{"id":10583,"date":"2024-05-21T21:51:14","date_gmt":"2024-05-21T18:51:14","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10583"},"modified":"2024-05-21T21:51:15","modified_gmt":"2024-05-21T18:51:15","slug":"moina-anziza-princesse-de-deux-guerres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/culture\/moina-anziza-princesse-de-deux-guerres\/","title":{"rendered":"Moina Anziza, princesse de deux guerres"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Il est de coutume et souhaitable que les familles royales de Ngazidja en particulier et des Comores en g\u00e9n\u00e9ral, pendant la p\u00e9riode des sultans, se marient entre elles, pour pr\u00e9server leur rang princier.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Said Omar Said Athoumani<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">La princesse Moina Anziza, fille de la princesse Moina Wetru, elle-m\u00eame fille ain\u00e9e du sultan Ahmed Mwigni M\u2019kou et du prince anjouanais Said Hamza ben sultan Abdallah 1<sup>er<\/sup>, se trouvait au c\u0153ur d\u2019un projet de mariage initi\u00e9 par son grand-p\u00e8re, le sultan Ntibe de Ngazidja. Ce projet entrait dans un vaste plan de paix lanc\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant par Mwigni M\u2019kou pour instaurer la paix entre ses enfants en leur promettant que chacun r\u00e9gnera durant un an et avec le clan adverse, l\u2019Inya Fwambaya, en mariant le jeune sultan Msafumu d\u2019Itsandra ans \u00e0 sa petite-fille.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019explorateur allemand Otto Kresten qui rencontra Msafumu en 1864 \u00e0 Itsandra, lui donne l\u2019\u00e2ge de 27 ans et mentionne ce projet de mariage en \u00e9crivant que la paix commence \u00e0 s\u2019installer entre le sultanat de Bambao et celui d\u2019Itsandra \u00ab&nbsp;puisque Msafumu et son voisin de Moroni, Mwigni M\u2019kou, un homme respect\u00e9 de tous, sont des amis et, pendant mon s\u00e9jour, furent sur le point de nouer une alliance par mariage&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;Un explorateur allemand en 1864 \u00e0 Ngazidja, Otto Kersten&nbsp;\u00bb, <em>\u00c9tudes Oc\u00e9an Idien<\/em>, n\u00b053-54, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un sultan anjouanais exil\u00e9 \u00e0 Ngazidja<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On ne sait pas exactement quand la princesse a vu le jour au Djoumbe Msirintsini \u00e0 Moroni, mais qu\u2019importe l\u2019ann\u00e9e de sa naissance, son histoire li\u00e9e aux deux guerres a mobilis\u00e9 les quatre \u00eeles avec la premi\u00e8re intervention fran\u00e7aise \u00e0 Ngazidja en faveur de son grand-p\u00e8re, Mwigni M\u2019kou.<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re de Moina Anziza, le prince Said Hamza fut le Grand vizir de jeune sultan d\u2019Anjouan Allaoui II dit Allaoui M\u2019titi de 1836 jusqu\u2019\u00e0 1840, ann\u00e9e o\u00f9 le sultan Salim, son oncle, le chassa du pouvoir. Said Hamza se trouva en exil par cons\u00e9quent en voyageant successivement au Mozambique deux fois, en Inde, \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice avant de s\u2019installer \u00e0 Ngazidja d\u00e9finitivement en 1846 apr\u00e8s avoir perdu son navire et ses biens au Mozambique (\u00ab&nbsp;Les m\u00e9moires de Said Hamza el Masela&nbsp;\u00bb, Jean Martin, <em>\u00c9tudes Oc\u00e9an Indien<\/em>, n\u00b0 1, page 110). C\u2019est dans cette situation d\u2019exil que Sa\u00efd Hamza \u00e9pousa Mwana Wetru fille ain\u00e9e de Mwigni M\u2019kou avec la princesse Moina Hadidja binti sultan Cheikh Salim et devint aupr\u00e8s de son beau-p\u00e8re celui qui n\u00e9gocia avec les Fran\u00e7ais des relations commerciales.<\/p>\n\n\n\n<p>Mwigni M\u2019kou en faisant de Said Hamza \u00e0 la fois son gendre et son n\u00e9gociant aupr\u00e8s des Fran\u00e7ais, fut \u00e0 ce moment le prince anjouanais le plus impliqu\u00e9 sur la sc\u00e8ne politique de l\u2019archipel (le premier concern\u00e9 par le conflit opposant sultan Allaoui II et sultan Salim, la cession de Mayotte \u00e0 la France, fugitif aux yeux des Anglais de l\u2019\u00eele Maurice et un prot\u00e9g\u00e9 des Fran\u00e7ais) venait de s\u2019offrir la possibilit\u00e9 de mieux cerner les rivalit\u00e9s de deux puissances europ\u00e9ennes dans l\u2019Oc\u00e9an Indien. Cela nous permet de faire le lien avec le fait qu\u2019en mars 1849 sultan Ahmed Mwigni M\u2019kou n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 envoyer \u00e0 l\u2019\u00eele Maurice son fils Mohamed Ben Sultan et son autre gendre, prince anjouanais pour se plaindre des vis\u00e9es des Fran\u00e7ais et solliciter en m\u00eame temps un protectorat britannique pour Ngazidja (Jean Martin, tome 1, page 367).<\/p>\n\n\n\n<p>Cela est d\u2019autant plus \u00e9tonnant qu\u2019on sait que les relations commerciales entre les autorit\u00e9s fran\u00e7aises de Mayotte et Mwigni M\u2019kou ont v\u00e9ritablement commenc\u00e9 en janvier 1848, un an avant cette proposition de protectorat aux autorit\u00e9s britanniques de l\u2019\u00eele Maurice. Dans cette ann\u00e9e de 1849, Fumbavu continuait avec sa politique tr\u00e8s hostile aux puissances europ\u00e9ennes et aucune influence \u00e9trang\u00e8re ne s\u2019exer\u00e7ait sur lui contrairement \u00e0 Mwigni M\u2019kou. C\u2019est une p\u00e9riode tr\u00e8s charg\u00e9e, surtout qu\u2019il faut rajouter \u00e0 cela la fin de la grande guerre (Nkodo Nkuwu) en 1852 opposant Mwigni M\u2019kou et le sultan d\u2019Itsandra Fumbavu demi-fr\u00e8re de Msafumu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une strat\u00e9gie matrimoniale au service de la paix \u00e0 Ngazidja<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte de rivalit\u00e9s franco-anglo-zanzibarites dans l\u2019archipel, apr\u00e8s la guerre contre l\u2019inya Fwambaya, que le sultan Ahmed Mwigni M\u2019kou envisagea de mettre fin aux conflits int\u00e9rieurs de l\u2019\u00eele de Ngazidja. Il commen\u00e7a, nous dit Said Bakar dans \u00ab&nbsp;la chronique de Ngazidja&nbsp;\u00bb, par proposer \u00e0 ses fils un r\u00e8gne tournant d\u2019une dur\u00e9e d\u2019un an pour chacun et le partage des terres destin\u00e9es \u00e0 l\u2019agriculture pour ses filles (Chamanga, Chaudenson et Gueunier, 1979, T.1, page 650).<\/p>\n\n\n\n<p>Et pour instaurer une paix durable avec l\u2019Inya Fwambaya, Mwigni M\u2019kou entreprit un mariage de l\u2019une de ses petites-filles Moina Anziza binti Said Hamza ben sultan Abdallah 1<sup>er<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>La princesse n\u2019a pas pu na\u00eetre avant 1847. Puisque le mariage de ses parents a eu lieu en 1846 et comme elle est l\u2019enfant ain\u00e9e du couple, si elle est n\u00e9e en 1847, elle avait alors 13 ans lors de son mariage avec Msafumu. Moina Anziza n\u2019avait peut-\u00eatre pas atteint la maturit\u00e9 pour comprendre les raisons qui ont pouss\u00e9 une grande partie de sa famille et du sultanat de Bambao \u00e0 s\u2019opposer \u00e0 son mariage avec Msafumu. De m\u00eame qu\u2019elle ne devait pas comprendre non plus, pourquoi son grand-p\u00e8re Mwigni M\u2019kou utilisait son mariage avec Msafumu comme un moyen pour instaurer durablement la paix au moins dans l\u2019intention, entre l\u2019Inya Matswa Pirusa et l\u2019Inya Fwambaya.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout semble montrer que son grand-p\u00e8re \u00e9tait convaincu que le mariage n\u2019\u00e9tait pas un gage de paix \u00e0 100%, mais au moins, une strat\u00e9gie purement politique pour unir deux familles, deux parties.<\/p>\n\n\n\n<p>Mwigni M\u2019kou semble avoir de l\u2019exp\u00e9rience sur cet aspect. Il avait toujours privil\u00e9gi\u00e9 cette option de mariage notamment son premier mariage avec une princesse anjouanaise s\u0153ur de sultan Abdallah II et Salim II ben sultan Allaoui 1<sup>er<\/sup> qui lui a permis de b\u00e9n\u00e9ficier de temps en temps des appuis des soldats des sultans d\u2019Anjouan contre l\u2019Inya Fwambaya.<\/p>\n\n\n\n<p>Son mariage avec sa cousine directe Moina Hadidja, qui lui donna neuf enfants, lui a offert une situation particuli\u00e8re, selon l\u2019id\u00e9ologie de la monarchie de Ngazidja, par laquelle ses propres enfants pouvaient lui succ\u00e9der dans le propre sultanat de Bambao. Ses mariages avec Mzade Mbadjini (m\u00e8re de Djoumbe Hadidja et sultan Hachim) et Msingani binti Boina (m\u00e8re de sultan Abdallah) entrent dans cette logique et permettent \u00e0 Mwigni M\u2019kou de placer le Mbadjini et le Mbude sous son influence. Cela montre clairement que ce projet de mariage entre Msafumu et Moina Anziza n\u2019est que la continuit\u00e9 d\u2019une strat\u00e9gie d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9e par le grand-p\u00e8re de Moina Anziza.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9volte \u00e0 la Cour du sultanat de Bambao suivie par la destitution de Mwigni M\u2019kou et la prise du pouvoir par son fils Mohamed Ben Sultan, oncle de Moina Anziza, montre que celui-ci et les gens de Bambao voyaient dans ce projet de mariage un autre sc\u00e9nario, autre que la paix. Un sc\u00e9nario illustr\u00e9 plus ou moins par les propos des \u00ab&nbsp;Douze Hamadi&nbsp;\u00bb d\u2019Ikoni&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026 nous vivants, Msafumu ne foulera pas les marches du palais de Djoumbe Msirintsini&nbsp;\u00bb (Damir Ben Ali et alii, <em>Traditions d\u2019une lign\u00e9e royale aux Comores<\/em>, p. 77, 1985).<\/p>\n\n\n\n<p>Mohamed Ben Sultan et les gens de Bambao qui \u00e9taient contre ce mariage ne souhaitaient pas voir un jour un fils de Msafumu issu de ce couple et qui aurait l\u00e9gitimement le droit d\u2019h\u00e9riter du tr\u00f4ne de Bambao, gr\u00e2ce \u00e0 sa m\u00e8re y acc\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes au mois de d\u00e9cembre 1864 et la guerre est in\u00e9vitable et dans cette situation exceptionnelle, le grand-p\u00e8re b\u00e9n\u00e9ficia de l\u2019apport des troupes du futur \u00e9poux de sa petite fille. Mwigni M\u2019kou fut soutenu aussi par ceux de son fils Hachim en provenance de Mbadjini ainsi que la premi\u00e8re intervention militaire fran\u00e7aise \u00e0 Ngazidja, sous l\u2019autorisation du colonel Colomb. Il attaque son fils \u00e0 Moroni.<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois sultans alli\u00e9s, appuy\u00e9s par un b\u00e2timent fran\u00e7ais en provenance de Mayotte, r\u00e9ussit \u00e0 repousser les troupes command\u00e9es par Mohamed Ben Sultan qui s\u2019enfuit pour Zanzibar aupr\u00e8s du sultan de Zanzibar Sa\u00efd Madjid. Ce n\u2019est qu\u2019en 1867 que le sultan de Zanzibabr a pu r\u00e9concilier Mwigni M\u2019kou avec son fils.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Msafumu, entre les deux clans r\u00e9gnant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune sultan d\u2019Itsandra Msafumu \u00e9pousa au final la princesse Moina Anziza et se heurta en m\u00eame temps, malgr\u00e9 la paix retrouv\u00e9e, l\u2019attitude des princes de l\u2019Inya Matswa Pirusa qui \u00ab&nbsp;avaient m\u00eame souhait\u00e9 qu\u2019il [Msafumu] f\u00fbt tenu \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la f\u00eate organis\u00e9e, selon la coutume, en signe de r\u00e9conciliation apr\u00e8s la conclusion de paix&nbsp;\u00bb (Jean Martin, tome 1, page 377).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette hostilit\u00e9 des princes de l\u2019Inya Matswa Pirusa \u00e0 l\u2019\u00e9gard de sultan Msafumu, qui l\u2019avait profond\u00e9ment touch\u00e9, ne fut pas \u00e9tal\u00e9e dans le temps. Apr\u00e8s la mort de Mwigni M\u2019kou, voire m\u00eame un peu avant, pendant&nbsp; que Msafumu avait le titre de Ntibe de Ngazidja, une fonction qui lui donnait le droit de destituer tout sultan des sept sultanats de Ngazidja et de le \u00ab&nbsp;remplacer par un autre appartenant au m\u00eame lignage l\u00e9gitime dans la m\u00eame principaut\u00e9&nbsp;\u00bb, ces princes Inya Matswa Pirusa ont r\u00e9gn\u00e9 \u00e0 tour de r\u00f4le sous l\u2019autorit\u00e9 de Msafumu, au moins de 1875 jusqu\u2019en 1880, ann\u00e9e o\u00f9 Said Ali et sultan Hachim ont men\u00e9 une guerre contre le sultan Ntibe Msafumu.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019origine de cette guerre remonte en 1878. Sa\u00efd Ali venait de rentrer \u00e0 Ngazidja. L\u2019assembl\u00e9e de Bedja de Bambao voit une occasion de faire la guerre \u00e0 Msafumu, en apportant leur soutien \u00e0 Sa\u00efd Ali pour conqu\u00e9rir le pouvoir par la force si Msafumu refuse de le faire r\u00e9gner dans le Bambao en d\u00e9tr\u00f4nant son beau-fr\u00e8re sultan Abdallah ben Said Hamza.<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens du Bambao et les gens d\u2019Itsandra, avec le consentement de Msafumu, trouv\u00e8rent un arrangement pour d\u00e9tr\u00f4ner sultan Abdallah. Cette nouvelle n\u2019est pas bien accueillie par sa s\u0153ur, la princesse Moina Anziza, \u00e9pouse de Msafumu.<\/p>\n\n\n\n<p>La princesse va se trouver pour la deuxi\u00e8me fois au c\u0153ur de la veille d\u2019une nouvelle guerre opposant l\u2019inya Matswa Pirusa et l\u2019Inya Fwambaya. La particularit\u00e9 est que cette fois-ci, c\u2019est sa propre d\u00e9cision qui va peser tr\u00e8s lourdement sur la d\u00e9cision de son mari Ntibe de Ngazidja&nbsp;: \u00ab&nbsp;Msafumu, qui apparemment subit souvent l\u2019influence de ses \u00e9pouses, tergiverse et, malgr\u00e9 la pression de toute la cour de l\u2019Itsandra, n\u2019ose pas prendre une d\u00e9cision d\u00e9finitive&nbsp;\u00bb (Damir Ben Ali et alii, <em>Traditions d\u2019une lign\u00e9e royale aux Comores<\/em>, p. 83, 1985).<\/p>\n\n\n\n<p>Une situation qui n\u2019est pas sans rappeler la guerre de Mbude en 1867, qui a rompu l\u2019amiti\u00e9 du grand-p\u00e8re de Moina Anziza, Mwigni M\u2019kou et Msafumu. Par d\u2019incessantes pressions, Fahamwe Athoumani avait sollicit\u00e9 son mari Msafumu ben Fe Fumu de retirer \u00e0 Mshami Madjidi le titre de Mrumwa Itsandra (Ambassadeur d\u2019Itsandra) pour lui donner \u00e0 son fr\u00e8re Bwantamu Athoumani. Pour donner satisfaction \u00e0 sa femme, Msafumu s\u2019ex\u00e9cuta, ce qui finit par la guerre de Mbude et la fin de l\u2019amiti\u00e9 entre Msafumu et Sultan Ahmed.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans l\u2019opposition de sa femme, Moina Anziza, qui a refus\u00e9 que ce soit son mari \u00ab&nbsp;qui pousse Sultan Abdallah dans le trou. \u00bb (Damir ben Ali, Msafumu, page 101, 2016, L\u2019Harmattan), Msafumu serait rassemblement pass\u00e9 \u00e0 l\u2019acte pour installer Sa\u00efd Ali au pouvoir de Bambao.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La guerre contre Msafumu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et quand les Bedjas d\u2019Itsandra se mobilis\u00e8rent en adoptant une position radicale pour \u00e9viter une guerre contre Sa\u00efd Ali et ses alli\u00e9es, dont sultan Hachim et la station navale de Mayotte, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop tard. Sa\u00efd Ali a d\u00fb attendre deux ans le retour du p\u00e8lerinage de son oncle Hachim dans le Mbadjini. En avril 1880, Sa\u00efd Ali et Hachim attaquent Msafumu. Il est vaincu et assi\u00e9g\u00e9 dans sa r\u00e9sidence dans le Mbwanku. Mais, il r\u00e9ussit \u00e0 revenir en force en b\u00e9n\u00e9ficiant des soutiens allant jusqu\u2019\u00e0 Zanzibar et il assi\u00e8ge Moroni.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9action ouvre la voie \u00e0 une nouvelle et plus grande guerre \u00e0 Tsidj\u00e9 en octobre 1882. Elle a mobilis\u00e9 les sept Ngazidja, les quatre \u00eeles de l\u2019archipel. Msafumu a \u00e9t\u00e9 soutenu aussi par le sultan de Zanzibar derri\u00e8re lequel il avait l\u2019appui de l\u2019Angleterre. Sa\u00efd Ali b\u00e9n\u00e9ficiait de son c\u00f4t\u00e9 comme appui hors de l\u2019\u00eele, de soldats en provenance d\u2019Anjouan et de Mwali ainsi que l\u2019aide de la station navale fran\u00e7aise de Mayotte. Fin janvier 1883, Msafumu est vaincu puis captur\u00e9. Apr\u00e8s huit jours d\u2019emprisonnement \u00e0 Moroni, Msafumu est mort myst\u00e9rieusement dans sa prison le 7 f\u00e9vrier 1883.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa femme Moina Anziza, qui n\u2019avait pas le droit de voir son mari emprisonn\u00e9 au Bayidi, pas loin de son palais, pleurait pour cette situation inattendue pour elle. Le sultan Hachim la consola avec des termes qui r\u00e9sument les r\u00e8gles de la guerre selon la tradition&nbsp;: \u00ab cesse de pleurer [\u2026] Il n\u2019existe pas de guerre qui ne vous apporte \u00e0 la fois la victoire et la souffrance. Vous gagnez toutes les guerres et vous les perdez toutes en m\u00eame temps \u00bb (Damir Ben Ali, <em>Msafumu<\/em>, p. 174, 2016).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019historiographie sur l\u2019origine de ces deux guerres par rapport \u00e0 la personnalit\u00e9 de la princesse Moina Anziza ne peut pas valider certaine conclusion qui laissent penser que ce fut l\u2019opposition de Moina Anziza \u00e0 la d\u00e9cision de son mari qui est la cause de sa mort. Une telle r\u00e9flexion n\u2019est pas pertinente si on aborde cette histoire avec l\u2019aspect id\u00e9ologique de la r\u00e9alit\u00e9 de la monarchie de Ngazidja et la complexit\u00e9 de l\u2019histoire elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut remarquer que cette id\u00e9ologie sur laquelle sont fond\u00e9s les 7 sultanats de Ngazidja (\u00ab&nbsp;Ngazidja Nfukare&nbsp;\u00bb) a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9e par de nouvelles r\u00e8gles introduites par Sa\u00efd Ali, notamment sur la fa\u00e7on de faire la guerre. Un point de vue qui rejoint ce que souligne Damir Benali sur la m\u00e9connaissance dont a fait preuve Said Ali sur les traditions&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce qui arrive \u00e0 Msafumu dans sa prison, aucun roi de Ngazidja ne l\u2019a jamais connu (subi). Mais Sa\u00efd Ali est un \u00e9tranger aux us et coutumes&nbsp;\u00bb (Damir Ben Ali, <em>Msafumu<\/em>, p. 177, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est de coutume et souhaitable que les familles royales de Ngazidja en particulier et des Comores en g\u00e9n\u00e9ral, pendant la p\u00e9riode des sultans, se marient entre elles, pour pr\u00e9server leur rang princier. 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