignait d\u2019une profonde compr\u00e9hension des r\u00e9alit\u00e9s comoriennes. Aujourd\u2019hui, pr\u00e8s de 47 ans apr\u00e8s sa disparition, son h\u00e9ritage reste vivant dans l\u2019esprit de nombreux Comoriens, mais force est de constater que les Comores peinent encore \u00e0 r\u00e9aliser le potentiel agricole immense de leur territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le constat est amer : malgr\u00e9 une terre fertile et des ressources naturelles abondantes, les Comores continuent d\u2019importer une grande partie de leurs produits alimentaires. Cette d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l\u2019ext\u00e9rieur est un paradoxe pour un pays qui pourrait nourrir sa population et m\u00eame exporter ses surplus. Comme le disait Mossadeck Bally, \u00ab&nbsp;Lorsqu\u2019on exporte des produits, on exporte la richesse, et lorsqu\u2019on importe, on importe la pauvret\u00e9&nbsp;\u00bb. Cette phrase r\u00e9sonne comme un rappel cruel de l\u2019\u00e9chec des politiques agricoles actuelles.<\/p>\n\n\n\n<p>La question qui se pose est de savoir o\u00f9 r\u00e9side la responsabilit\u00e9 de cette situation. Est-ce celle d\u2019un gouvernement qui ne parvient pas \u00e0 mettre en place des politiques publiques efficaces pour soutenir l\u2019agriculture ? Ou est-ce celle des jeunes, souvent attir\u00e9s par des emplois administratifs plut\u00f4t que par le travail de la terre ? La v\u00e9rit\u00e9 est sans doute un m\u00e9lange des deux. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les dirigeants ont la responsabilit\u00e9 de cr\u00e9er un environnement propice au d\u00e9veloppement agricole, en investissant dans les infrastructures, en soutenant les agriculteurs et en encourageant l\u2019innovation. De l\u2019autre, les jeunes doivent \u00e9galement prendre conscience de l\u2019importance de l\u2019agriculture pour l\u2019avenir du pays et s\u2019engager dans ce secteur avec fiert\u00e9 et d\u00e9termination.<\/p>\n\n\n\n<p>Une solution pourrait \u00eatre que l\u2019\u00c9tat ach\u00e8te des terres et les mette \u00e0 disposition des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s en agronomie, qui manquent souvent de moyens pour exploiter leurs comp\u00e9tences. En cr\u00e9ant un fonds d\u00e9di\u00e9, le gouvernement pourrait financer des projets agricoles innovants, s\u00e9lectionn\u00e9s sur la base de concours ou de m\u00e9rite. Cela permettrait non seulement de lutter contre le ch\u00f4mage, mais aussi de dynamiser le secteur agricole en y int\u00e9grant des connaissances modernes et des techniques avanc\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019id\u00e9e de mobiliser les forces de l\u2019ordre pour participer \u00e0 des travaux agricoles, bien que provocante, m\u00e9rite r\u00e9flexion. Si l\u2019objectif premier de la police et de la gendarmerie est de servir et prot\u00e9ger la population, pourquoi ne pas envisager des missions temporaires ou compl\u00e9mentaires visant \u00e0 soutenir l\u2019autosuffisance alimentaire ? Cela pourrait renforcer le lien entre les institutions et les citoyens, tout en contribuant \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9tat charg\u00e9e d\u2019acheter les produits agricoles \u00e0 un prix juste et de les redistribuer ou de les transformer pourrait structurer le march\u00e9 et garantir des d\u00e9bouch\u00e9s stables aux agriculteurs. Cela permettrait \u00e9galement de r\u00e9guler les prix pour les consommateurs, rendant les produits locaux accessibles \u00e0 tous.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, les Comores ont tous les atouts pour devenir un mod\u00e8le d\u2019autosuffisance alimentaire en Afrique. Mais pour y parvenir, il faut une volont\u00e9 politique forte, une implication active de la jeunesse et une r\u00e9elle prise de conscience collective. Ali Soilihi avait trac\u00e9 la voie ; il appartient d\u00e9sormais aux g\u00e9n\u00e9rations actuelles et futures de poursuivre son r\u00eave et de transformer ce potentiel en r\u00e9alit\u00e9. Le temps est venu de planter les graines d\u2019un avenir meilleur, pour que les Comores ne soient plus un pays qui importe la pauvret\u00e9, mais un pays qui exporte la richesse de sa terre et de son peuple.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Comoriens doivent-ils continuer \u00e0 importer leur nourriture et ainsi la pauvret\u00e9 ou se d\u00e9cider enfin \u00e0 cr\u00e9er les conditions d\u2019une autosuffisance alimentaire, comme Ali Soilihi l\u2019avait imagin\u00e9 et commenc\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre&nbsp;? 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