{"id":11321,"date":"2024-12-24T17:15:35","date_gmt":"2024-12-24T14:15:35","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11321"},"modified":"2024-12-24T17:15:37","modified_gmt":"2024-12-24T14:15:37","slug":"le-cdh-est-preoccupe-par-le-sort-de-me-gerard-youssouf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/justice\/le-cdh-est-preoccupe-par-le-sort-de-me-gerard-youssouf\/","title":{"rendered":"Le CDH est pr\u00e9occup\u00e9 par le sort de Me G\u00e9rard Youssouf"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>En exil depuis les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles du 14 janvier 2024, menac\u00e9 physiquement, harcel\u00e9 au t\u00e9l\u00e9phone apr\u00e8s avoir d\u00e9nonc\u00e9 les fraudes perp\u00e9tr\u00e9es au sein de la CENI, Me G\u00e9rard a saisi le Conseil des Droits de l\u2019Homme (CDH) de l\u2019ONU. Celui-ci a demand\u00e9 des explications au gouvernement comorien qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder le silence face aux accusations.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par MiB<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Me G\u00e9rard Youssouf Abdou est avocat au barreau de Moroni, un ancien magistrat. Il est \u00e9galement un collaborateur r\u00e9gulier du journal Masiwa depuis de nombreuses ann\u00e9es. Lors des derni\u00e8res \u00e9lections pr\u00e9sidentielles qui se sont tenus le 14 janvier 2024, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 comme repr\u00e9sentant de l\u2019opposant et candidat Mouigni Baraka au sein de la Commission \u00c9lectorale nationale ind\u00e9pendante (CENI). D\u2019abord confiant sur le processus, rassur\u00e9 en cela par le pr\u00e9sident de la CENI, Sa\u00efd Idrissa, il fait part aux m\u00e9dias de la bonne pr\u00e9paration du scrutin. Mais, \u00e0 l\u2019approche du vote, il commence \u00e0 d\u00e9chanter quand il voit les m\u00e9canismes de la fraude se mettre en place.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La CENI a organis\u00e9 la fraude<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 14 janvier, il assiste impuissant, comme la plupart des Comoriens \u00e0 ce qu\u2019il appelle \u00ab&nbsp;un plan&nbsp;\u00bb de fraude sur l\u2019ensemble du pays. Il voit m\u00eame les vid\u00e9os des responsables des bureaux de vote en train de \u00ab&nbsp;bourrer&nbsp;\u00bb les urnes ou des militaires qui r\u00e9cup\u00e8rent ces urnes d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019apr\u00e8s-midi et m\u00eame des personnalit\u00e9s politiques (Me Mohamed Ahamada Baco, vice-pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, le maire de Fomboni) \u00ab&nbsp;attrap\u00e9es&nbsp;\u00bb en train de frauder. Il entend l\u2019ordre donn\u00e9e au t\u00e9l\u00e9phone par le conseiller et fils du chef de l\u2019Etat, Nour el Fath Azali \u00e0 ses partisans pour qu\u2019ils commencent \u00e0 remplir les urnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout naturellement, en tant que membre de la CENI, il refuse de valider de faux r\u00e9sultats et quitte m\u00eame la c\u00e9r\u00e9monie de proclamation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soir m\u00eame, une personne l\u2019avertit de l\u2019imminence de son arrestation. C\u2019est cach\u00e9 qu\u2019il voit des militaires s\u2019arr\u00eater devant sa maison, y p\u00e9n\u00e9trer et repartir peu apr\u00e8s sans avoir arr\u00eat\u00e9 qui que ce soit. Quelques jours apr\u00e8s il quitte le pays pour sauver sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019ext\u00e9rieur, il a continu\u00e9 \u00e0 t\u00e9moigner et \u00e0 expliquer comment l\u2019\u00e9quipe de Sa\u00efd Idrissa s\u2019est alli\u00e9 au gouvernement et au parti pr\u00e9sidentiel pour organiser la fraude, puis pour fabriquer des chiffres aberrants qui n\u2019ont convaincu personne. Les chiffres fournis par la CENI \u00e9taient tellement incoh\u00e9rents que la Cour Supr\u00eame a \u00e9t\u00e9 contraint de fabriquer ses propres chiffres, ce qui n\u2019entre pas dans ses comp\u00e9tences. Et jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, ni la CENI ni la Cour Supr\u00eame n\u2019ont \u00e9t\u00e9 en mesure de fournir les r\u00e9sultats complets bureau par bureau.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une famille menac\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Me G\u00e9rard Youssouf Abdou est donc contraint de vivre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du pays depuis presqu\u2019un an pour pr\u00e9server sa vie. Il a donn\u00e9 des renseignements sur les fraudes au journal Masiwa, mais \u00e9galement au journal Le Monde. Et pour cela, il a \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9t\u00e9 y compris loin des Comores et le harc\u00e8lement n\u2019a toujours pas cess\u00e9. Les menaces pesaient \u00e9galement sur la famille aux Comores comme l\u2019\u00e9crivent les trois rapporteuses&nbsp;: \u00ab&nbsp;La famille de Me Abdou a v\u00e9cu dans un climat de crainte et de psychose, principalement en raison de la surveillance militaire exerc\u00e9e sur leur domicile cherchant \u00e0 obtenir des informations et des documents sur la localisation de Me Abdou. Ces actes de surveillance se d\u00e9roulaient principalement durant la nuit, cr\u00e9ant une atmosph\u00e8re d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 permanente.&nbsp;\u00bb L\u2019avocat est poursuivi et menac\u00e9 m\u00eame \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Selon le rapport du Conseil des Droits de l\u2019Homme de l\u2019ONU, il aurait m\u00eame \u00e9t\u00e9 la cible<\/p>\n\n\n\n<p>Me G\u00e9rard Youssouf Abdou a donc port\u00e9 son probl\u00e8me aupr\u00e8s du Conseil des Droits de l\u2019Homme des Nations Unies \u00e0 Gen\u00e8ve. Celui-ci a ouvert une enqu\u00eate pour harc\u00e8lement, menaces et d\u00e9placement forc\u00e9 et a donn\u00e9 mandats \u00e0 trois rapporteuses Irene Khan, Rapporteuse sp\u00e9ciale sur la promotion et la protection du droit \u00e0 la libert\u00e9 d&#8217;opinion et d&#8217;expression, Gina Romero, Rapporteuse sp\u00e9ciale sur le droit de r\u00e9union pacifique et la libert\u00e9 d&#8217;association et Mary Lawlor, Rapporteuse sp\u00e9ciale sur la situation des d\u00e9fenseurs des droits de l&#8217;homme pour enqu\u00eater et demander de plus amples informations au gouvernement comorien avant publication d\u2019un rapport.<\/p>\n\n\n\n<p>Des faits av\u00e9r\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce cadre que les trois rapporteuses ont demand\u00e9 par un long courrier dat\u00e9 du 17 octobre 2024 des renseignements au gouvernement comorien. Elles cherchent, entre autres, \u00e0 savoir \u00ab&nbsp;si des mandats d&#8217;arr\u00eat ou des poursuites judiciaires ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mis&nbsp;\u00bb contre Me G\u00e9rard Youssouf et sur la base de quels faits. Ils demandent des pr\u00e9cisions sur la protection des membres de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui luttent en faveur des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois rapporteuses demandent \u00e9galement au gouvernement comorien de leur faire conna\u00eetre les actions qu\u2019il a entreprises pour faire en sorte que les citoyens \u00ab&nbsp;puissent exercer leurs droits \u00e0 la libert\u00e9 d&#8217;expression, de r\u00e9union pacifique, d&#8217;association et, y compris les critiques du gouvernement, de ses politiques et des processus d\u00e9mocratiques tels que les processus \u00e9lectoraux, sans craindre d&#8217;\u00eatre arr\u00eat\u00e9s ou harcel\u00e9s.&nbsp;\u00bb \u00c0 Beit-Salam et m\u00eame \u00e0 la Commission nationale des Droits de l\u2019Homme et des Libert\u00e9s, les partisans du r\u00e9gime ont d\u00fb \u00eatre estomaqu\u00e9s. Le Conseil des Droits de l\u2019Homme leur demandait tout simplement de se d\u00e9noncer. Pourquoi ne pas leur demander aussi de raconter comment le jeune gendarme Ahmed Abdou Fanou a \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rapporteuses des Nations Unies avaient donn\u00e9 au gouvernement comorien deux mois pour apporter des \u00e9claircissements. Ce dernier a choisi de garder le silence, donnant ainsi toute cr\u00e9dibilit\u00e9 aux accusations et permettant ainsi aux rapporteuses de rendre publics les faits et de les ins\u00e9rer dans le rapport annuel.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En exil depuis les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles du 14 janvier 2024, menac\u00e9 physiquement, harcel\u00e9 au t\u00e9l\u00e9phone apr\u00e8s avoir d\u00e9nonc\u00e9 les fraudes perp\u00e9tr\u00e9es au sein de la CENI, Me G\u00e9rard a saisi le Conseil des Droits de l\u2019Homme (CDH) de l\u2019ONU. 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