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Éditorial : La vache du Centre d’horticulture

Par Mahmoud Ibrahime

Les plus vieux et les fans d’histoire politique connaissaient l’histoire de la vache d’Ahamada Himidi à Ntsudjini, histoire qui avait défrayé les chroniques dans les années 1960, au temps de Said Mohamed cheikh. Cette vache et la persévérance d’Ahamada Himidi avaient valu leurs postes à deux juges français qui avaient cru bon de vouloir appliquer les lois, sans tenir compte de la volonté du pouvoir local. Il a fallu l’intervention du Général pour que l’autorité locale retrouve son autorité et qu’Ahamada Himidi soit victime de l’injustice des notables politiciens de Ngazidja.

 

L’histoire pourra également enregistrer qu’il y a eu la vache du Centre professionnel d’Horticulture,

Un bienfaiteur avait offert une vache au centre professionnel d’Horticulture, établissement public d’enseignement de l’agriculture. Or il se trouve qu’un matin les élèves ne voient pas la fameuse vache. Certains d’entre eux montent au front et dans les réseaux sociaux désignent leur directeur comme le coupable.

À partir de là, tout être censé pense que la direction ou le ministère de l’Éducation nationale allait, au minimum, porter plainte pour qu’une enquête puisse être menée et que la justice puisse s’appliquer.

Mais en fait, il faut croire que l’Éducation nationale agit comme la quasi-totalité des citoyens comoriens : n’ayant aucune confiance ni en la police ni en la justice, le MEN a décidé de se rendre justice lui-même. Le ministère a nommé deux inspecteurs de l’Éduction nationale pour mener l’enquête et essayer de savoir où est passée la vache du centre d’horticulture. Sans doute que le ministre pense qu’un Inspecteur est un Inspecteur, comme le président disait autrefois « Courou Courou ».

Voilà comment, des hommes qui ont décidé de devenir inspecteurs pour suivre et conseiller des collègues enseignants, contrôler la pédagogie menée par les uns et les autres, se voient transformer en inspecteurs de police pour mener une enquête suite à un vol.

Ce n’est pas la première fois que cela arrive puisque lors d’une affaire de notes sexuellement transmissibles et de sujets d’examens transmis aux étudiants dans l’UFR de Droit, au lieu de laisser l’affaire à la justice, l’enquête fut confiée à des collègues enseignants. Ils se sont donc prononcés pour l’exclusion et l’interdiction de faire des examens de la victime et d’autres étudiants qui avaient eu les sujets. Les enseignants mis en cause furent épargnés et ont pu rester dans la fonction publique.

Cette fois, il faut espérer que les étudiants qui ont dénoncé le vol dans les réseaux sociaux ne vont pas être doublement victimes de cette affaire du vol de la vache du centre d’horticulture.

 

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