{"id":10088,"date":"2023-12-19T06:52:15","date_gmt":"2023-12-19T03:52:15","guid":{"rendered":"https:\/\/masiwa-comores.com\/?p=10088"},"modified":"2023-12-19T06:52:17","modified_gmt":"2023-12-19T03:52:17","slug":"le-candidat-azali-ne-quittera-pas-la-presidence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masiwa-comores.com\/politique\/le-candidat-azali-ne-quittera-pas-la-presidence\/","title":{"rendered":"Le candidat Azali ne quittera pas la pr\u00e9sidence"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Sans surprise, la Cour Supr\u00eame dont tous les membres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9s par le candidat Azali Assoumani a confort\u00e9 ce dernier dans sa d\u00e9cision de se maintenir \u00e0 la pr\u00e9sidence tout en faisant campagne.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par MiB<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La semaine derni\u00e8re le feuilleton de la pr\u00e9sidentielle comorienne a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par la remise en cause de la candidature du chef de l\u2019\u00c9tat, Azali Assoumani. Ce dernier a d\u00e9cid\u00e9 de se maintenir \u00e0 la pr\u00e9sidence tout en faisant campagne. C\u2019est une position interdite par le code \u00e9lectoral, vot\u00e9 par l\u2019Assembl\u00e9e de l\u2019Union le 27 d\u00e9cembre 2022 et promulgu\u00e9 par le m\u00eame Azali le 8 mars dernier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une position ill\u00e9gale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, l\u2019article 199 de ce Code \u00e9lectoral&nbsp;\u00e9nonce que \u00ab&nbsp;Les candidats aux \u00e9lections doivent prendre cong\u00e9 de leur poste public \u00e9lectif ou nominatif d\u00e8s publication de la liste d\u00e9finitive des candidats ou de listes de candidats sous peine de disqualification&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette id\u00e9e est reprise dans la loi organisant l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident de l\u2019Union, vot\u00e9e par le Parlement comorien le 3 mars 2023. Elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente dans la Constitution de 2001 (Azali avait alors d\u00fb c\u00e9der la pr\u00e9sidence \u00e0 son fid\u00e8le ami, Hamada Madi Bol\u00e9ro pendant les \u00e9lections de 2002) et elle est encore pr\u00e9sente dans la Constitution r\u00e9vis\u00e9e en 2018 en ces termes&nbsp;(article 118) : \u00ab&nbsp;Si le Pr\u00e9sident et les Gouverneurs en fonction se d\u00e9clarent candidats, ils doivent d\u00e8s la publication de la liste d\u00e9finitive des candidats prendre cong\u00e9 de leurs fonctions&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Or le candidat Azali Assoumani a d\u00e9cid\u00e9 que cet article ne le concerne pas vu qu\u2019il est aussi pr\u00e9sident de l\u2019Union africaine. Il est appuy\u00e9 par son conseiller diplomatique, Hamada Madi Bol\u00e9ro qui affirme dans les m\u00e9dias, comme un argument d\u2019autorit\u00e9, sans vraiment apporter un fondement, que les r\u00e8gles de l\u2019Union africaine sont au-dessus des lois nationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 28 novembre, la Chambre \u00e9lectorale, saisie par le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du gouvernement a d\u00e9j\u00e0 eu \u00e0 se prononcer sur cette question. Le gouvernement avait d\u00e9j\u00e0 abandonn\u00e9 l\u2019id\u00e9e fallacieuse de la primaut\u00e9 des r\u00e8gles de l\u2019Union africaine et demandait juste \u00e0 la Cour Supr\u00eame de constater que cette disposition ne s\u2019applique pas au pr\u00e9sident de l\u2019Union en exercice, malgr\u00e9 l\u2019article 118 de la Constitution. La Chambre \u00e9lectorale, pr\u00e9sid\u00e9e par Harimia Ahmed, avait donc avalis\u00e9 le fait en d\u00e9clarant&nbsp;que les dispositions de l\u2019article 13 de la loi organique exigeant la d\u00e9mission du pr\u00e9sident ne s\u2019appliquent pas au pr\u00e9sident en exercice.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cinq candidats contre Azali et la Cour Supr\u00eame<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 8 d\u00e9cembre dernier, l\u2019ensemble des cinq candidats oppos\u00e9s \u00e0 Azali Assoumani ont d\u00e9cid\u00e9 de saisir d\u2019une mani\u00e8re coll\u00e9giale la Chambre \u00e9lectorale de la Cour Supr\u00eame pour demander la disqualification du candidat Azali puisqu\u2019il n\u2019a pas d\u00e9missionn\u00e9 de sa fonction de pr\u00e9sident de l\u2019Union et n\u2019a pas d\u00e9pos\u00e9 \u00ab&nbsp;aupr\u00e8s de la Cour Supr\u00eame une d\u00e9claration attestant ce cong\u00e9 dans les soixante-douze heures (72) qui suivent la publication de la liste d\u00e9finitive des candidats&nbsp;\u00bb, comme le pr\u00e9voit l\u2019article 13 de la loi organique relative \u00e0 l\u2019\u00e9lection du Pr\u00e9sident de l\u2019Union vot\u00e9e le 3 mars 2023. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils s\u2019appuient sur l\u2019article 13 de la loi organique sur lequel la Cour s\u2019est d\u00e9j\u00e0 prononc\u00e9e en faveur du gouvernement et d\u2019Azali, alors qu\u2019ils auraient pu \u00e9voquer d\u2019autres textes (la Constitution et le Code \u00e9lectoral).<\/p>\n\n\n\n<p>Les demandeurs assist\u00e9s par Me Ibrahim Ali Mzimba et Me Issa Mhoutoir Mze d\u00e9nient \u00e0 Azali Assoumani le droit de \u00ab&nbsp;s\u2019affranchir des r\u00e8gles \u00e9lectorales de son pays par quelques m\u00e9canismes ou subterfuges quelconques&nbsp;\u00bb (requ\u00eate). Pour eux, il n\u2019y a aucune contradiction entre les textes de loi comoriens (et notamment sa constitution) et les textes de l\u2019Union africaine, on ne saurait donc parler de primaut\u00e9 des r\u00e8gles de l\u2019organisation panafricaine. Ils voient au contraire dans la Charte de l\u2019Union africaine une invitation \u00e0 organiser des \u00e9lections transparentes en respectant le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les candidats. Mais, en argumentant sur la primaut\u00e9 des r\u00e8gles de l\u2019UA, les avocats semblent n\u2019avoir pas pris connaissance de la d\u00e9cision de la Chambre du 28 novembre et n\u2019ont pas vu que le gouvernement avait tout simplement abandonn\u00e9 cette id\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette affaire a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e en amont, et sans doute par les juges \u00e9lectoraux eux-m\u00eames, de par leur proximit\u00e9 avec le candidat Azali Assoumani qui les a nomm\u00e9s. La Chambre \u00e9lectorale a confirm\u00e9 que cette affaire a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e le 28 novembre et ne peut plus \u00eatre jug\u00e9e, vu que les d\u00e9cisions de la Cour Supr\u00eame ne peuvent pas conna\u00eetre d\u2019appel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 28 novembre&nbsp;: une d\u00e9cision ou un avis&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il faut donc comprendre que le 27 novembre, le gouvernement par l\u2019interm\u00e9diaire de son secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral s\u2019est empress\u00e9 de demander \u00e0 la Chambre \u00e9lectorale, non pas un simple avis, mais un jugement sur le fait qu\u2019Azali peut rester candidat et pr\u00e9sident. Il a ainsi oblig\u00e9 la Chambre \u00e9lectorale \u00e0 se prononcer au vu des seuls documents que le gouvernement a pr\u00e9sent\u00e9s, et ainsi il a court-circuit\u00e9 toute autre demande des opposants.<\/p>\n\n\n\n<p>La question reste&nbsp;: comment la Cour Supr\u00eame peut accepter une demande de jugement \u00e9manant du gouvernement en faveur d\u2019un candidat&nbsp;? N\u2019est-ce pas un avis qui aurait d\u00fb \u00eatre donn\u00e9&nbsp;? La d\u00e9cision du 28 novembre est encore une fois un fait qui d\u00e9montre la complaisance de la Cour Supr\u00eame envers le candidat Azali, mais aussi que le gouvernement et toute la machine de l\u2019\u00c9tat (y compris les forces de l\u2019ordre, comme ce fut le cas en 2019) sont et seront utilis\u00e9s par le candidat Azali pour se construire une victoire fallacieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ce qui est encore \u00e9tonnant, c\u2019est que la Chambre \u00e9lectorale en citant une deuxi\u00e8me justification au rejet de la requ\u00eate de l\u2019opposition contrevient \u00e0 un principe qui fonde la Cour Supr\u00eame elle-m\u00eame&nbsp;: la non-possibilit\u00e9 de r\u00e9examiner une question d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9e. Autrement dit, elle rejette la requ\u00eate des candidats oppos\u00e9s \u00e0 Azali Assoumani sur le motif qu\u2019elle ne peut juger deux fois la m\u00eame affaire, et par son deuxi\u00e8me point, elle le fait quand m\u00eame. C\u2019est aussi incontestablement une erreur de proc\u00e9dure.<\/p>\n\n\n\n<p>La proc\u00e9dure, nous le r\u00e9p\u00e9tons souvent dans les colonnes de Masiwa, c\u2019est la maladie infantile des juristes comoriens, aussi bien les avocats (qui, dans ce cas pr\u00e9cis, auraient d\u00fb savoir qu\u2019il n\u2019\u00e9tait plus la peine de faire une requ\u00eate sur une affaire d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9e et qui n\u2019auraient pas d\u00fb regrouper les candidats dans une plainte collective), mais aussi des juges qui n\u2019h\u00e9sitent pas, r\u00e9guli\u00e8rement, \u00e0 marcher all\u00e8grement sur les textes de proc\u00e9dures pour r\u00e9pondre \u00e0 des exigences de l\u2019Ex\u00e9cutif, comme ils l\u2019ont fait sur les proc\u00e8s des opposants politiques et comme ils viennent de nous le d\u00e9montrer de nouveau dans cette affaire du refus de d\u00e9missionner du candidat Azali Assoumani.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le gouvernement en pr\u00e9campagne pour Azali<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les irr\u00e9gularit\u00e9s du candidat au pouvoir sont d\u00e9j\u00e0 nombreuses d\u00e8s la pr\u00e9campagne. Le Code \u00e9lectoral interdit de recruter, de faire des promesses, des dons ou toute action en faveur d\u2019un candidat pendant cette p\u00e9riode, mais le gouvernement et les proches d\u2019Azali Assoumani ne se g\u00eanent pas. Ils se servent de l\u2019\u00c9tat pour mener une v\u00e9ritable campagne envers les \u00e9lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un post publi\u00e9 sur son mur Facebook le 10 d\u00e9cembre et intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Un peu de tenue, monsieur l\u2019ambassadeur&nbsp;\u00bb, le candidat Aboudou Soefo notait qu\u2019en p\u00e9riode de pr\u00e9campagne le candidat Azali se permettait de faire l\u2019inauguration d\u2019une \u00e9cole \u00e0 Anjouan, en compagnie de l\u2019Ambassadeur de France. Il notait en plus qu\u2019un \u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;leso&nbsp;\u00bb de campagne de la CRC a \u00e9t\u00e9 suspendu sur la terrasse du b\u00e2timent&nbsp;\u00bb. Le gouvernement lui-m\u00eame continue \u00e0 faire miroiter aux Comoriens des contrats sign\u00e9s avec des promoteurs \u00e9trangers qui viendraient soit avec des h\u00f4tels soit avec les avions d\u2019une compagnie a\u00e9rienne. C\u2019est dire que les promesses n\u2019ont pas vari\u00e9 depuis 2016 jusqu\u2019\u00e0 2023 en passant par 2019. Elles sont le reflet d\u2019un gouvernement qui a d\u00e9laiss\u00e9 la population depuis sept ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus actif dans cette pr\u00e9campagne est le fils d\u2019Azali Assoumani, conseiller priv\u00e9 de son p\u00e8re et vice-pr\u00e9sident du parti CRC. L\u2019\u00c9tat a organis\u00e9 un concours pour recruter des professeurs, il sort en conf\u00e9rence de presse pour annoncer qu\u2019ils ont mis en place la m\u00e9ritocratie, ce qui a eu pour cons\u00e9quence de mettre le doute sur ce concours. Le m\u00eame fils et conseiller priv\u00e9 s\u2019est rendu encore r\u00e9cemment dans les m\u00e9dias pour annoncer la pose de la premi\u00e8re pierre d\u2019une route qui passe dans la ville d\u2019Iconi, route attendue depuis plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le processus \u00e9lectoral est bien sous le contr\u00f4le d\u2019Azali Assoumani et de son clan et ils ont entre les mains tous les moyens de l\u2019\u00c9tat pour gagner. C\u2019est pour cela qu\u2019il ne peut pas quitter la pr\u00e9sidence pour faire campagne sans les moyens de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sans surprise, la Cour Supr\u00eame dont tous les membres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9s par le candidat Azali Assoumani a confort\u00e9 ce dernier dans sa d\u00e9cision de se maintenir \u00e0 la pr\u00e9sidence tout en faisant campagne. 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