{"id":11587,"date":"2025-03-03T18:16:26","date_gmt":"2025-03-03T15:16:26","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11587"},"modified":"2025-03-03T23:06:45","modified_gmt":"2025-03-03T20:06:45","slug":"abdillah-mohamed-citoyen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/abdillah-mohamed-citoyen\/","title":{"rendered":"F\u00e9vrier. Des drames endeuillent l&#8217;\u00eele d&#8217;Anjouan"},"content":{"rendered":"\n<p>Le mois de f\u00e9vrier 2025 restera grav\u00e9 dans la m\u00e9moire des Anjouanais comme une p\u00e9riode marqu\u00e9e par des trag\u00e9dies. Deux incidents dramatiques, survenus \u00e0 quelques semaines d&#8217;intervalle, ont co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 trois personnes, dont un p\u00e8re de famille et deux enfants. Ces \u00e9v\u00e9nements ont boulevers\u00e9 les habitants de Bazimini, Koki et Patsy, rappelant brutalement les dangers li\u00e9s aux intemp\u00e9ries et au manque d&#8217;infrastructures adapt\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bazimini : un p\u00e8re emport\u00e9 par les eaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 3 f\u00e9vrier, alors que de fortes pluies s\u2019abattaient sur l&#8217;\u00eele, Anli Mohamed, plus connu sous le surnom de Goloise, originaire de Koki, s&#8217;\u00e9tait rendu \u00e0 la campagne pour chercher de quoi nourrir sa famille. Confront\u00e9 aux conditions m\u00e9t\u00e9orologiques difficiles, il a tent\u00e9 de regagner son domicile en empruntant le chemin qui traverse le lit de la rivi\u00e8re de Bazimini.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, les pluies avaient gonfl\u00e9 le courant, rendant la travers\u00e9e p\u00e9rilleuse. Pris au pi\u00e8ge par la force de l\u2019eau, Anli Mohamed a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 sous les yeux impuissants de ceux qui l\u2019avaient aper\u00e7u peu avant. Son corps demeure introuvable, ajoutant une note encore plus tragique \u00e0 cette disparition.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa famille, an\u00e9antie, peine \u00e0 accepter cette perte brutale. P\u00e8re de sept enfants, dont deux filles, il \u00e9tait un homme respect\u00e9 et aim\u00e9 dans sa communaut\u00e9. Nadjaf Mirghane, un habitant de Bazimini, t\u00e9moigne avec \u00e9motion : \u00ab&nbsp;C\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un de g\u00e9n\u00e9reux, un homme de famille. Sa disparition laisse un vide immense, non seulement pour ses proches, mais aussi pour toute la r\u00e9gion&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La disparition d\u2019Anli Mohamed rappelle une r\u00e9alit\u00e9 alarmante : \u00e0 Anjouan, traverser les rivi\u00e8res en saison des pluies repr\u00e9sente un danger mortel. Faute de ponts s\u00e9curis\u00e9s et de signalisation ad\u00e9quate, ces accidents se r\u00e9p\u00e8tent tragiquement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Patsy : deux enfants emport\u00e9s par les eaux en fin d\u2019apr\u00e8s-midi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dix-sept jours plus tard, un autre drame est venu endeuiller l\u2019\u00eele. Le 20 f\u00e9vrier, aux alentours de 17 heures 45, deux enfants du village de Patsy, Anroif Charafdine (8 ans) et El-Hadj El-Yamine (7 ans), ont trouv\u00e9 la mort dans une rivi\u00e8re apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 surpris par le courant d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les t\u00e9moignages recueillis, trois enfants jouaient au bord de la rivi\u00e8re lorsqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 pris au pi\u00e8ge. L\u2019un d\u2019eux a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9chapper, aid\u00e9 par un passant, et c\u2019est lui qui a donn\u00e9 l\u2019alerte. Malheureusement, malgr\u00e9 la mobilisation rapide des habitants, les deux autres gar\u00e7ons ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s noy\u00e9s un peu plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9motion est immense \u00e0 Patsy, o\u00f9 cette trag\u00e9die a secou\u00e9 toute la communaut\u00e9. \u00ab&nbsp;Ces enfants n\u2019\u00e9taient pas conscients du danger. On dit que cette rivi\u00e8re est hant\u00e9e, mais ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que ces noyades doivent nous alerter sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mieux surveiller les jeunes et d\u2019\u00e9viter qu\u2019ils ne s\u2019aventurent seuls dans ces endroits dangereux&nbsp;\u00bb, affirme Toildine Ahmed, un r\u00e9sident du village.<\/p>\n\n\n\n<p>Des rumeurs circulent en effet sur la pr\u00e9sence suppos\u00e9e d&#8217;esprits dans cette rivi\u00e8re, et cela alimente la crainte et les interrogations. Certains villageois affirment que l\u2019un des enfants allait s\u2019enfoncer dans un trou myst\u00e9rieux, renfor\u00e7ant les croyances locales sur les dangers provenant du surnaturel \u00e0 cet endroit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un mois de deuil et d\u2019interrogations<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux drames, survenus en l\u2019espace de quelques semaines, ont profond\u00e9ment marqu\u00e9 les esprits. Dans les trois villages touch\u00e9s \u2013 Bazimini, Koki et Patsy \u2013 le choc est immense et les questions se multiplient.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi ces accidents surviennent-ils aussi souvent ? Pourquoi n&#8217;existe-t-il pas plus de mesures de pr\u00e9vention pour prot\u00e9ger les habitants, notamment les plus vuln\u00e9rables ?<\/p>\n\n\n\n<p>Les infrastructures de s\u00e9curit\u00e9 sont un enjeu majeur \u00e0 Anjouan. De nombreuses rivi\u00e8res, souvent travers\u00e9es par les habitants, ne disposent pas de passerelles adapt\u00e9es, et l\u2019absence de signalisation en p\u00e9riode de crue constitue un v\u00e9ritable danger. Les parents, eux, se demandent comment emp\u00eacher leurs enfants de s\u2019exposer \u00e0 de tels risques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autorit\u00e9s locales, bien qu\u2019alert\u00e9es, tardent \u00e0 mettre en place des solutions concr\u00e8tes. Pourtant, des initiatives simples pourraient \u00eatre prises assez rapidement, comme l\u2019installation de panneaux d\u2019avertissement dans les zones \u00e0 risque, la construction de petits ponts s\u00e9curis\u00e9s pour \u00e9viter les travers\u00e9es dangereuses ou encore la sensibilisation des enfants et des parents aux dangers des rivi\u00e8res, surtout en p\u00e9riode de pluies.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019urgence d\u2019une pr\u00e9vention accrue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si les croyances locales sur les esprits et les forces surnaturelles persistent, la r\u00e9alit\u00e9 est plus crue : ce sont les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques et le manque d\u2019infrastructures qui rendent ces accidents si fr\u00e9quents.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces drames mettent en lumi\u00e8re l&#8217;urgence de renforcer la pr\u00e9vention et la s\u00e9curit\u00e9, afin d\u2019\u00e9viter que d&#8217;autres familles ne soient frapp\u00e9es par la m\u00eame douleur. Car au-del\u00e0 du deuil, il reste une certitude : f\u00e9vrier 2025 restera une p\u00e9riode de tristesse et de questionnements pour de nombreux Anjouanais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mois de f\u00e9vrier 2025 restera grav\u00e9 dans la m\u00e9moire des Anjouanais comme une p\u00e9riode marqu\u00e9e par des trag\u00e9dies. Deux incidents dramatiques, survenus \u00e0 quelques semaines d&#8217;intervalle, ont co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 trois personnes, dont un p\u00e8re de famille et deux enfants. Ces \u00e9v\u00e9nements ont boulevers\u00e9 les habitants de Bazimini, Koki et Patsy, rappelant brutalement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":11589,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[483,97],"class_list":["post-11587","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe","tag-edition-521","tag-trending"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/11587","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/comments?post=11587"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/11587\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11614,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/posts\/11587\/revisions\/11614"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media\/11589"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/media?parent=11587"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/categories?post=11587"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/masiwa-comores.com\/json\/wp\/v2\/tags?post=11587"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}