{"id":11298,"date":"2024-12-17T10:06:43","date_gmt":"2024-12-17T07:06:43","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=11298"},"modified":"2024-12-17T10:06:45","modified_gmt":"2024-12-17T07:06:45","slug":"cyclone-chido-mayotte-devastee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/societe\/cyclone-chido-mayotte-devastee\/","title":{"rendered":"Cyclone Chido. Mayotte d\u00e9vast\u00e9e."},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>L\u2019\u0153il du cyclone Chido est pass\u00e9 sur l\u2019\u00eele de Mayotte d\u00e9vastant tout sur son passage et laissant des habitants sonn\u00e9s, qui ne r\u00e9alisent pas encore ce qui est arriv\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par MiB<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Aussi bien les autorit\u00e9s, les sp\u00e9cialistes que les simples habitants de l\u2019\u00eele de Mayotte, personne ne s\u2019attendait \u00e0 un cyclone d\u2019une aussi grande violence. Les images film\u00e9es par les habitants de Mayotte ou les drones des autorit\u00e9s entre samedi et dimanche offrent des paysages urbains apocalyptiques, une d\u00e9vastation sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019\u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des vents \u00e0 plus de 200km\/h<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la nuit de samedi, les vents \u00e9taient encore \u00e0 environ 130 km\/h, ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 assez puissant. Mais, au matin, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019intensifier et vers 8 heures du matin, au plus fort de la temp\u00eate, ils ont atteint rapidement plus de 200 km\/h. Avec une telle puissance, le cyclone a emport\u00e9 toutes les maisons en t\u00f4les des bidonvilles install\u00e9es autour du chef-lieu (Mamoudzou), mais aussi des deux villes de la Petite Terre (Labattoir et Pamandzi). Ainsi, les images montrent qu\u2019il ne reste des cabanes sur les collines de Kaweni ou de Bonobo qu\u2019un amas de t\u00f4les et de poutres en bois. Tout a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 par le vent. Les d\u00e9bris se retrouvent \u00e9galement sur la route nationale entre les Hauts-Vallons jusqu\u2019au village de Tsoundzou au sud de Mamoudzou. Il en est de m\u00eame dans les quartiers informels de la Petite Terre. L\u2019habitat informel \u00e0 l\u2019Antenne et ailleurs a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les maisons en briques ont subi la force impressionnante des vents, que ce soit sur le chef-lieu et ses environs ou en Petite Terre. Les toits des maisons (charpente et t\u00f4les) ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s et emport\u00e9s laissant le vent et la pluie p\u00e9n\u00e9trer dans les maisons. Ainsi des familles ont vu leurs affaires personnelles et les stocks faits pour tenir pendant le cyclone disparaitre en quelques minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en est de m\u00eame pour les nombreuses entreprises, petites et grandes. L\u00e0 aussi les toits se sont envol\u00e9s et l\u2019eau a d\u00e9truit le mat\u00e9riel informatique. L\u2019h\u00f4pital de Mamoudzou, principal h\u00f4pital de l\u2019\u00eele, a \u00e9galement subi les effets du cyclone et a \u00e9t\u00e9 inond\u00e9. D\u00e8s le lendemain, il a fallu au personnel nettoyer et reprendre le travail d\u2019autant qu\u2019une dizaine de bless\u00e9s tr\u00e8s graves et pr\u00e8s de 300 autres sont arriv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un bilan qui risque d\u2019\u00eatre lourd<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la fin du cyclone, les autorit\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019interroger sur le fait qu\u2019on ne voyait pas les habitants des quartiers informels. La pr\u00e9fecture et le Rectorat leur avaient demand\u00e9 de rejoindre les abris comme les gymnases et les \u00e9tablissements scolaires. Malheureusement, un grand nombre d\u2019entre eux ne s\u2019est pas rendu dans ces abris par peur d\u2019\u00eatre par la suite embarqu\u00e9 par la police. Ils ont donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 affronter la temp\u00eate dans ces petites cabanes pr\u00e9caires, ou m\u00eame, comme ce couple vu dans une vid\u00e9o dans les r\u00e9seaux sociaux, attendre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de peur d\u2019\u00eatre emport\u00e9s avec la maison quand le vent est devenu trop fort.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019indiquait depuis dimanche le pr\u00e9fet de Mayotte, visiblement tr\u00e8s marqu\u00e9 par l\u2019\u00e9preuve qu\u2019il a lui-m\u00eame v\u00e9cue, un bon nombre d\u2019habitants de Mayotte doit se trouver sous les t\u00f4les. Il faut esp\u00e9rer qu\u2019ils soient vivants. Mais, le pr\u00e9fet pr\u00e9voit des centaines, voire un millier de morts. Il avoue son incapacit\u00e9 \u00e0 tenir un registre du nombre exact, laissant entendre que l\u2019islam ordonnant l\u2019enterrement imm\u00e9diat des corps, il se pourrait que des gens inhument les corps de leurs proches dans les cimeti\u00e8res municipaux sans obtenir d\u2019autorisations des mairies, ce qui est peu probable. Et m\u00eame si c\u2019\u00e9tait le cas, cela n\u2019emp\u00eacherait pas de tenir un comptage des personnes enterr\u00e9es ces derniers jours dans les cimeti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sans eau, sans \u00e9lectricit\u00e9 et sans r\u00e9seau<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La bonne nouvelle est venue du sud, o\u00f9 il est vrai que les bidonvilles sont moins nombreux. Les d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels sont bien pr\u00e9sents, mais les maisons semblent avoir moins souffert et pour le moment, on ne compte pas de morts dans les grandes villes du sud. Les habitants sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour d\u00e9gager les axes et nettoyer les rues.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9silience, de nombreux t\u00e9moins ont pu la constater en Petite Terre o\u00f9 d\u00e8s le d\u00e9part du cyclone les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 reconstruire leurs cabanes. Que faire d\u2019autre pour des gens qui ne comptent que sur Dieu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans toutes les villes, les cons\u00e9quences imm\u00e9diates sont les m\u00eames&nbsp;: l\u2019absence d\u2019eau, d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et de r\u00e9seau de communication. Le t\u00e9l\u00e9phone semble ne fonctionner que dans Mamoudzou et en Petite Terre quand les gens trouvent de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 pour les charger. Cette absence de moyens de communication emp\u00eache les habitants d\u2019avoir de nouvelles d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 une autre, et notamment de la Petite Terre \u00e0 la Grande-Terre, encore moins entre les trois \u00eeles ind\u00e9pendantes et Mayotte, ou entre la France et Mayotte. L\u2019attente est donc longue depuis samedi soir et l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019avoir les proches au t\u00e9l\u00e9phone et de ne pas savoir ce qu\u2019ils sont devenus a cr\u00e9\u00e9 un sentiment d\u2019angoisse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019\u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus du manque d\u2019eau (l\u2019eau \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 rationn\u00e9e avant le cyclone), la faim et la famine risquent de s\u2019installer rapidement, car il n\u2019y a plus rien \u00e0 manger. Dans beaucoup de cas, les stocks qui avaient \u00e9t\u00e9 faits ont \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s par le cyclone ou sont en train de pourrir puisque les r\u00e9frig\u00e9rateurs ne sont pas aliment\u00e9s en \u00e9lectricit\u00e9. C\u2019est dire que la population attend avec impatience les ravitaillements de la R\u00e9union et de la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le seul a\u00e9roport de l\u2019\u00eele, celui de Pamandzi n\u2019est pas fonctionnel, la tour de contr\u00f4le \u00e9tant en partie d\u00e9truite, il peut accueillir des avions militaires. Le port de Longoni quant \u00e0 lui n\u2019a pas subi de destructions importantes et pourrait recevoir des bateaux avec de la nourriture et des mat\u00e9riaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Destruction de la faune et de la flore<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En temps normal, la population fait venir de l\u2019ext\u00e9rieur une bonne partie de sa nourriture. Aujourd\u2019hui, les arbres et les champs ont aussi \u00e9t\u00e9 d\u00e9vast\u00e9s. La situation de d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l\u2019ext\u00e9rieur est encore plus grande.<\/p>\n\n\n\n<p>Et il n\u2019y a pas que les cultures qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites, de nombreux arbres jonchent les routes. Autour du lac Dziani, en Petite Terre, il est aussi possible de se rendre compte de l\u2019ampleur de la destruction de la faune et de la flore dans une \u00eele dont l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mis en danger par les pratiques intensives de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les trois autres \u00eeles de l\u2019archipel, comme on pouvait le voir sur les diff\u00e9rentes trajectoires dessin\u00e9es par les sp\u00e9cialistes des cyclones, la temp\u00eate n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 forte et n\u2019a pas fait de gros d\u00e9g\u00e2ts en g\u00e9n\u00e9ral. La plupart des habitants interrog\u00e9s ont \u00e9voqu\u00e9 une forte pluie seulement. Pourtant, m\u00eame apr\u00e8s que l\u2019\u0153il du cyclone a quitt\u00e9 l\u2019\u00eele de Mayotte, le gouvernement et la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la S\u00e9curit\u00e9 civile (DGSC) ont continu\u00e9 \u00e0 faire croire qu\u2019un grand danger \u00e9tait encore imminent. Ce discours exag\u00e9r\u00e9ment alarmiste a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9 par certains journalistes de la place. Le chef de l\u2019\u00c9tat Azali Assoumani s\u2019est m\u00eame rendu dimanche dans les bureaux de la DGSC pour f\u00e9liciter la direction pour le travail accompli. Pendant ce temps, il n\u2019y a eu aucun mot pour les Comoriens de Mayotte. Il a fallu attendre le lundi, alors que nous bouclions le journal, pour qu\u2019enfin, le chef de l\u2019\u00c9tat prenne conscience de l\u2019ampleur de ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 Mayotte et stoppe le cin\u00e9ma qui se jouait \u00e0 Moroni, en pr\u00e9sentant ses condol\u00e9ances pour les morts et en d\u00e9cr\u00e9tant un deuil national d\u2019une semaine. Dans le communiqu\u00e9 de Beit-Salam, le chef de l\u2019\u00c9tat appelle les citoyens \u00e0 agir et \u00eatre solidaires envers les habitants de Mayotte, mais il n\u2019annonce aucune action concr\u00e8te de la part de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u0153il du cyclone Chido est pass\u00e9 sur l\u2019\u00eele de Mayotte d\u00e9vastant tout sur son passage et laissant des habitants sonn\u00e9s, qui ne r\u00e9alisent pas encore ce qui est arriv\u00e9. 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