{"id":10759,"date":"2024-07-09T22:09:20","date_gmt":"2024-07-09T19:09:20","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10759"},"modified":"2024-07-09T22:09:21","modified_gmt":"2024-07-09T19:09:21","slug":"a-anjouan-cest-la-saison-du-girofle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/economie\/a-anjouan-cest-la-saison-du-girofle\/","title":{"rendered":"\u00c0 Anjouan, c\u2019est la saison du girofle"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>La saison du girofle a commenc\u00e9, avec cette ann\u00e9e encore une production faible pour cette culture de rente qui permet \u00e0 certaines familles de joindre les deux bouts, mais qui est peu mise en valeur aux Comores.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Naenmati Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Et cette ann\u00e9e encore, la r\u00e9colte du girofle n\u2019est pas bonne. Dans certaines r\u00e9gions comme Bambao Mtruni, les habitants accusent les fortes pluies de cette ann\u00e9e d\u2019\u00eatre responsables de la mauvaise r\u00e9colte. Dans d\u2019autres r\u00e9gions autour de Sima ou dans le Nyumakele, il n\u2019y a m\u00eame pas eu d\u2019\u00e9closion des bourgeons dans les girofliers, donc pour les agriculteurs la saison s\u2019annon\u00e7ait mal depuis longtemps. Par cons\u00e9quent, ils n\u2019ont pas de girofle cette ann\u00e9e. Pourtant, dans ces r\u00e9gions, surtout \u00e0 Sima, la production du girofle est tr\u00e8s importante. Pour la r\u00e9gion de Bambao Mtruni, il y avait une tr\u00e8s bonne \u00e9closion dans les girofliers, beaucoup de paysans \u00e9taient heureux, la saison s\u2019annon\u00e7ait id\u00e9ale bien pour eux par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente o\u00f9 la saison \u00e9tait catastrophique. Mais, comme un triste sort, les fortes intemp\u00e9ries de cette ann\u00e9e, sont venues d\u00e9truire une bonne partie des r\u00e9coltes de plusieurs familles. Cependant, il y a quelques producteurs qui s\u2019en sortent suffisamment et d\u2019autres moyennement. Selon les estimations, c\u2019est dans cette r\u00e9gion qu\u2019on trouve un peu de girofle cette ann\u00e9e et dans quelques localit\u00e9s proches comme Bazmini et Jimlim\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Puisque la saison est mauvaise, plusieurs familles issues de la zone rurale sont tr\u00e8s malheureuses, car cette culture de rente leur permet d\u2019avoir des gains ou des profits non n\u00e9gligeables. D\u2019ailleurs, l\u2019argent gagn\u00e9 par ces familles paysannes est souvent utilis\u00e9 pour faire quelque chose d\u2019important comme commencer la construction d\u2019une maison, acheter une vache, \u00e9pargner pour les mariages ou pour l\u2019\u00e9ducation. Les jeunes du milieu rural en profitent aussi pour se faire des gains pour ensuite acheter des t\u00e9l\u00e9phones, des bicyclettes ou des motos. Les enfants aussi ont leur part des profits, et pour se faire plaisir, ils ach\u00e8tent des beignets, des sandwichs, des boissons et des jus et des fois des maillots de football. La production du girofle est donc importante dans l\u2019\u00eele parce que c\u2019est une \u00e9pice pr\u00e9cieuse et polyvalente. Elle joue ainsi un r\u00f4le dans la culture et dans l\u2019\u00e9conomie de ces familles issues de la paysannerie et de leurs localit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Histoire et Culture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Originaire d\u2019Indon\u00e9sie, le giroflier a trouv\u00e9 dans le climat tropical des Comores des conditions id\u00e9ales pour prosp\u00e9rer. Le girofle a \u00e9t\u00e9 introduit aux Comores par les colons fran\u00e7ais au XIXe si\u00e8cle, et depuis lors, il est devenu une composante essentielle de la vie \u00e9conomique et sociale de l\u2019archipel. La culture du girofle est \u00e9troitement li\u00e9e aux traditions locales, et \u00e0 chaque \u00e9tape de sa production, de la cueillette au d\u00e9corticage jusqu\u2019au s\u00e9chage et une initiation qui se fait avec joie et esprit de communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les hommes et les jeunes gar\u00e7ons qui s\u2019occupent de faire la cueillette. Les girofliers sont des arbres souvent grands, il faut une habilet\u00e9 pour grimper. Il y a m\u00eame des enfants qui font la cueillette, il suffit d\u2019\u00eatre capables de grimper \u00e0 l\u2019arbre, m\u00eame s\u2019il faut rappeler que, pour les enfants, c\u2019est un jeu risqu\u00e9 et les accidents ne sont pas rares en cette saison.<\/p>\n\n\n\n<p>La production commence par la r\u00e9colte des bourgeons floraux, qui sont soigneusement cueillis \u00e0 la main juste avant qu\u2019ils ne s\u2019\u00e9panouissent. Ce processus d\u00e9licat n\u00e9cessite une expertise et une pr\u00e9cision pour garantir la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9pice et la protection de l\u2019arbre. Les bourgeons sont ensuite s\u00e9ch\u00e9s au soleil jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils deviennent brun fonc\u00e9, pr\u00eats \u00e0 \u00eatre commercialis\u00e9s. Pour le s\u00e9chage ainsi que le d\u00e9corticage, ce sont le plus souvent les femmes qui s\u2019en occupent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Utilisations, bienfaits et importance \u00e9conomique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le girofle est largement utilis\u00e9 dans la cuisine comorienne pour aromatiser les plats traditionnels tels que le pilao, la cuisson des feuilles de tarot et divers plats de viande. En plus de son utilisation culinaire, le girofle est appr\u00e9ci\u00e9 pour ses propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales. Il est souvent employ\u00e9 localement pour soulager les maux de dents et les douleurs dentaires, gr\u00e2ce \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s analg\u00e9siques et antiseptiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En dehors de la cuisine et de la m\u00e9decine, le girofle est parfois utilis\u00e9 dans la fabrication de parfums et d\u2019huiles essentielles pour ses propri\u00e9t\u00e9s aromatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019\u00e9conomie du pays, l\u2019industrie du girofle n\u2019est pas encore adapt\u00e9e, elle est, en fait, inexistante aux Comores. Apr\u00e8s le s\u00e9chage, les producteurs le vendent \u00e0 des acheteurs locaux qui iront ensuite vendre \u00e0 des acheteurs nationaux qui vendront ensuite \u00e0 des acheteurs internationaux. Ce sont ces acheteurs internationaux qui vont dans leurs pays respectifs industrialiser le clou de girofle pour en faire du parfum et bien d\u2019autres produits comme des huiles essentielles. Ce sont donc les acheteurs \u00e9trangers qui sont les plus b\u00e9n\u00e9ficiaires puisqu\u2019 ils cr\u00e9ent des produits avec le girofle qu\u2019ils vont vendre \u00e0 des prix tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 ce que gagne un producteur local anjouanais.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10761\" style=\"width:490px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-300x300.jpg 300w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-150x150.jpg 150w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-768x768.jpg 768w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-600x600.jpg 600w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-100x100.jpg 100w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-75x75.jpg 75w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-350x350.jpg 350w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2-750x750.jpg 750w, https:\/\/masiwa-comores.com\/cififuv\/2024\/07\/girofle2.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s un cultivateur de Paj\u00e9, un quartier de la p\u00e9riph\u00e9rie de Mutsamudu, chef-lieu de l\u2019ile, \u00e0 Mayotte un sachet contenant quelques grammes de girofle co\u00fbterait dans les 3 euros ce qui fait 1500 fc, alors qu\u2019ici \u00e0 Anjouan le kilo varie entre 2500 et 3000 fc, ce qui est le prix cette ann\u00e9e. \u00ab&nbsp;C\u2019est inacceptable puisque c\u2019est nous qui faisons tout le travail de la culture, de la cueillette, le d\u00e9corticage et le s\u00e9chage, un travail p\u00e9nible&nbsp;\u00bb dit-il, mais un travail qui est mal r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Pourtant, cette culture de rente pourrait \u00eatre un moyen de cr\u00e9er des emplois dans le pays en initiant les producteurs ou ceux qui sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 travailler dans des usines de traitement du girofle pour cr\u00e9er des produits \u00ab&nbsp;made in Comoros&nbsp;\u00bb que le pays pourrait ensuite exporter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;D\u00e9fi et perspectives<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 son importance, la production du girofle aux Comores fait face \u00e0 des d\u00e9fis tels que les fluctuations des prix sur le march\u00e9 mondial et la concurrence accrue des autres pays producteurs comme Indon\u00e9sie et Madagascar.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement rien n\u2019est en cours pour am\u00e9liorer les techniques de culture, encourager la durabilit\u00e9 environnementale et diversifier les produits d\u00e9riv\u00e9s du girofle pour garantir un avenir durable \u00e0 cette pr\u00e9cieuse ressource.<\/p>\n\n\n\n<p>Le girofle occupe une place centrale dans la vie quotidienne, la culture et l\u2019\u00e9conomie des paysans, mais pas celle du pays. Pourtant son histoire riche, ses utilisations diverses et ses bienfaits tant culinaires que m\u00e9dicinaux en font une \u00e9pice v\u00e9ritablement pr\u00e9cieuse pour les habitants de l\u2019archipel et au-del\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La saison du girofle a commenc\u00e9, avec cette ann\u00e9e encore une production faible pour cette culture de rente qui permet \u00e0 certaines familles de joindre les deux bouts, mais qui est peu mise en valeur aux Comores. Naenmati Ibrahim Et cette ann\u00e9e encore, la r\u00e9colte du girofle n\u2019est pas bonne. 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