{"id":10427,"date":"2024-03-26T22:07:08","date_gmt":"2024-03-26T19:07:08","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10427"},"modified":"2024-03-26T22:07:09","modified_gmt":"2024-03-26T19:07:09","slug":"la-reddition-definitive-du-parti-radhi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/la-reddition-definitive-du-parti-radhi\/","title":{"rendered":"La reddition d\u00e9finitive du parti RADHI"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Le parti RADHI a officialis\u00e9 son inexistence sur la sc\u00e8ne politique le 21 mars dernier au cours d\u2019une conf\u00e9rence de presse qui a vite pris les allures d\u2019une reddition avec option \u00ab\u00a0autoflagellation\u00a0\u00bb. Il a \u00e9t\u00e9 question de deux fr\u00e8res qui se retrouvent dans le m\u00eame lit 10 ans apr\u00e8s et d\u2019adolescents ayant quitt\u00e9 la maison familiale suite \u00e0 une crise \u00e0 la pubert\u00e9 et qui retrouvent enfin \u00ab\u00a0leur p\u00e8re\u00a0\u00bb. Mais, aussi de \u00ab\u00a0sortir du mensonge\u00a0\u00bb enfin\u2026 Au final, l\u2019\u00e9quation selon laquelle on ne quitte jamais vraiment la CRC a \u00e9t\u00e9 encore une fois d\u00e9montr\u00e9e.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par MiB<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), Youssoufa Mohamed Belou, son adjoint Nour el Fath Azali et le ministre de l\u2019Agriculture et leader du parti RADHI, Houmed Msa\u00efdi\u00e9 avaient convoqu\u00e9 la presse le 21 mars dernier pour annoncer la fusion entre le parti RADHI et la CRC. En r\u00e9alit\u00e9, il ne s\u2019agissait pas de la fusion de deux partis, mais chacun pouvait constater en lisant la d\u00e9claration commune que la grosse b\u00eate avait aval\u00e9 la plus petite. Le RADHI, qui n\u2019avait plus, en r\u00e9alit\u00e9, aucune existence r\u00e9elle, \u00e0 part la pr\u00e9sence de deux de ses leaders dans le gouvernement d\u2019Azali Assoumani, en sachant que le deuxi\u00e8me, l\u2019actuel ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Fakri Mradabi, avait d\u00e9j\u00e0 pris le chemin du retour vers Azali et la CRC, d\u00e8s 2016, bien avant Houmed Msaidi\u00e9. Quelques membres du parti RADHI, qui avaient auparavant \u00e9t\u00e9 membres de la CRC accompagnaient le porte-parole du gouvernement : celui qui devait jouer le r\u00f4le de Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti depuis cinq ans, Abdallah Moumine, mais aussi Ali Abdallah et Mohamed Ahamada.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux fr\u00e8res dans le m\u00eame lit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y avait pas d\u2019engouement dans cette c\u00e9r\u00e9monie. \u00c0 l\u2019image de l\u2019ouverture faite par celui qui depuis un moment fait office de grand notable de la CRC, Abdoulanzize, qui a tenu un discours creux avec une image douteuse comparant la situation des deux partis \u00e0 celle de deux fr\u00e8res qui dormaient dans le m\u00eame lit et qui se sont embrouill\u00e9s avant de se retrouver dans le m\u00eame lit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les visages du premier rang laissaient entrevoir les pens\u00e9es. Youssouffa Mohamed Belou buvait du petit lait en savourant la reddition de ceux qui avaient quitt\u00e9 autrefois le parti et Houmed Msaidi\u00e9 qui s\u2019effor\u00e7ait de donner l\u2019image \u00e0 la fois de l\u2019insouciance et de l\u2019assurance. La d\u00e9sinvolture avec laquelle s\u2019exprimait le ministre de l\u2019Agriculture pouvait laisser penser qu\u2019il allait l\u00e2cher la politique, apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es en tant que ministre ou opposant. En tout cas, une certaine lassitude apparaissait.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, le parti RADHI \u00e9tait mort depuis l\u2019entr\u00e9e de son leader dans le gouvernement d\u2019Azali Assoumani. Il avait \u00e9clat\u00e9 en plusieurs morceaux et il ne restait v\u00e9ritablement qu\u2019une partie des anciens CRC. Ceux qui n\u2019avaient jamais fr\u00e9quent\u00e9 la CRC avaient quitt\u00e9 le bateau depuis longtemps pour ne pas \u00eatre ligot\u00e9s et amen\u00e9s comme tribut offert \u00e0 un chef de l\u2019\u00c9tat qui a confisqu\u00e9 tous les pouvoirs. Ce 21 mars, Houmed Msaidi\u00e9 n\u2019a fait que signer l\u2019acte de d\u00e9c\u00e8s officiel d\u2019un parti qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 lui-m\u00eame assassin\u00e9 pour satisfaire des ambitions personnelles, et pas seulement les siennes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Une crise de la pubert\u00e9&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Houmed Msaidi\u00e9 a situ\u00e9 la cr\u00e9ation du parti RADHi en 2014 dans un contexte d\u2019une simple dispute familiale au sein de la CRC. Reprenant presque l\u2019image avanc\u00e9e par Abdoulanzize, il d\u00e9clarait m\u00eame que l\u2019acte de rupture qu\u2019il a men\u00e9 avec quelques cadres de ce parti, il y a dix ans, n\u2019\u00e9tait qu\u2019une crise de la \u00ab&nbsp;pubert\u00e9&nbsp;\u00bb, une crise de quelques adolescents qui, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre oppos\u00e9s au p\u00e8re (il reste \u00e0 savoir qui \u00e9tait le p\u00e8re), \u00ab&nbsp;retournent \u00e0 la maison&nbsp;\u00bb. Une belle image emprunt\u00e9e \u00e0 la psychologie freudienne.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, ces images, t\u00e9moins du degr\u00e9 o\u00f9 est parvenue la politique comorienne, sont destin\u00e9es, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 att\u00e9nuer la mise \u00e0 genoux et de l\u2019autre \u00e0 rendre modeste un triomphe \u00e9clatant d\u2019Azali Assoumani et \u00e9viter de brusquer des militants qui subissent en se taisant depuis cinq ans. Mais, depuis sa cr\u00e9ation et jusqu\u2019en 2016, le parti RADHI n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9manation de la rupture de Houmed Msaidi\u00e9 et Aboudou Soefo avec la CRC. Certes, une bonne partie \u00e9tait compos\u00e9e des cadres qui ont suivi ces deux hommes en 2014, au moment de leur rupture cons\u00e9cutive \u00e0 \u00ab&nbsp;cette crise de la pubert\u00e9&nbsp;\u00bb ou de l\u2019adolescence. Mais, Houmed Msaidi\u00e9 fait semblant d\u2019oublier que RADHI c\u2019est la r\u00e9sultante d\u2019une rencontre entre plusieurs leaders, qui n\u2019\u00e9taient pas tous issus de la CRC, et qui ont mis sur la table leurs exp\u00e9riences diff\u00e9rentes et surtout des cadres qu\u2019ils dirigeaient dans d\u2019autres partis. Les journalistes pr\u00e9sents pendant cette conf\u00e9rence de presse, endormis par l\u2019image d\u2019\u00c9pinal de l\u2019adolescent qui a pass\u00e9 le cap de la pubert\u00e9 et qui retourne au bercail, ont eux aussi tout simplement oubli\u00e9 que parmi les fondateurs du parti RADHI, il y avait Midhoire Sagaf et Kamar Ezamane issus d\u2019autres partis et d\u2019autres parcours politiques. Tous ceux-l\u00e0 ont rompu avec Houmed Msaidi\u00e9 au moment o\u00f9 il a pris la d\u00e9cision quasi unilat\u00e9rale de rejoindre celui qu\u2019ils venaient de combattre durement pendant les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. En plus de ces personnalit\u00e9s qui ont toujours \u00e9volu\u00e9 hors de la CRC, il faut aussi tenir compte du d\u00e9part pour divergences de point de vue d\u2019Aboudou Soefo et surtout d\u2019un des artisans de la cr\u00e9ation de RADHI, un cadre qui a d\u00e9cid\u00e9 de se mettre en dehors de la politique, Mdjomba Moussa, qui avait pris le risque de s\u2019attirer d\u00e9finitivement les foudres d\u2019Azali en partant avec Houmed Msaidi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ambition du grand parti<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif annonc\u00e9 par le fils du pr\u00e9sident est donc de cr\u00e9er un grand parti autour de son p\u00e8re, un projet men\u00e9 depuis l\u2019\u00e9lection d\u2019Azali en 2016, mais qui n\u2019a jamais vraiment abouti. On se rappelle qu\u2019en 2018, Azali avait exig\u00e9 que tous les partis qui soutenaient son action se r\u00e9unissent pour en former un seul. Les partis qui \u00e9taient alors dans la mouvance pr\u00e9sidentielle posaient des conditions et le parti Orange, du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9poque, Mohamed Daoudou Kiki avait cat\u00e9goriquement refus\u00e9 les directives d\u2019Azali. Seul le parti RADHI de Houmed Msaidi\u00e9 avait favorablement r\u00e9pondu \u00e0 la demande du chef de l\u2019\u00c9tat. Dans une sorte d\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale r\u00e9duite, le leader de RADHI avait d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 sa d\u00e9cision \u00e0 ses partisans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet a capot\u00e9 du fait aussi qu\u2019Azali Assoumani cherchait alors \u00e0 d\u00e9montrer \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, avant les pr\u00e9sidentielles de 2019, qu\u2019il avait un nombre cons\u00e9quent de partis qui le soutenaient. Depuis, le parti RADHI n\u2019existait pas vraiment que de nom, priv\u00e9 d\u2019\u00e9lus nationaux et locaux, de d\u00e9bats internes et m\u00eame de vie des militants.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc l\u00e9gitime de se demander, ce qui va changer v\u00e9ritablement avec cette reddition. Il est probable qu\u2019il n\u2019y aura rien de plus pour le camp gouvernemental dans la mesure o\u00f9 ce qui reste des militants de RADHI collabore d\u00e9j\u00e0 avec le pouvoir et la CRC. Et d\u2019autre part, on constate que la structuration du parti CRC, sorti du Congr\u00e8s de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e pour faire place \u00e0 des personnalit\u00e9s de RADHI qui ont d\u00e9j\u00e0 rejoint le pouvoir depuis plusieurs mois. Toutefois, Youssouffa Mohamed Ali a pr\u00e9vu de rencontrer Msaidi\u00e9 pour discuter de l\u2019avenir du pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Houmed Msaidi\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;sortir du mensonge et aller vers la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Msaidi\u00e9 a lui-m\u00eame reconnu, en r\u00e9pondant \u00e0 une question d\u2019un journaliste, que depuis les Assises (2017), les deux partis \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 ensemble et il s\u2019agit \u00ab&nbsp;maintenant de sortir du mensonge et d\u2019aller vers la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb. Le mensonge dont il parle est bien s\u00fbr le fait de faire croire aux gens depuis cinq ans qu\u2019il existe un parti RADHI ind\u00e9pendant du pouvoir CRC.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est probable que Houmed Msaidi\u00e9, comme d\u2019autres fondateurs du parti CRC, a \u00e9t\u00e9 somm\u00e9 par le chef de l\u2019\u00c9tat de proc\u00e9der \u00e0 la transmission progressive de la machine au conseiller priv\u00e9 et non moins fils du chef de l\u2019\u00c9tat, Nour el Fath Azali. Il s\u2019est ex\u00e9cut\u00e9 sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me pour ne pas continuer \u00e0 se mentir \u00e0 lui-m\u00eame, puis \u00e0 mentir \u00e0 ses militants. Un grand pas que peu de gens peuvent comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois ce pas franchi, il prend la figure du Sage en politique et donne des le\u00e7ons, d\u2019abord aux partis de la mouvance pr\u00e9sidentielle (qui en r\u00e9alit\u00e9 ne fonctionne pas), puis aux opposants en leur demandant de s\u2019unir. Et il se pr\u00e9sente ainsi comme un pr\u00e9curseur dans ce domaine. Autrement dit, il exige des autres ce qu\u2019il n\u2019a pas voulu faire lorsque, battu aux \u00e9lections par Azali en 2016, il s\u2019est retrouv\u00e9 opposant, et qu\u2019il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 choisir la facilit\u00e9 en se ralliant \u00e0 celui qui d\u00e9tenait les pouvoirs. Il justifie cela par une phrase incroyable, mais qui confirme l\u2019all\u00e9geance faite \u00e0 Azali, sinc\u00e8rement ou non : \u00ab&nbsp;Comment pourrais-je \u00eatre opposant \u00e0 Azali, puisque tout ce qu\u2019il souhaite, Dieu le lui accorde, je suis donc oblig\u00e9 de me mettre derri\u00e8re lui&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Houmed Msaidi\u00e9 et Youssouf Mohamed Belou ont sign\u00e9 une d\u00e9claration commune devant les m\u00e9dias. Cette d\u00e9claration poursuit dans l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 en affirmant que les deux partis proc\u00e8dent \u00e0 une \u00ab&nbsp;r\u00e9unification&nbsp;\u00bb alors que les leaders ont expliqu\u00e9 pendant la conf\u00e9rence de presse que RADHI va revenir au bercail, c\u2019est-\u00e0-dire dispara\u00eetre d\u00e9finitivement.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le parti RADHI a officialis\u00e9 son inexistence sur la sc\u00e8ne politique le 21 mars dernier au cours d\u2019une conf\u00e9rence de presse qui a vite pris les allures d\u2019une reddition avec option \u00ab\u00a0autoflagellation\u00a0\u00bb. 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