{"id":11389,"date":"2025-01-16T14:27:56","date_gmt":"2025-01-16T11:27:56","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11389"},"modified":"2025-01-16T14:27:57","modified_gmt":"2025-01-16T11:27:57","slug":"la-republique-des-imberbes-ou-la-condamnation-dun-pouvoir-juvenile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/la-republique-des-imberbes-ou-la-condamnation-dun-pouvoir-juvenile\/","title":{"rendered":"La R\u00e9publique des Imberbes\u00a0 ou la condamnation d\u2019un pouvoir juv\u00e9nile"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>La R\u00e9publique des Imberbes de Mohamed Toihiri a rencontr\u00e9, d\u00e8s sa sortie, en 1985, un accueil mitig\u00e9 aux Comores. S\u2019il a marqu\u00e9 incontestablement tous les lettr\u00e9s du pays du fait de son geste inaugural de la litt\u00e9rature comorienne \u00e9crite francophone, il a aussi bouscul\u00e9 indubitablement les plus avis\u00e9s d\u2019entre eux \u00e0 cause du th\u00e8me abord\u00e9&nbsp;: le rejet du pouvoir r\u00e9volutionnaire \u00e0 l\u2019heure des deux blocs et de la domination du marxisme parmi l\u2019intelligentsia africaine et tiers-mondiste. Roman, en effet, aussi \u00e9tonnant que d\u00e9tonnant.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Nassurdine Ali Mhoumadi, Docteur \u00e8s Lettres et Arts<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Voil\u00e0 un roman \u00e9crit par une plume progressiste stigmatisant vigoureusement un pouvoir r\u00e9formateur renvers\u00e9 par des conservateurs appuy\u00e9s par l\u2019ancienne puissance coloniale. Et pour arranger le tout, la plupart des acteurs et des opposants de l\u2019histoire racont\u00e9e sont vivants \u00e0 la publication de l\u2019\u0153uvre, ce qui a souvent donn\u00e9 lieu \u00e0 des d\u00e9bats et des \u00e9changes houleux dans les milieux autoris\u00e9s et politis\u00e9s du pays. Reconnaissons qu\u2019un sentiment de g\u00eane a longtemps persist\u00e9,&nbsp;car une lecture simpliste de ce roman pouvait conclure \u00e0 un soutien implicite de la restauration qui a pourtant pris rapidement le visage d\u2019un r\u00e9gime r\u00e9actionnaire, r\u00e9pressif et sanguinaire. En r\u00e9alit\u00e9, il a fallu attendre la publication du <em>Kafir du Karthala<\/em> en 1992 pour mieux cerner le projet litt\u00e9raire et politique du romancier et dissiper les malentendus.<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi s\u2019agit-il vraiment&nbsp;? Eh bien d\u2019un roman historique qui raconte le destin d\u2019un certain homme qui a dirig\u00e9 son pays et qui a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 pr\u00e9cipitamment par des conservateurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Curieux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Guigoz, parce qu\u2019il s\u2019agit bien de lui, est un enfant issu d\u2019une famille modeste, fils d\u2019un polygame, scolaris\u00e9 d\u2019abord \u00e0 l\u2019\u00e9cole coranique avant d\u2019int\u00e9grer l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise \u00e0 douze ans o\u00f9 il est consid\u00e9r\u00e9 comme intelligent, mais turbulent. Ses camarades de l\u2019\u00e9cole primaire le craignent&nbsp;\u00e9norm\u00e9ment, car il est menteur, ran\u00e7onneur et manipulateur jusqu\u2019au jour o\u00f9 il s\u2019est fait pi\u00e9ger lui aussi&nbsp;: un \u00e9l\u00e8ve qu\u2019il maltraitait quotidiennement lui a servi de la viande de chien&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Il int\u00e8gre le coll\u00e8ge \u00e0 Tananarive o\u00f9 il obtient un CAP en agriculture qu\u2019il pr\u00e9sente aux non-initi\u00e9s comme un dipl\u00f4me d\u2019ing\u00e9nieur en agronomie. Gr\u00e2ce \u00e0 son intelligence, il obtient une bourse pour poursuivre ses \u00e9tudes en France o\u00f9 il d\u00e9cide de prendre le pouvoir aux Comores et o\u00f9 il se d\u00e9couvre m\u00e9galomane&nbsp;: il veut savoir, mais sans professeur&nbsp;; il ne veut plus personne au-dessus de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Fort curieux, il veut apprendre avec les livres, mais surtout avec la vie de tous les jours. Il d\u00e9vore des po\u00e8tes (Baudelaire, Verlaine, Senghor\u2026), des romanciers (Faulkner\u2026) ainsi que des th\u00e9oriciens politiques progressistes (Karl Marx, Frantz Fanon\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement aux mouvements litt\u00e9raires, \u00e0 la peinture, aux mus\u00e9es, aux musiques du monde, aux chevaux, aux \u00e9glises, aux diff\u00e9rentes religions, \u00e0 l\u2019anglais et \u00e0 la ville de Paris. Il s\u2019essaie, par simple curiosit\u00e9, \u00e0 l\u2019homosexualit\u00e9, au sexe \u00e0 plusieurs, aux drogues et stup\u00e9fiants ainsi qu\u2019aux diff\u00e9rentes boissons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rus\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rentr\u00e9 aux Comores, juste apr\u00e8s ses \u00e9tudes, le jeune homme, cultiv\u00e9, raffin\u00e9, brillant et cynique, semble pr\u00eat pour prendre le pouvoir. Lors de la r\u00e9union r\u00e9partissant les maroquins minist\u00e9riels, juste avant le coup d\u2019\u00c9tat qui va conduire la coalition de l\u2019opposition au pouvoir, le politicien rus\u00e9, domine tout le monde en r\u00e9ussissant \u00e0 imposer toutes ses id\u00e9es&nbsp;: il distribue les strapontins aux autres et s\u2019attribue le vrai pouvoir, c\u2019est-\u00e0-dire la force et l\u2019argent. Six mois plus tard, il parvient \u00e0 se hisser au sommet de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pouvoir imberbe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Devenu pr\u00e9sident, en fin psychologue et en homme r\u00e9fl\u00e9chi et nuanc\u00e9, il assoit son pouvoir&nbsp;sur la jeunesse \u00e0 partir de laquelle il met en place un vrai pouvoir excessif et r\u00e9pressif. Ses milices humilient, torturent et tuent si bien que son pouvoir semble <em>in fine<\/em> caract\u00e9ris\u00e9 par la cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9fiance, la manipulation de la jeunesse, la terreur, les rackets, la d\u00e9bauche, la soumission de la population en g\u00e9n\u00e9ral et la vassalisation des esprits \u00e9clair\u00e9s en particulier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La fin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le massacre d\u2019Iconi, Haidar, un jeune militaire, proche du r\u00e9gime, d\u00e9cide de quitter le navire r\u00e9volutionnaire, accompagn\u00e9 de sa copine moh\u00e9lienne et d\u2019une amie journaliste anjouanaise, \u00e0 bord d\u2019un avion d\u00e9tourn\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est l\u2019existence qui te transforme en terroriste ou en enfant de ch\u0153ur. Notre pays s\u2019\u00e9vertue \u00e0 nous transformer en terroristes en puissance, alors nous le deviendrons&nbsp;\u00bb (pp.194-195). Autrement dit, une partie de la jeunesse, pourtant bien impliqu\u00e9e dans le pouvoir, commence \u00e0 douter de la politique men\u00e9e. Une tentative d\u2019assassinat du pr\u00e9sident \u00e0 l\u2019aide d\u2019un couteau a \u00e9chou\u00e9 suivi d\u2019un semblant de proc\u00e8s au bout duquel Idjabou Karihila condamne fermement le nouveau pouvoir avant d\u2019assumer pleinement la responsabilit\u00e9 de la tentative d\u2019assassinat&nbsp;: \u00ab&nbsp;[\u2026] Certains amis et moi [\u2026] nous nous sommes rendus compte que la politique men\u00e9e par Guigoz entra\u00eene le pays dans le chaos. En tant qu\u2019anciens responsables de ce pays, nous ne pouvons pas rester des spectateurs passifs devant la catastrophe collective qui guette notre peuple. Il fallait A.G.I.R.&nbsp;\u00bb (pp. 212-213).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Condamnation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le narrateur de <em>La R\u00e9publique des Imberbes<\/em> consid\u00e8re le chef de la r\u00e9volution comorienne comme \u00ab&nbsp;Satan d\u00e9guis\u00e9&nbsp;\u00bb (12) et&nbsp;rejette clairement son pouvoir d\u00e8s le prologue : \u00ab&nbsp;Certes, certes, on ne pouvait pas dire que ces \u00eeles avaient toujours v\u00e9cu heureuses&nbsp;; mais jamais, au grand jamais, elles n\u2019avaient endur\u00e9 ce qu\u2019elles ont endur\u00e9 pendant ces deux ann\u00e9es et demie [\u2026]&nbsp;\u00bb (11). Il vomit donc la r\u00e9volution conduite par l\u2019agronome, mais non la r\u00e9volution tout court. Il pr\u00f4ne, en jeune et doux r\u00eaveur d\u2019ailleurs, un autre bouleversement social et soci\u00e9tal, mais <em>d\u00e9mocratique<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ha\u00efdar se rendit compte avec satisfaction qu\u2019en France les \u00e9tudiants comoriens organis\u00e9s en association menaient une lutte implacable contre cette coul\u00e9e de peste brune. Contrairement aux impatients, aux frustr\u00e9s qui n\u2019aspiraient qu\u2019\u00e0 reprendre le pouvoir, ces jeunes encore sains allaient semant la bonne graine&nbsp;: celle de l\u2019authentique r\u00e9volution d\u00e9mocratique&nbsp;\u00bb (pp.205-206).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9habilitation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9volution comorienne d\u2019inspiration marxiste pr\u00e9sentait, malgr\u00e9 tout, des avantages. Elle a tent\u00e9 par exemple d\u2019abolir les privil\u00e8ges issus de la colonisation, de moderniser le pays et de combattre l\u2019ignorance et le fanatisme.&nbsp;Elle a m\u00eame essay\u00e9 d\u2019esquisser un d\u00e9but de rationalisation de la soci\u00e9t\u00e9 comorienne pourtant ancr\u00e9e dans des superstitions depuis des si\u00e8cles&nbsp;: \u00ab&nbsp;On pouvait manger du ma\u00efs le soir, consommer de la viande la nuit dehors, boire debout juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la calebasse, jeter les ongles des orteils \u00e0 la maison. En cette p\u00e9riode de lutte contre la superstition, on pouvait m\u00eame ne pas soustraire ses cheveux coup\u00e9s des yeux de l\u2019ennemi, envoyer des condol\u00e9ances les dimanches, dire \u00e0 la m\u00e8re que son fils est beau. Bref le monde ne fut plus peupl\u00e9 que par des humains en chair et en os [\u2026]. Des Comores \u00e0 l\u2019envers, sans leur fonds superstitieux&nbsp;\u00bb (pp.74-75).<\/p>\n\n\n\n<p>Les milices r\u00e9volutionnaires ont su \u00e9galement montrer un v\u00e9ritable savoir-faire lors de l\u2019accueil des Comoriens de Majunga : \u00ab&nbsp;Apr\u00e8s l\u2019atterrissage, efficaces, les commandos Zazis prirent les choses en main. Ils inscrirent des noms, \u00e9tablirent des listes, r\u00e9partirent de pauvres h\u00e8res dans d\u2019autres \u00eeles et d\u2019autres villages que ceux de leurs origines, sous pr\u00e9texte d\u2019\u00e9viter trop d\u2019effusions familiales&nbsp;\u00bb (pp.99).<\/p>\n\n\n\n<p>La fin du roman est \u00e9logieuse pour le jeune dictateur qui le pr\u00e9sente comme un homme courageux qui assume ses actes&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00d4 certes, se disait-il, il y avait de tous petits exc\u00e8s, mais peut-on faire une omelette sans casser des \u0153ufs&nbsp;? Allons, allons, les enfants avaient raison et je ne regrette rien&nbsp;\u00bb (p.111). Homme courageux mais aussi sinc\u00e8re, volontaire, convaincu de son action et dot\u00e9 d\u2019une morale la\u00efque \u00e9loign\u00e9e de cette soci\u00e9t\u00e9 comorienne faussement religieuse&nbsp;: \u00ab&nbsp;N\u2019est jamais p\u00e9ch\u00e9s tout ce qu\u2019on fait en son \u00e2me et conscience. Tout ce qu\u2019on fait avec conviction. Ce que j\u2019ai fait je l\u2019ai fait avec foi. [\u2026] Faire ce qu\u2019on veut l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on est, je ne connais pas d\u2019autre morale&nbsp;\u00bb (pp.216-217).<\/p>\n\n\n\n<p>Un brevet de patriotisme lui est m\u00eame enfin d\u00e9cern\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si quelqu\u2019un devait faire son <em>mea culpa,<\/em> c\u2019\u00e9tait bien lui [le pr\u00e9sident renvers\u00e9 parle ici du Grand Imam venu le ramener \u00e0 Dieu avant son assassinat], mais pas moi qui n\u2019avais d\u2019autre but que de sortir mon peuple des limbes dans lesquelles l\u2019ont plong\u00e9 deux mill\u00e9naires de r\u00e9gime f\u00e9odal&nbsp;\u00bb (p.218). C\u2019est peut-\u00eatre pour cette raison qu\u2019une certaine partie de la population comorienne continue de voir planer son ombre partout m\u00eame apr\u00e8s sa mort&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Guigoz est un mort vivant, plus vivant que mort.&nbsp;\u00bb (p.224).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors&nbsp;? Qu\u2019est-il advenu de la r\u00e9volution juv\u00e9nile&nbsp;? Eh bien, son chef a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 et son \u0153uvre interrompue. Quant aux Comoriens, ils se sont jet\u00e9s, pieds et mains li\u00e9s, dans les bras des vieux, mais redevenus nouveaux ma\u00eetres du pays, car ce sont bien \u00ab&nbsp;[\u2026] de fins roublards. Ils savent plier l\u2019\u00e9chine pour qu\u2019ayant perdu toute m\u00e9fiance, vous vous en approchiez avec l\u2019intention de les \u00e9crabouiller compl\u00e8tement. Alors ils vous sautent \u00e0 la gorge et vous \u00e9tranglent&nbsp;\u00bb (75).<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La R\u00e9publique des Imberbes de Mohamed Toihiri a rencontr\u00e9, d\u00e8s sa sortie, en 1985, un accueil mitig\u00e9 aux Comores. 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