{"id":10825,"date":"2024-08-31T09:14:00","date_gmt":"2024-08-31T06:14:00","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10825"},"modified":"2024-08-20T11:25:22","modified_gmt":"2024-08-20T08:25:22","slug":"kamar-al-koweit-dahmed-bacar-rezida-mohamedles-dessous-dune-trouvaille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/kamar-al-koweit-dahmed-bacar-rezida-mohamedles-dessous-dune-trouvaille\/","title":{"rendered":"\u00ab Kamar Al-Kowe\u00eft \u00bb d\u2019Ahmed Bacar Rezida MohamedLes dessous d\u2019une \u00ab trouvaille \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Je lis dans le besoin de me retrouver devant mon monde insulaire. Tout comme je lis pour mieux me retourner afin de bien regarder autrui en face de moi. \u00ab Kamar Al-Kowe\u00eft \u00bb est un roman \u00e9crit par un m\u00e9decin de formation. \u00ab Les dessous du naufrage \u00bb accompagne le titre que l\u2019auteur donne \u00e0 cette histoire dans laquelle chacun peut se retrouver facilement, s\u2019il se reconna\u00eet ou reconna\u00eet une personne parmi les personnages \u00e0 travers l\u2019utilisation des formules de politesse dans le roman. Si c\u2019est le naufrage en question, qui a \u00e9t\u00e9 ce fil conducteur pour rentrer directement dans cette litt\u00e9rature, celui-ci m\u2019a fait plus voir l\u2019utilisation des formules de politesse aux Comores et qu\u2019importe la circonstance chez certaines sensibilit\u00e9s.<br>Alors, lorsque je lis \u00ab Kamar Al-Kowe\u00eft \u00bb, j\u2019ai de l\u2019inspiration pour \u00e9crire de la po\u00e9sie. Et lorsque j\u2019\u00e9cris de la po\u00e9sie, cela donne ceci :<br>Ne sois plus qu&#8217;une langue<br>Qui s\u00e9duit<br>Qu\u2019une rencontre<br>Qu\u2019une formule<br>De politesse<br>Qui nous atteste<br>Ni ce qui nous arrange<br>Et qui d\u00e9truit !<br>Oui ! Une utilisation d\u2019une formule qui r\u00e9v\u00e8le la mani\u00e8re d\u2019\u00eatre et \u00eatre dans chaque soci\u00e9t\u00e9 des Comores. En effet, les \u00eeles sont n\u00e9es d\u2019une civilisation de tradition bantoue et elle s\u2019est mari\u00e9e de force avec une civilisation de tradition arabe. Sans trop spolier le travail de l\u2019auteur, j\u2019y vais relever mes formules retenues pour \u00e9crire encore de la po\u00e9sie\u2026 ! Car ce que je r\u00e9v\u00e8le ici n\u2019est que la sensibilit\u00e9 d\u2019un lecteur po\u00e8te. Ma propre sensibilit\u00e9 !<br>\u00ab Le Dr Boudra cria devant le portail entrouvert la coutumi\u00e8re formule pour entrer chez autrui : &#8211; Hodi ! [Quelque chose comme \u00ab Y a-t-il quelqu\u2019un dans cette maison ? \u00bb]<br>La r\u00e9ponse lui revient aussit\u00f4t de l\u2019autre bout du jardin.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Hodina ! Karibu. [Oui ! Vous pouvez entrer.]<br>La voix est celle d\u2019une femme, probablement l\u2019\u00e9pouse du commandant, pensa le m\u00e9decin. Mais il savait que sa d\u00e9duction avait une forte chance d\u2019\u00eatre erron\u00e9e. Cette voix pouvait \u00eatre celle de sa m\u00e8re, de sa belle-m\u00e8re, d\u2019un grand-parent, d\u2019une cousine ou d\u2019un autre membre de la famille, aussi bien du c\u00f4t\u00e9 du commandant que celui de sa femme. La notion de chez soi ayant une connotation toute particuli\u00e8re dans les familles comoriennes, diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations se c\u00f4toyaient et vivaient le plus souvent en harmonie\u2026<br>Le d\u00e9positaire de la voix mit fin au suspense. Non seulement elle avait reconnu imm\u00e9diatement le m\u00e9decin, mais elle ajouta :<\/li>\n\n\n\n<li>Mon mari vous attend [Mum\u00e9 wangu asihulidra]. Son oncle, Mw\u00e9gn\u00e9 Tocha [Monsieur Tocha qui, ailleurs, Mw\u00e9gn\u00e9 Tocha aurait \u00e9t\u00e9 nomin\u00e9 par Ba Foulani, Papa untel ou unetelle], l\u2019avertit que vous alliez passer le voir\u2026<br>Surpris par cet accueil, le Dr Boudra ne put que balbutier un \u00ab Kw\u00e9zi \u00bb [Mes respects, forcement accompagn\u00e9 d\u2019un Bw\u00e9ni, genre Kw\u00e9zi Bw\u00e9ni dans la descendance de tradition arabe et ailleurs Kw\u00e9zi Mama dans la tradition bantoue ; cela peut aussi varier selon les influences dominantes de la personne quelle que soit l\u2019origine, mais plut\u00f4t sa localisation g\u00e9ographique d\u2019influence] et d\u2019un \u00ab merci \u00bb [Marahaba] \u00e0 la femme du commandant \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>C\u2019est en lisant des extraits que je spolie ce texte malgr\u00e9 mon inintention, que je ne puis m\u2019emp\u00eacher d\u2019\u00e9crire de ma po\u00e9sie. Alors c\u2019est une \u00ab trouvaille \u00bb qui appelle ma lyre :<br>Qui elle,<br>Demande \u00e0 ce que nous apprenions nos formules<br>Aux autres<br>Avec l\u2019intention d\u2019apprendre les leurs.<br>Nos pudeurs<br>Nos valeurs<br>Qui sont communes<br>D\u2019origines diff\u00e9rentes<br>Mais toutes issues des \u00eeles de la \u00ab Lune \u00bb<br>Et qui ne peuvent \u00eatre que ce mariage forc\u00e9 avec un amour jalousement r\u00e9ciproque de nos deux civilisations<br>D\u2019o\u00f9 nos mal conversations<br>Puisque nos \u00e9motions<br>Peu importe leurs intentions<br>Ne sont que nos r\u00e9actions<br>Et toute dichotomie maladroite ne serait qu\u2019une honte !<\/p>\n\n\n\n<p>Alors je me mets encore \u00e0 lire des extraits de \u00ab Kamar Al-Kowe\u00eft \u00bb. Ahmed Bacar Rezida Mohamed, l\u2019auteur de cette litt\u00e9rature, je le surprends en m\u2019introduisant clandestinement dans son texte. Il oublie qu\u2019il est auteur et touche une sensibilit\u00e9 particuli\u00e8re. Dans cet extrait, Lat\u00e9ral re\u00e7oit l\u2019estime de l\u2019humain, du m\u00e9decin et plus que celui de l\u2019auteur\u2026<br>Et on lit : \u00ab j\u2019ai v\u00e9cu l\u2019enfer durant des ann\u00e9es. Bien s\u00fbr, c\u2019\u00e9tait encore plus difficile pour lui \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Puis aux voix, se sont ajout\u00e9s les gestes. Il s\u2019est mis \u00e0 t\u00e2ter le sol. On aurait dit qu\u2019il cherchait \u00e0 attraper des choses qui n\u2019existaient pas. Pourtant, on ne lui connaissait pas des troubles de la vision. Il \u00e9tait capable de mettre un fil dans le chas d\u2019une aiguille. Le plus honteux \u00e9tait\u2026<br>Il se mettait \u00e0 imiter ces pr\u00eacheurs sur le mihrab \u00e0 la mosqu\u00e9e du vendredi et \u00e0 huer l\u2019air comme un chien\u2026<br>D\u2019ailleurs, les jeunes du quartier n\u2019ont pas tard\u00e9 \u00e0 tous le surnommer le \u00ab renifleur \u00bb, oubliant qu\u2019il s\u2019appelait Mw\u00e9gn\u00e9 Lat\u00e9ral \u00bb.<br>Alors laisse-moi<br>\u00catre un fou solitaire<br>Croire que je suis seul sur terre<br>Laisse-moi<br>\u00catre un humain Vivre la vie comme festin<br>\u00ab Puis, apr\u00e8s \u00ab Chien renifleur \u00bb, il a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 de fou \u00bb mais l\u2019auteur le veut Mw\u00e9gn\u00e9 Lat\u00e9ral<br>Plus loin ailleurs, il serait Lat\u00e9<br>Ou Bo Lat\u00e9<br>Tout simplement Lat\u00e9ral<br>\u00c0 la fin du texte, Ahmed Bacar R\u00e9zida Mohamed rend \u00e0 la folie<br>Et le po\u00e8te que je suis succombe<br>Puisqu\u2019il lit<br>\u00ab A<br>Bw\u00e9ni Roihamatou Magouni<br>Kankal\u00e9<br>Pompidou<br>Lat\u00e9ral<br>M\u00e9ssi\u00e9 Abou [Monsieur Abou]<br>John<br>Et les autres \u00bb<br>Puisqu\u2019il y a toujours l\u2019autre qui attend notre consid\u00e9ration !<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>                                                                                    Salec Halidi Abderemane, po\u00e8te<\/code><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je lis dans le besoin de me retrouver devant mon monde insulaire. 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