{"id":10852,"date":"2024-08-13T08:52:02","date_gmt":"2024-08-13T05:52:02","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10852"},"modified":"2024-08-13T08:52:03","modified_gmt":"2024-08-13T05:52:03","slug":"la-saison-des-ambrevades-est-la","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/la-saison-des-ambrevades-est-la\/","title":{"rendered":"La saison des ambrevades est l\u00e0 !"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La saison des ambrevades est arriv\u00e9e \u00e0 Anjouan, comme partout dans l\u2019archipel des Comores.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Naenmati Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Cet aliment, appel\u00e9 aussi pois d\u2019Angole, est bien appr\u00e9ci\u00e9 par les Comoriens. D\u2019apr\u00e8s Bacar Abbas, un vieux monsieur originaire de Koni, \u00e2g\u00e9 de plus de quatre-vingts ans, ancien cultivateur qui r\u00e9side \u00e0 Tsembehou, \u00ab les ambrevades existent depuis longtemps, dans mon enfance on n\u2019avait pas besoin de manger du riz, avec les ambrevades, le manioc et les taros anjouanais on avait de quoi se nourrir toute l\u2019ann\u00e9e. On gardait les ambrevades s\u00e8ches et le manioc sec pendant plusieurs mois. Autrefois, il y avait une bonne r\u00e9colte et le riz n\u2019\u00e9tait pas important pour nous, il y avait une bonne quantit\u00e9 de r\u00e9colte plus qu\u2019aujourd\u2019hui. Maintenant on ne voit plus cela \u00bb. Bacar Abbas se rappelle tr\u00e8s bien de la place qu\u2019avait ce pois dans leur alimentation. En l\u2019\u00e9coutant parler, on se dit que le riz n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 l\u2019aliment de base des Comoriens. Selon le vieil homme, avant, la vie \u00e9tait facile, on mangeait sans se casser la t\u00eate pour savoir comment on va faire pour se nourrir. Il y avait dans leur maison en feuilles de cocotiers toute l\u2019ann\u00e9e de la nourriture \u00e9tal\u00e9e par terre et cela venait de leurs champs, donc manger n\u2019\u00e9tait pas vraiment un probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Un aliment appr\u00e9ci\u00e9 depuis longtemps<br>A priori, les ambrevades constituaient l\u2019aliment de base dans la culture culinaire des Comores comme le manioc, le coco, le taro anjouanais, l\u2019igname et le ma\u00efs. Ces aliments \u00e9taient essentiels pour eux. Maintenant ils sont en voie de disparition, puisque les r\u00e9coltes ne sont plus fructueuses.<br>Le vieil homme ne sait pas comment ce l\u00e9gume est arriv\u00e9 aux Comores, h\u00e9las ! J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 d\u2019autres personnes, d\u2019un certain \u00e2ge, ils se rappellent tous que durant leur enfance ce pois \u00e9tait leur repas quotidien, mais ils ne savent pas comment il est arriv\u00e9 aux Comores.<br>Hadhroimi Bacar, une heureuse grand-m\u00e8re de plusieurs petits enfants et arri\u00e8res petits-enfants, se rappelle que pendant son enfance, des femmes de Domoni apportaient des paniers et des chapeaux faits \u00e0 partir de feuilles de cocotiers pour faire du troc pour avoir des ambrevades \u00e0 Tsembehou.<br>L\u2019ambrevade est vraiment essentielle dans l\u2019alimentation des Comoriens que durant la saison des familles envoient des ambrevades \u00e0 leurs enfants et proches qui vivent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger comme par exemple en France ou \u00e0 Madagascar.<br>Le pois d\u2019Angole ou l\u2019ambrevade se conserve tr\u00e8s bien plusieurs mois durant. Apr\u00e8s avoir s\u00e9ch\u00e9 \u00e0 cause du soleil dans leurs arbres, on le cueille, ensuite, on le remet au soleil pendant quelques jours ensuite on l\u2019\u00e9cosse en utilisant des b\u00e2tons. On le garde ensuite dans des r\u00e9cipients qu\u2019on ferme tr\u00e8s bien pour que les insectes n\u2019entrent pas. On peut aussi le conserver quand il est encore frais, on doit encore une fois l\u2019\u00e9cosser, mais avec les doigts cette fois, ensuite on peut le garder pendant plusieurs mois ou m\u00eame un an au r\u00e9frig\u00e9rateur.<\/p>\n\n\n\n<p>La culture de l\u2019ambrevade<br>L\u2019ambrevade est cultiv\u00e9e \u00e0 partir de septembre jusqu\u2019\u00e0 octobre durant la saison s\u00e8che dans une terre labour\u00e9e par la houe. Ensuite, on attend la saison des pluies qui commence en novembre pour arroser les semences et faire germer les plantations. On utilise les ambrevades s\u00e8ches comme semences, car ce sont des graines. Et comme la culture du manioc est aussi importante que celle des ambrevades, on cultive d\u2019abord le manioc en le mettant en premier dans la terre qui est bien labour\u00e9e et on attend un peu que le manioc germe ensuite on s\u00e8me les ambrevades. Le manioc n\u2019a pas vraiment besoin de la saison des pluies, il peut germer en attendant la saison des pluies pour bien pousser. Si on fait le contraire ou si on cultive les ambrevades en m\u00eame temps que le manioc, les ambrevades ne vont pas bien germer \u00e0 cause de l\u2019enracinement de la culture du manioc qui est en fait un tubercule. On le cultive alors au m\u00eame moment, mais avec quelques semaines d\u2019intervalle.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ambrevades ne sont plus un aliment de base \u00e0 Anjouan<br>Les ambrevades ne sont plus un aliment de base pour les Comoriens parce que le secteur agraire est en difficult\u00e9 maintenant aux Comores. Il y a ceux qui ont des terres et ceux qui n\u2019en ont pas. Il y a ceux qui en ont, mais les parcelles sont insuffisantes pour leur donner une production suffisante pour entretenir leurs familles pendant toute l\u2019ann\u00e9e. Des fois, ceux qui en ont ne cultivent pas.<br>Il y a aussi le fait que dans des lopins de terre les cultivateurs mettent diff\u00e9rentes cultures comme la banane, le manioc, les ambrevades, l\u2019ylang-ylang, le girofle\u2026 ce qui fait que la production par la suite est mauvaise. Les cultivateurs parlent aussi du fait que les terres arables finissent par ne plus donner une bonne production. Ils disent aussi que si avant les r\u00e9coltes faisaient vivre, c\u2019est parce que la population \u00e9tait moindre par rapport \u00e0 aujourd\u2019hui, car maintenant il y a une forte densit\u00e9 de population.<br>La production de l\u2019ambrevade reste tout de m\u00eame essentielle dans les besoins des m\u00e9nages \u00e0 Anjouan malgr\u00e9 son insuffisance et sa pr\u00e9sence uniquement durant quelques mois. Les ambrevades permettent de soulager durant ces quelques mois des m\u00e9nages de la zone rurale. Durant cette saison beaucoup de familles n\u2019ont pas besoin d\u2019argent pour s\u2019acheter de quoi se nourrir, il suffit seulement qu\u2019ils aillent aux champs chercher des ambrevades, du manioc, de la banane et du coco. Malheureusement, la saison ne dure que deux ou trois mois, le pois ne reste pas longtemps dans les champs. Comme maintenant la plupart des Anjouanais ne sont plus paysans, beaucoup ach\u00e8tent au march\u00e9 avec 500 francs le tas. En ville, comme par exemple \u00e0 Mutsamudu, \u00e0 Mirontsi ou \u00e0 Ouani, le tas d\u2019ambrevades de 500 francs est tr\u00e8s r\u00e9duit par rapport a celui des villes de la campagne comme Tsembehou ou des villages comme Koni o\u00f9 le tas d\u2019ambrevades de 500 francs est bien gras. La raison de cela est que ceux qui vendent dans les campagnes ont cueilli dans leurs champs et ceux qui vendent en ville ou dans les march\u00e9s sont venus acheter \u00e0 Tsembehou ou \u00e0 Koni donc ils revendent plus cher pour pouvoir faire des b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n\n\n\n<p>Une vari\u00e9t\u00e9 culinaire toujours appr\u00e9ci\u00e9e durant sa saison.<br>Ce pois se cuisine en plusieurs fa\u00e7ons, en plat complet ou comme compl\u00e9ment pour garnir le riz. Il est utilis\u00e9 aussi comme rem\u00e8de contre la grippe.<br>Pour le plat complet, il faut le m\u00e9langer avec de la banane, du manioc ou du taro ou m\u00eame de l\u2019igname avec du coco. Vu que c\u2019est un pois, il faut bien couper les autres aliments en tout petits morceaux jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre de la m\u00eame taille que l\u2019ambrevade et ensuite mettre le lait de coco quand c\u2019est bien cuit. Pour les familles ais\u00e9es des villes, ils mettent de la viande en plus, ce qui n\u2019est pas du tout n\u00e9cessaire quand on a mis du lait de coco. Pour ceux qui n\u2019aiment pas le lait de coco, ils le remplacent par des tomates, des oignons, des \u00e9pices et de la viande ou du poisson.<br>Pour faire un compl\u00e9ment, on peut l\u2019utiliser comme les petits pois et faire de la sauce de l\u00e9gumes ou diff\u00e9rents mets. Mais la garniture la plus appr\u00e9ci\u00e9e des Comoriens c\u2019est de m\u00e9langer les ambrevades cuites avec du safran, des \u00e9pices, du lait de coco et de la tomate fra\u00eeche.<br>Pour l\u2019utiliser comme rem\u00e8de contre la grippe, on en fait une soupe en le faisant bouillir jusqu\u2019\u00e0 ce que \u00e7a cuit, ensuite on met du citron et du piment.<br>Les ambrevades sont essentielles dans l\u2019alimentation des Comoriens. Elles sont aussi cuisin\u00e9es dans les restaurants des \u00eeles de la lune durant la saison.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La saison des ambrevades est arriv\u00e9e \u00e0 Anjouan, comme partout dans l\u2019archipel des Comores. Par Naenmati Ibrahim Cet aliment, appel\u00e9 aussi pois d\u2019Angole, est bien appr\u00e9ci\u00e9 par les Comoriens. 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