{"id":10225,"date":"2024-01-29T09:33:55","date_gmt":"2024-01-29T06:33:55","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10225"},"modified":"2024-01-29T10:05:32","modified_gmt":"2024-01-29T07:05:32","slug":"572-le-nouveau-bluff-des-azalistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/572-le-nouveau-bluff-des-azalistes\/","title":{"rendered":"57,2%. Le nouveau bluff"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Proclam\u00e9 vainqueur par la CENI le 16 janvier avec 16,3% de participation et 33.209 \u00e9lecteurs, Azali Assoumani a finalement \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 par la Cour Supr\u00eame comme \u00e9lu avec un taux de participation de 56,44% et plus de 99 541 votants. Comment un joueur qui a choisi tous les arbitres peut-il perdre un match ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">En 2019, la Cour Supr\u00eame dont tous les juges ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s par le candidat Azali Assoumani avait r\u00e9ussi la performance de d\u00e9clarer ce dernier \u00e9lu \u00e0 59 %, alors que la plupart des urnes entrepos\u00e9es \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 ouvertes et que de nombreuses autres avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites. Cette fois, la m\u00eame Cour dont la pr\u00e9sidente a \u00e9t\u00e9 remerci\u00e9e par le candidat-pr\u00e9sident apr\u00e8s le d\u00e9but du processus \u00e9lectoral, a r\u00e9ussi a d\u00e9clar\u00e9 Azali Assoumani, vainqueur \u00e0 57,02%, sans tenir compte des Proc\u00e8s-Verbaux qui ont consign\u00e9 le comptage des voix et qui portent les signatures des membres des bureaux et assesseurs des candidats. Sans tenir compte des nombreuses irr\u00e9gularit\u00e9s et bourrages d\u2019urnes film\u00e9s et vus par le monde entier.<\/p>\n\n\n\n<p>Des chiffres qui pr\u00eatent \u00e0 confusion<br>Les Comoriens et la communaut\u00e9 internationale ont \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9s de voir en image, le pr\u00e9sident de la Commission \u00c9lectorale Nationale et Ind\u00e9pendante (CENI), Sa\u00efd Idrissa, d\u00e9couvrir avec \u00e9tonnement le chiffre de 16,30% de participation au moment m\u00eame o\u00f9 ils lisaient en direct son discours de proclamation des r\u00e9sultats. Les 16,30% repr\u00e9sentent 55.258 personnes sur les 338.940 Comoriens inscrits sur les listes \u00e9lectorales. La CENI accordait ainsi au vainqueur, Azali Assoumani 33.209 voix, soit environ 10%.<br>On aurait pu penser qu\u2019apr\u00e8s avoir examin\u00e9 de plus pr\u00e8s le discours qu\u2019on lui a donn\u00e9 \u00e0 lire, Sa\u00efd Idrissa reconnaisse ses erreurs et les rectifie, ce qui n\u2019est pas l\u00e9galement possible, mais aurait un peu sauv\u00e9 l\u2019image d\u00e9sastreuse que la CENI continue \u00e0 cultiver depuis le fameux \u00ab 104 \u00bb (qui \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 le fait de la CEII de Ngazidja). Mais, le pr\u00e9sident de la CENI a confirm\u00e9 les m\u00eames chiffres, y compris les chiffres des trois bureaux de la ville de Tsinimoipanga o\u00f9 l\u2019\u00e9lection n\u2019a pas eu lieu (fait constat\u00e9 par le candidat Mohamed Daoudou et par la Cour Supr\u00eame) et les a d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 la Cour Supr\u00eame.<br>Th\u00e9oriquement, comme l\u2019indique le Code \u00e9lectoral, la Cour Supr\u00eame re\u00e7oit en m\u00eame temps que la CENI et le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, les m\u00eames PV sign\u00e9s des membres des bureaux. Elle devrait donc parvenir aux m\u00eames r\u00e9sultats que la CENI et ensuite v\u00e9rifier juste les r\u00e9clamations des candidats et faire quelques r\u00e9glages \u00e0 la marge. La variation entre les chiffres de la CENI et ceux auxquels parvient la Cour Supr\u00eame n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement pas tr\u00e8s importante. Mais, cette fois, la Cour Supr\u00eame est all\u00e9e tr\u00e8s loin donnant des chiffres compl\u00e8tement diff\u00e9rents de ceux de la CENI, sans expliquer d\u2019o\u00f9 ils les sortent.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chiffres myst\u00e8res de la Cour Supr\u00eame<br>On peut noter tout d\u2019abord que les juges, tous nomm\u00e9s par le candidat Azali Assoumani, ont annul\u00e9 un nombre important de bureaux de vote. Pour la plupart d\u2019entre eux, le bourrage \u00e9tait trop \u00e9vident (nombre de votants sup\u00e9rieur au nombre figurant sur la liste \u00e9lectorale). Pourtant, elle va trouver un nombre de votants de 191.297, soit pr\u00e8s de quatre fois plus que le chiffre de la CENI (55.258), ce qui lui permet d\u2019arriver \u00e0 56,44% de participation. Les juges de la Cour Supr\u00eame accordent au pr\u00e9sident qui les a d\u00e9sign\u00e9s 99.541 \u00e9lecteurs, soit trois fois plus que les voix donn\u00e9es par la CENI. Une telle diff\u00e9rence entre les chiffres de la CENI et ceux de la Cour Supr\u00eame, c\u2019est du jamais vu dans l\u2019histoire \u00e9lectorale des Comores ou d\u2019un autre pays. On peut dire que la Cour Supr\u00eame a jou\u00e9 le r\u00f4le du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur et de la CENI en ne tenant pas compte de leur comptage, alors que ces trois instances sont cens\u00e9es avoir eu les m\u00eames PV. C\u2019est un terrible d\u00e9saveu de la CENI et le pr\u00e9sident de cette institution, Sa\u00efd Idrissa qui se vantait pourtant d\u2019\u00eatre un juriste et d\u2019\u00eatre en mesure d\u2019organiser des \u00e9lections irr\u00e9prochables. Il devrait lui-m\u00eame se poser la question de son maintien \u00e0 la t\u00eate de la CENI, au vu de toutes ces \u00ab erreurs \u00bb.<br>La Cour Supr\u00eame aurait pu chasser les forts soup\u00e7ons de fraude en fournissant aux candidats et aux citoyens comoriens un tableau r\u00e9capitulatif des r\u00e9sultats bureau par bureau. Cela aurait permis, en toute transparence, aux candidats de comparer avec les chiffres qui sont sur les PV. Elle n\u2019a pas jug\u00e9 cela n\u00e9cessaire et renforce ainsi l\u2019id\u00e9e que ce sont, comme en 2019, des chiffres fabriqu\u00e9s par l\u2019\u00e9quipe de campagne du pr\u00e9sident sortant. Elle n\u2019a que superficiellement examin\u00e9 les nombreuses fraudes dont les Comoriens ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins directs ou indirects \u00e0 travers de nombreuses vid\u00e9os ou des audios comme celui du fils et conseiller sp\u00e9cial d\u2019Azali, Nour el Fath qui donne des instructions pour bourrer les urnes d\u00e8s que possible. Il faut dire que dans leur renonciation \u00e0 examiner les faits, les juges de la Cour Supr\u00eame ont \u00e9t\u00e9 amplement aid\u00e9s par le manque de s\u00e9rieux et de rigueur des avocats des candidats qui devaient rapporter chaque infraction, bureau par bureau, avec les preuves correspondantes, et qui se sont content\u00e9s de peu pour exiger l\u2019annulation globale du scrutin, ce qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 fait aux Comores depuis que les Comoriens votent en 1945.<br>La Cour Supr\u00eame avait des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s sur le terrain, elle n\u2019a pas pu ne pas constater ce que tous les Comoriens ont vu. Or la loi \u00e9lectorale lui permet de constater elle-m\u00eame les fraudes sur le terrain. Elle a tout simplement refus\u00e9 de les voir.<br>Les candidats comme les journalistes et les observateurs impartiaux continuent \u00e0 se demander sur quels PV se basent les d\u00e9cisions de la Cour qui valident une industrie de la fraude mise en place par le clan Azali. Aujourd\u2019hui, aucun Comorien ne peut confirmer mat\u00e9riellement les chiffres invent\u00e9s par le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur et valid\u00e9s par la Cour Supr\u00eame. Les 57,2% s\u2019apparentent \u00e0 un coup de bluff mis en place par la direction de campagne d\u2019Azali Assoumani. On aurait envie de rire et de dire : \u00ab Passons \u00e0 autre chose \u00bb, mais le bluff a du mal \u00e0 passer et il y a, m\u00eame s\u2019ils ne le reconnaissent pas, de la tristesse et de la d\u00e9ception sur les visages et dans les voix d\u2019une grande majorit\u00e9 des Comoriens, comme si malgr\u00e9 les \u00e9vidences qui apparaissaient avant la campagne \u00e9lectorale, ils avaient fini par croire qu\u2019ils pouvaient juguler la fraude industrielle qui se pr\u00e9parait au niveau du gouvernement et du pr\u00e9sident-candidat.<\/p>\n\n\n\n<p>La fraude et apr\u00e8s ?<br>Les partisans de la dictature, du moins une fraction d\u2019entre eux, f\u00eatent leurs victoires dans des h\u00f4tels, des twarabs et dans des processions, faites aussi pour narguer les partisans de l\u2019opposition, \u00e0 l\u2019image du comportement de la premi\u00e8re dame, Ambari Darou\u00e8che, qui dans ces f\u00eates \u00e0 Ngazidja a pris la parole plusieurs fois pour d\u00e9crocher des fl\u00e8ches venimeuses \u00e0 ses adversaires, comme pour se lib\u00e9rer elle-m\u00eame d\u2019une peur qu\u2019elle traine depuis des mois.<br>La fraude massive, mais surtout l\u2019incompatibilit\u00e9 entre les chiffres pr\u00e9sent\u00e9s par la CENI et ceux officialis\u00e9s par la Cour Supr\u00eame cr\u00e9e un malaise, m\u00eame parmi lesdits vainqueurs, qui ont port\u00e9 des r\u00e9clamations. Encore une fois l\u2019\u00e9lection d\u2019Azali Assoumani n\u2019est pas cr\u00e9dible et l\u2019ancien colonel putschiste va s\u2019imposer uniquement parce que c\u2019est lui qui contr\u00f4le l\u2019arm\u00e9e. Cette incertitude et ce manque de confiance envers un gouvernement qui parait ill\u00e9gitime, c\u2019est ce que vivent les Comoriens depuis 2018. Cela cr\u00e9e la division et enraye toute possibilit\u00e9 de d\u00e9veloppement du pays.<br>Sorti de ces \u00e9lections rat\u00e9es, conscient de ne pas avoir de majorit\u00e9, le gouvernement Azali ne peut m\u00eame pas se mettre au travail pour tenter de relever un pays qui s\u2019enfonce et qui n\u2019arrive toujours pas \u00e0 satisfaire ses besoins essentiels (eau, \u00e9lectricit\u00e9, nourriture\u2026). Ce gouvernement va devoir faire face \u00e0 une crise post\u00e9lectorale, avec son lot d\u2019arrestations et de lib\u00e9rations en cours, puis pendant plusieurs mois, imaginer diverses strat\u00e9gies pour donner l\u2019illusion d\u2019avoir remport\u00e9 les \u00e9lections l\u00e9gislatives et municipales de l\u2019ann\u00e9e prochaine.<br>Quant \u00e0 l\u2019opposition qui ne fait de politique que pendant les \u00e9lections, elle va \u00eatre occup\u00e9e dans le m\u00eame faux d\u00e9bat de participer ou ne pas participer aux \u00e9lections l\u00e9gislatives et municipales.<br>Apr\u00e8s les \u00e9lections, dont l\u2019issue est ais\u00e9ment pr\u00e9visible au regard de la situation actuelle o\u00f9 les arbitres (CNTDE, CEII, CENI et Cour Supr\u00eame) sont contr\u00f4l\u00e9s par les militants du parti au pouvoir ou par le chef de l\u2019\u00c9tat, le pays risque d\u2019entrer dans une nouvelle crise post\u00e9lectorale. Cela peut durer une ann\u00e9e ou deux, puis le chef de l\u2019\u00c9tat qui n\u2019a aucune intention de quitter le pouvoir pourrait engager une r\u00e9forme de la Constitution pour \u00e9liminer d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9finitive la tournante. Apr\u00e8s cela, il pourra se lancer dans la pr\u00e9paration des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2029.<br>C\u2019est certes un calendrier et des pr\u00e9visions catastrophiques pour le pays, mais nous y allons tout droit. \u00c0 moins qu\u2019une solution ne parvienne \u00e0 mettre fin \u00e0 la concentration de tous les pouvoirs entre les mains du clan Azali.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Proclam\u00e9 vainqueur par la CENI le 16 janvier avec 16,3% de participation et 33.209 \u00e9lecteurs, Azali Assoumani a finalement \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 par la Cour Supr\u00eame comme \u00e9lu avec un taux de participation de 56,44% et plus de 99 541 votants. 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