{"id":10487,"date":"2024-04-22T23:26:18","date_gmt":"2024-04-22T20:26:18","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10487"},"modified":"2024-04-22T23:26:20","modified_gmt":"2024-04-22T20:26:20","slug":"le-cholera-sevit-de-nouveau-a-anjouan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/sante\/le-cholera-sevit-de-nouveau-a-anjouan\/","title":{"rendered":"Le chol\u00e9ra s\u00e9vit de nouveau \u00e0 Anjouan"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>La diffusion du chol\u00e9ra s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e ces derniers jours dans l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan. Les signes sont nombreux\u00a0: le manque d\u2019eau min\u00e9rale, mais aussi le ballet des ambulances \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Hombo (Mutsamudu). La population a enfin pris conscience que la maladie est bien l\u00e0.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par Naenmati Ibrahim<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Ce n&#8217;est pas la premi\u00e8re fois qu\u2019Anjouan se retrouve en pleine \u00e9pid\u00e9mie du chol\u00e9ra. Entre l&#8217;ann\u00e9e 1998 et l&#8217;ann\u00e9e 2000, le chol\u00e9ra \u00e9tait aux Comores. C&#8217;est durant l&#8217;an 2000 qu\u2019Anjouan a \u00e9t\u00e9 le plus intens\u00e9ment touch\u00e9e par cette maladie contagieuse et mortelle, qui a fait de nombreuses victimes. On a estim\u00e9 \u00e0 4000 cas et 100 morts sur une population de 250&nbsp;000 habitants durant cette p\u00e9riode. Les souvenirs tragiques du passage du chol\u00e9ra sont toujours l\u00e0 parce que beaucoup ont vu mourir des connaissances et d&#8217;autres ont perdu des proches.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, malgr\u00e9 cette exp\u00e9rience v\u00e9cue, il y a une d\u00e9faillance dans les restrictions \u00e0 faire pour lutter contre cette \u00e9pid\u00e9mie. Et cela est d\u00fb au fait que d\u00e8s le d\u00e9but de l&#8217;annonce par le gouvernement de l\u2019apparition de la maladie, \u00e0 la sortie d\u2019\u00e9lections qui ont \u00e9t\u00e9 tendues, l&#8217;affaire du chol\u00e9ra a \u00e9t\u00e9 politis\u00e9e et certains ont pr\u00e9tendu que le gouvernement voulait empocher de l&#8217;argent comme avec le coronavirus. Pour eux, il s\u2019agissait simplement du changement de saison puisqu\u2019\u00e0 cette p\u00e9riode o\u00f9 les ambr\u00e9vadiers sont en floraison, des virus circulent et les h\u00f4pitaux sont remplis de malades. Pour d&#8217;autres, c\u2019est le riz onicor pourri qui provoque les vomissements et les diarrh\u00e9es. D\u2019autres encore, pr\u00e9tendaient que c\u2019\u00e9taient les coupures fr\u00e9quentes d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 qui provoquaient des intoxications.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra existe bel et bien \u00e0 Anjouan, et c\u2019est par la Grande-Comore qu&#8217;il est arriv\u00e9 dans le pays, par un bateau en provenance de la Tanzanie fin janvier (Lire \u00ab&nbsp;Le chol\u00e9ra est toujours l\u00e0&nbsp;\u00bb, Masiwa n\u00b0473, 1<sup>er<\/sup> avril 2024). Les premiers anjouanais atteints par le chol\u00e9ra avaient s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 la Grande-Comore et c\u2019est en rentrant dans leur \u00eele d\u2019origine qu&#8217;ils ont contamin\u00e9 leurs proches. Par la suite, la maladie s&#8217;est propag\u00e9e dans toute l\u2019\u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 l&#8217;exemple de cette femme originaire de Koni Djodjo qui a quitt\u00e9 Ngazidja en \u00e9tant malade pour venir s\u2019installer chez elle sans suivi ni traitement parce qu\u2019elle avait honte \u00e0 se rendre \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital. Elle a fini par contaminer tous ses enfants et ce n&#8217;est qu\u2019apr\u00e8s la mort de l&#8217;un d\u2019eux qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e avec tous ses enfants \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital de Bambao Mtsanga.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sympt\u00f4mes sont les m\u00eames&nbsp;qu\u2019en l&#8217;an 2000&nbsp;: diarrh\u00e9es persistantes suivies de vomissements. Les mesures \u00e0 prendre sont pourtant tr\u00e8s simples. Il suffit de se laver les mains plusieurs fois par jour avec de l\u2019eau contenant du savon et du javel, surtout avant de manger. Ces derniers jours on voit dans les \u00e9tablissements administratifs des seaux et des grosses bouteilles remplies d&#8217;eau javellis\u00e9e pour que les gens se lavent les mains avant d&#8217;y entrer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La panique dans l&#8217;\u00eele<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais, on continue \u00e0 faire croire que c\u2019est juste une punition divine. Et \u00e0 cause de ces r\u00e9ticences de la population, la maladie se propage \u00e0 une vitesse telle que les h\u00f4pitaux sont d\u00e9pass\u00e9s par les effets de cette \u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Anjouan, la maladie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e une semaine apr\u00e8s la Grande-Comore d\u00e9but f\u00e9vrier. Le ministre de la Sant\u00e9 note pour l&#8217;ensemble de l\u2019archipel 1484 cas, dont 31 d\u00e9c\u00e8s communautaires, sept d\u00e9c\u00e8s hospitaliers et onze cas import\u00e9s depuis le d\u00e9but de l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie. En outre, pour l&#8217;\u00eele d&#8217;Anjouan au 14 avril, on comptait 929 cas positifs, 676 gu\u00e9ris (72,8 % de taux de gu\u00e9rison). Et pour le 16 avril, le minist\u00e8re de la sant\u00e9 avait notifi\u00e9 69 nouveaux cas pour Anjouan.<\/p>\n\n\n\n<p>Une panique semble s\u2019\u00eatre empar\u00e9e de l\u2019\u00eele. Un signe de cette panique&nbsp;: l&#8217;eau en bouteille se fait rare. Pour \u00e9viter de boire l&#8217;eau de robinet qui n\u2019est pas du tout trait\u00e9 \u00e0 Anjouan, les gens pr\u00e9f\u00e8rent acheter de l&#8217;eau en bouteille.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les Anjouanais les plus avertis, conscients de la situation sanitaire, la fin du mois de ramadan repr\u00e9sentait une inqui\u00e9tude. Le ramadan avait ralenti la maladie parce que les gens ne mangeaient pas dans la journ\u00e9e. La pauvret\u00e9 dans l\u2019\u00eele fait que beaucoup de m\u00e9nages ne cuisinent pas dans la journ\u00e9e, donc on mange tout ce qu&#8217;on trouve tant que c&#8217;est comestible&nbsp;: les adultes mangent dans les gargotes, les enfants ach\u00e8tent des beignets dans la&nbsp; rue et souvent ces repas cuisin\u00e9s dehors ne sont pas couverts et les mouches porteuses de la maladie se posent sur la nourriture. Il arrive aussi que les enfants ramassent des fruits par terre pour manger sans les laver. Tant de raisons qui font que la situation peut devenir incontr\u00f4lable dans l&#8217;\u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&#8217;h\u00f4pital de Hombo est d\u00e9bord\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la persistance de certains \u00e0 ne pas croire au retour du chol\u00e9ra, dans certaines localit\u00e9s \u00e0 Anjouan, la panique et la peur se sont install\u00e9es. Dans la ville de Domoni, par exemple, les habitants sont effray\u00e9s parce que tous les jours on annonce des d\u00e9c\u00e8s dans leur ville. En une semaine, on a compt\u00e9 dix-sept morts. Dans la ville, on a m\u00eame ferm\u00e9 les \u00e9coles en attendant de trouver une solution pour se prot\u00e9ger de la maladie. Mais, des parents craignent de voir leurs enfants prendre du retard dans leur scolarit\u00e9, ils m\u00e8nent donc des r\u00e9flexions pour entrevoir des mesures \u00e0 prendre pour pouvoir reprendre l&#8217;\u00e9cole. \u00c0 cause de cette situation, certains ont peur de se rendre \u00e0 Domoni. Pourtant, pour les habitants de la ville, la maladie vient des villages \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Pour mettre fin \u00e0 ce fl\u00e9au, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de se prendre en main, ils commencent par une grande pri\u00e8re pour demander l&#8217;aide du Seigneur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intensification de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra \u00e0 Anjouan est visible \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Hombo, notamment par le concert des ambulances&nbsp;emmenant de nouveaux malades : une \u00e0 chaque minute parfois. Les m\u00e9decins sont d\u00e9bord\u00e9s et les familles des patients sont inqui\u00e8tes. Les familles accusent les responsables de l&#8217;h\u00f4pital de ne pas nourrir les malades tout en leur interdisant d&#8217;apporter de la nourriture. Malgr\u00e9 l&#8217;interdiction, ils viennent avec de la nourriture et finissent apr\u00e8s de longues palabres par la remettre \u00e0 un employ\u00e9 de l\u2019h\u00f4pital pour le proche malade. Pour le responsable sanitaire, ces familles n\u2019ont pas le droit de venir \u00e0 l&#8217;endroit o\u00f9 l&#8217;on a hospitalis\u00e9 les malades, surtout dans la partie r\u00e9serv\u00e9e aux malades du chol\u00e9ra. Mais les familles se sont quand m\u00eame entass\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais comment l\u2019\u00eele peut ne pas \u00eatre d\u00e9bord\u00e9e par la maladie quand on laisse Mutsamudu, le chef-lieu d\u2019Anjouan, avec ces d\u00e9chets qui s&#8217;accumulent dans les rues et au bord de la mer\u2009? Le pire c&#8217;est que pr\u00e8s des march\u00e9s de Mutsamudu, les gens qui viennent dans la ville pour leurs affaires se rendent dans les gargotes pour manger des plats rapidement. Ici aussi, pour les habitants du chef-lieu, ce sont les autres, les \u00e9trangers \u00e0 la ville venus des diff\u00e9rentes localit\u00e9s de l\u2019\u00eele qui sont responsables des salet\u00e9s et donc de la diffusion de la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La diffusion du chol\u00e9ra s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e ces derniers jours dans l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan. Les signes sont nombreux\u00a0: le manque d\u2019eau min\u00e9rale, mais aussi le ballet des ambulances \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Hombo (Mutsamudu). La population a enfin pris conscience que la maladie est bien l\u00e0. 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